dans un village, le monastère tibétain avec ses murs blancs et ses temples aux toitures dorées

le yak, en troupeau.Son lait sert à faire un beurre légèrement rance et surtout des yaourts

ramassage des bouses sèches.....combustible pour l'hiver

une vue splendide sur les monts anyémaqén shan et la route qui serpente sur ce plateau

des marmoteaux...on se croirait dans les alpes !!

des milliers d'edelweiss tapissent le paysage

Le bus passe le col et des milliers de papiers représentant le "cheval du vent" sont jetés par les fidèles. le lungta est un porte bonheur, médiateur entre le ciel et la terre

Deux jeunes en moto...ils s'arrêtent et vont me donner un concert unique de chansons tibétaines au beau milieu de la route!!

chine 11 ziàhé

Il y a des jours comme ça...ou la chance vous sourit. Ce matin au départ de Tongren,c'est un soleil radieux, un ciel tout bleu ,sans nuage qui va m'accompagner pendant trois jours ...Après... même si je garde l'air ce sont les paroles qui vont changer . Quand je quitte la ville ,elle n'est pas encore réveillée : pas de circulation ,très peu de monde dans les rues , mais l'équipe des balayeuses est en place et elle s'active.Les discussions n'existent pas, « le nez dans le guidon »aucun répit pour les papiers,ou pour tous intrus nuisant à la propreté d'un trottoir parfait . Des les premiers kilomètres la route prend la direction des falaises qu'elle va suivre à ses pieds, puis peu à peu la montagne apparaît;on se croirait dans les Alpes. Des sapins, des torrents, des sentiers qui partent dans la forêt,puis des pâturages avec des chèvres et des moutons..,je vais monter à allure régulière jusqu'à un village, le premier d'une série,basée sur le même modèle : une rue principale terminée par un temple bouddhique .C'est une remarque que je fais, le temple qui reçoit la visite des fidèles est toujours sur le point haut de la route traversant ce village.Deux femmes sont affairées auprès d'un mur ou sont collées des bouses de vache . Ayant séché au soleil ,elles les récupèrent dans une corbeille. Une fois remplie ,elles vont emmagasiner le précieux combustible qui servira pour chauffer les maisons l'hiver prochain.Sous les yeux étonnés des habitants je vais traverser cette grande rue, pour arriver devant le temple..c'est un bien grand mot.Il s'agit d'une pagode ayant à l'intérieur un gros moulin à prière et les personnes âgées, avec les petits enfants,viennent tourner ce moulin en récitant des mantras. Ils sont déjà une dizaine dans le local et d 'autres arrivent..la route monte toujours, mais à chaque point haut, avant de descendre légèrement, un tas de pierres en rond ou en pyramide,supporte des bannières de prière:il s'agit des pierres-mani. Les bannières de prière sont de longs fils de petits drapeaux de couleur rouge, bleu,jaune,vert et blanc, et chaque couleur représente un élément de l'univers;chaque drapeau porte une prière,qui au souffle du vent apporte le bien-être à l'humanité,et répand la vertu dans le monde...je commence à faire des rencontres avec des éleveurs, des bergers et c'est près d'un puits que je vais être invité à partager un repas chez l'habitant ; Il fait beau et pourquoi ne pas déjeuner dehors sous forme de pic-nic ? On m'apporte un bol de tampsa (bouillie d'orge grillé) puis le sho (yaourt tibétain très onctueux) et pour boisson le böcha ( c'est un thé au beurre de yak, mais ici le thé est composé d'herbes dont je ne connais pas l'origine);Un déjeuner plein de sourires, n'ayant pas d'autre moyen de communication!!Coup d’œil dans la maison ( dans ce cas la curiosité n'est pas un défaut!!) au milieu de la pièce unique un poêle à deux parties et une commode dans un coin, marquant la séparation du couchage .un coin pour les vêtements sur des étagères, une table et quelques chaises empilées...pas de télé, l'énergie électrique est solaire: deux petits panneaux sont accrochés au toit.En réalité la cuisine se fait à l'extérieur, et la vie active se passe aussi dehors,de ce fait l'intérieur devient un lieu de repos et de protection contre le froid et la pluie.Les prés verts reçoivent des yaks, avec de longs poils et des cornes acérées, des chèvres dont on a peint les cornes en rouge, bleu et jaune, certainement pour reconnaître le propriétaire , quelques chevaux et ânes, mais surtout ici c'est le mouton qui est roi.Il est partout et, là ou l'on porte les yeux, ce sont des tâches blanches que l'on voit sur ce fond vert. L'apparition de marmottes crée un divertissement. Elles