que tu as de grosses lunettes...c'est pour mieux te voir, mon enfant !!(il pleuvait, j'avais la cape rouge)

culture en terrasse du côté de Suonanba

l'une des mosquée de Linxia..avec ses toitures recourbées, architecture imposée par la Chine

Linxia: la course est passée, chacun reprend ses activités ; Le soudeur avec un carton et lunettes de soleil pour protection

A Linxia ,la marchande de lait de yak..distribution sur le trottoir et patience des clients en file indienne

chine 12 lanzhou

C'est sous une pluie battante que je vais quitter Xiahé et son monastère de Labrang...non j'ai attendu que cette pluie cesse, car ici les pluies ne durent pas très longtemps ; et puis il aurait été ridicule de se tremper alors qu'un dernier parcours sur le kora, ce chemin des moulins de prière ,est à l'abri.C'est une invitation avant de quitter le gîte tenu par les moines du Sichuàn, une invitation pour déguster les produits culinaires typiquement tibétains : les momos,qui sont le gros raviolis fourrés de viande de mouton,et du yaourt au lait de yak (légèrement aigrelet), que l'on m'avait déjà offert chez les tibétains de la route de Tongren .La route qui va me mener à Linxia est une route qui suit le cours de la rivière Daxia hé,et se situe au fond de la vallée.Les pentes sont abruptes,et des travaux de stabilisation ,sur des kilomètres, sont réalisés pour contenir les éventuels éboulements;des travaux...ils n'en manque pas: la construction d'une autoroute qui devra desservir le plateau tibétain, est en cours de réalisation et déjà de nombreux ponts sont construits et je n'ose compter le nombre d'arches:C'est phénoménal. La région va être truffée de ce moyen de communication; déjà lorsque j'avais  pris le chemin de Xining à Tongren, j'avais été impressionné par les travaux titanesques pour la construction ,également d'une autoroute.Dans des « restanques » des cultures variées , mais la pomme de terre est certainement la plus appréciée . Les quelques villages traversés ont toujours la même structure : une rue principale et sur le point haut la présence d'un temple avec ses moines. Les habitations de ces religieux sont toutes groupées autour du sanctuaire, chacun a son entrée sous un porche en bois, et son domicile privé . Ce sont des ruelles en terre qui desservent ces résidences et la pluie de la nuit les a rendues très boueuses.., car cette nuit j'ai eu  droit à une averse, alors que le soir rien ne laissait prévoir ce changement de temps, mais à cette altitude on ne peut jurer de rien !!

Linxia, changement total...nous quittons un monde bouddhique pour retrouver un monde islamique..en arrivant sur un pont , tout de suite mon regard s'est porté sur un grande mosquée verte, avec ses minarets et un dôme doré ; Aujourd'hui la rue principale est bouclée, une course cycliste se déroule dans la ville..et les spectateurs sont nombreux...les distractions de ce genre ne doivent pas être fréquentes. Ce sont des musulmans hui et des dongxiang ...les hui (on ne met pas de pluriel!) sont reconnaissables à leur calotte blanche et souvent à leur barbichette, les femmes ayant une cagoule noire, mais les jeunes plus « sensibles «   à la mode mettent souvent des foulards vaporeux de couleur..sur la cagoule. Les femmes dongxiang ont sur la tête un chapeau de couleur mauve ayant pour forme un demi-cylindre, ce qui rappelle le mater en Iran des femmes turkmènes .Evidemment, tout ce monde, assis sur les marches des magasins,n'a d'yeux que pour le seul « touriste » sac au dos, et les commentaires vont bon train...parfois des « hello ! »fusent..je me suis arrêté souvent pour des photos souvenirs ;  la course est passée au second plan! Et à quinze heures l'ordre est venu de libérer les avenues et la population s'est alors envolée tels des moineaux et chacun a repris ses activités..les soudeurs ont remis les cartons protecteurs sur le visage et une paire de lunettes de soleil pour la vue, la marchande de lait de yak est venue s'installer sur le bord du trottoir pour servir les clients patients qui font la queue, le boucher installe les carcasses de mouton malgré les gaz d 'échappement, le bazar voit ses commerces r éouvrir et son activité reprendre,et les restaurateurs allument les barbecues pour les brochettes de la soirée.. .J'ai fait une visite rapide de cette ville en pleine évolution, avec ses mosquées vertes et ses minarets plus hauts et plus beaux les uns que les autres;C'est une ville de 200.000 habitants répartis sur une très grande surface..pour se rendre du nord au sud il faut compter plus de 10 kms. La construction d'immeubles bat son plein ...pour qui ? Je vais me diriger vers le village perché de Suonanba qui est habité par des hui et des dongxiang (encore). Pour s'y rendre c'est une route ,avec sur ses côtés des cultures en terrasse . Maïs, tournesol, pommes de terre et blé en sont les principales cultures.Des travaux considérables ont été réalisés dans cette petite ville.Une grande place avec un monument représentant la terre,un stade de compétition, tout vert,avec des tribunes, un grand parc récemment aménagé, car les arbres sont de petite taille.. C'est un côté de cette petite ville, un côté tout neuf...mais complètement délaissé par la population qui est restée dans le quartier haut, l'ancien.. pas très propre . L'unique rue bourdonne d'activité;Les marchands de pigeons côtoient les vendeurs de poussins et de canetons, un semi remorque rempli de pastèques attire une foule considérable (prix intéressant de 1 yuan le kg (soit 0,17 €),et dans ce contexte je vais rencontrer un Hui -Si j'ai bien compris il s'appelle Salmek-..mais même dans l'erreur c'est tellement rigolo d’appeler un homme Salmek et 'il vous regarde en souriant !!...il habite une petite rue tranquille dans une maison toute simple mais qui a sa grande cour pour y entrer .Elle est composée d'une grande pièce à vivre et d'une chambre;il me fait signe en joignant les deux mains sur la joue, que je peux dormir chez lui..c'est avec plaisir (je bondis sur l'occasion de partager une soirée chez l'habitant).Je vais , après la prière à la mosquée, pouvoir partager un repas qui était déjà préparé et n'attendait pas un visiteur ! En attendant l'heure de se rendre à ses obligations religieuses, nous essayons de faire connaissance;il a un fils de 45 ans qui travaille sur un chantier à Linxia,il est marié et a un garçon .il habite un appartement, mais il voudrait rester dans une maison pour être plus tranquille ;Nous avons le même âge et sa femme également. Il était cultivateur (?) et possède des champs de maïs,et est l'heureux propriétaire d'un triporteur motorisé !Sa maison était celle de ses parents, De retour de la mosquée nous passons à table : il tend ses mains en avant, puis se les passe sur le visage...c'est notre bénédicité.Sa femme est très discrète , mais participe aussi au dîner :une soupe de fèves avec des pâtes,(très consistant), un étrange pain jaune, (e suppose qu'il était à base de maïs)et...une pastèque !!après le repas une boisson chaude est servie, une boisson avec des herbes..(ce n'est pas du thé) Pour lit l'on m'a déposé par terre ,dans un coin de la pièce,un épais duvet de laine de mouton et une couverture ..Le lendemain matin, je suis le premier levé..et mon hôte a la même attitude que les musulmans qui m'ont reçu...il faut partir:accolade sur le pas de porte, tapettes dans le dos..la page est tournée .cela fait plaisir d'être reçu simplement, un soir à la bonne franquette !! A soixante dix kilomètres une autre ville m'attend: Liujiàxià; les deux premiers jours m'ont ravi de par le côté spectaculaire des roches de couleur rouge, des cultures en terrasse,des panoramas surplombant un lac...ce lac de retenue, sur le fleuve Jaune avec un barrage ,a du donner un essor touristique à la ville. Des embarcations,des vedettes sont accostées au bord d'un quai, attendant les amateurs de mini croisière.Le dernier jour a été difficile : Il a plu, et puis sur la route deux longs tunnels..ma hantise !! j'ai eu du mal pour faire du stop..finalement c'est un jeune qui m'a pris..en moto .En arrivant dans cette ville de deux cent mille habitants, un kilomètre avant,ce sont encore des grottes de Bouddha . Les marchands de la route de la soie ,mécènes des sculpteurs suspendus à des cordes,ont laissé à la postérité la possibilité d'admirer 183 niches et statues dans les parois d'une gorge poreuse;elles ressemblent à celles de Dunhuàng, mais ici le paysage extérieur est différent par la vue sur les terrasses aménagées.Ce site se nomme Bingling Si.Je dois dire que le gardien se souviendra de moi..Derrière le bureau d’accueil, j'ai mis ma tente à sécher !!

Je suis arrivé à Lànzhoù..une ville énorme :coincée entre les montagnes ( plus de deux millions d'habitants).En arrivant je dois passer par une zone ,d'usines aux cheminées fumantes , de réservoirs de carburants, de fabriques de produits chimiques,et une route défoncée,où les automobilistes peu soucieux m'arrosent en passant dans les flaques d'eau.Pourquoi cette route délaissée ?..la construction d'une autoroute avec ses ponts enjambant la route actuelle, ne saurait être ouverte tardivement. Et puis quelques kilomètres plus loin...de belles avenues, des promenades le long du fleuve Jaune ..Lànzhoù est un ville fort étendue :de son entrée, pas moins de vingt kilomètres sont nécessaires pour atteindre la sortie . Je prends un bus !! je trouve une bonne âme pour lire l 'adresse de L'hostel (en chinois) et donner au chauffeur les instructions pour l'arrêt..mais je dois une nouvelle fois changer de bus..je retrouve un volontaire choisi, et me rend au gîte.Il se trouve dans une zone dédiée à la création ...qui ressemble étrangement à l'auberge de jeunesse de Nantes,la Manu...même rénovation et même acteurs de la vie culturelle moderne.

Sur le point culminant de Lànzhoù, , construit sous la dynastie Yuan,s’élève le temple de la pagode blanche. c 'est au bord du fleuve Jaune, qu'un superbe parc nous conduit au sommet de ce petit mont en plein centre ville.La vue est magnifique, la ville, avec tous ses buildings est à nos pieds ; une musique d'ambiance ( chinoise et relaxante) est diffusée dans tout le parc, le temple reçoit la visite et les prières des bouddhistes. C'est un lieu de paix et les personnes venant lui rendre visite ne s'y trompent pas. Au bord du fleuve Jaune des roues à aube sont en activité;Ces imposantes constructions de bois reconstituent les dispositifs d 'irrigation;Dans le même quartier ,je vais visiter un temple taoïste.C'est un havre de paix, avec ses arbres centenaires, enrubannés de tissu rouge, ses divers temples ou les fidèles font brûler des bâtons d'encens et ou un moine tape sur un bol en bronze dès qu'une offrande est faite ; havre de paix où les moines avec leur bizarres chapeaux noirs ne se parlent pas..mais distillent les paroles...Ici pas de Bouddha, mais des représentations de personnages associés à la mythologie taoïste, tels les Huit immortels et le Dieu de la fortune;La vie de cette ville est particulièrement trépidante:une circulation étouffante,gênée par la construction d'un métro ,et ou l'attitude des conducteurs est comparable à celle des chauffeurs de Téhéran. Pas de priorité aux piétons, et même si le feu du petit personnage devient vert, cela n'est pas une référence . Klaxon, changement de voie sans le signaler,  non respect des passages soit disant protégés, je peux vous dire que traverser l'avenue devient un sport de haute compétition..Par contre, la discipline est le maître mot pour prendre les transports en commun : pour un yuan (0,15€) on se déplace sur l'ensemble du réseau;Pas une personne ne manque de mettre son billet dans la fente de l'urne, pas une personne n'envisage de monter par les portes de l'arrière, pas un papier jeté sur le plancher du bus,aucun tag, aucune dégradation..respect du chauffeur qui est le seul maître à bord..vous l'avez dit:comme chez nous !!La ville est quadrillée par des petits canaux ,et les bazars -marchés se situent au carrefour de ponts enjambant ces arrivées d"eau.Comme dans toute la Chine, l'activité commerciale des produits frais, aussi bien viande que fruits et légumes ,se déroule dans ces lieux..parfois odorants et contrastant avec la propreté rigoureuse des rues et avenues avoisinantes.C'est sur ces marchés que des brochettes de scorpions sont vendues,et que  d'énormes crapauds vivants côtoient des tortues d'eau aux longs cous ...il ya une chose étonnante que j'ai remarquée :il n'y a pas  ou presque pas de moineaux ou d'oiseaux dans les parcs. (ce doit être pour cela que l'on diffuse de la musique zen!!) 

le soleil est revenu, accompagné de Dame chaleur,ici aussi c'est l'été!! je me rapproche peu à peu de la ville impériale..Nous sommes le 3 août... Encore deux grandes étapes , et une date impérative ,celle du renouvellement de visa chinois...et oui!! déjà deux mois et demi en Chine.

 

Lanzhou ..la pagode blanche et son parc

Lanzhou ,la ville vue du haut du parc de la pagode blanche..en bas le fleuve Jaune

roues à aubes situées à côté du fleuve Jaune et qui servaient à l'irrigation à lanzhou

temple taoïste dans le centre ville de Lanzhou

sur le marché les agriculteurs proposent des graines de tournesol, très prisées par la population