sont des centaines , point farouches et très prolifiques à voir le nombre de marmotteaux.Je vais monter un petit col et les raccourcis par la montagne me font éviter quelques kilomètres et me permettent de rencontrer un berger, à côté d'une tente où se trouve l'inévitable moto;Il m'invite à boire un breuvage,qui doit être aussi à base de plantes.En haut du col j'ai une vue à 180 °, un paysage sur les monts tibétains et sur toutes ces prairies vertes à perte de vue.je redescends vers un petit village d'une centaine d'habitants et sur son flanc,contre la montagne, c'est un monastère tibétain,avec ses murs blancs,ses temples aux toits dorés et la présence de très nombreux moines, qui attire le regard du passant. Puisque je suis descendu, il faut bien remonter et là, la pente est longue et dure, mais tel un coureur cycliste du tour de France, je vais passer à l'arrivée sous des darchoks, ces longues bannières de tissu qui sont accrochées sur des mâts de cinq mètres de haut ;sur les tissus est imprimée la caricature du Lungta »cheval du vent »..le Lungta est une créature mythique tibétaine,médiateur entre le ciel et la terre et les drapeaux de prière portant ce cheval servent de porte-bonheur.Je ne suis pas surpris lorsqu'un bus passe de voir des mains sortir des vitres et jeter des milliers de petits papiers représentant l’effigie du cheval du vent.En descendant de ce col ce sont des champs d'edelweiss qui tapissent le sol.Ils sont par bouquets, les uns contre les autres..je n'en ai jamais tant vu !!Sur la route un moment insolite : deux jeunes gens en moto s'arrêtent, l'un d'eux à une guitare à trois cordes (tibétaine) qui se nomme sanxian. Ils vont me donner un concert de chants traditionnels tibétains, le guitariste-chanteur au milieu de la route ne se souciant pas de la circulation ..Une halte d'une dizaine de minutes qui m'a ravi!!   Si dans la journée le tee-shirt suffit, par contre la nuit j'apprécie le duvet, et pour trouver des endroits pour camper, là il n'y a pas de souci..les espaces sont tellement immenses,qu'au milieu d'un pré ma tente verte ne jure pas.C'est à un rythme adapté à la nature qui m'environne que je vais arriver à Xiahé au bout de cinq jours;Située dans une superbe vallée de montagne à presque 3000 mètres Xiàlé est une ville monastique avec le monastère sacré de Labrang, je devrais dire le complexe monastique de Labrang, car avec ses trois kilomètres de kora ( chemin de pèlerinage),ses milliers de moulins à prière, ses temples et ses 1800 moines et moinillons on a l'impression d'y entrer sans pouvoir en ressortir.La ville de Xiàhé se compose de trois parties..et de trois ethnies ! en entrant, la partie rénovée, avec des bâtiments modernes, ou se trouve une vie commerciale avec ses banques, sa poste et sa population Han..vous l'avez deviné: il s'agit de la partie chinoise.Ensuite autour de la mosquée vivent les musulmans hui, avec leurs propres commerces, leurs boutiques, mais le quartier est ancien, seules les façades de la rue principale sont rénovées et sont d'architecture chinoise ; puis en fin de course vient le quartier  tibétain qui n'a pas évolué, avec une rue principale encombrée,trarversée par des petits canaux odorants et sales,et qui n'a pas certainement connu d'évolution depuis...la nuit des temps !!

La rue principale est le fond de commerce de la ville :que des magasins de vente de produits religieux, des chapelets, des statues, des bracelets de l'encens..car ici ce sont des milliers de pèlerins qui se rendent au temple, qui vont faire tourner les moulins ,et qui récitent les mantras en marchant dans le sens des aiguilles d'une montre autour des temples,( ce qu'on appelle circumambulation ou marche rituelle) .Partout c'est la présence des moines qui en impose, pensez 1800 moines, qui déambulent dans la ville et au monastère, cela ne peut passer inaperçu! Le monastère est un dédale de ruelles, car les résidences monastiques individuelles sont groupées comme dans un village moyenâgeux autour des temples bouddhiques.Les moinillons jouent au football dans les ruelles et je suis surpris de voir de jeunes moinillons âgés de cinq ou six ans !!

Par deux fois je vais assister à des cérémonies. L'une animée par les sons d'un tambour et l'autre par des sutras psalmodiés par des moines avec sur la tête d'étranges« bonnets jaunes ».Tels les musulmans qui se déchaussent avant de pénétrer dans la mosquée, les moines déposent leurs bottillons sur les escaliers du temple.La sortie , après l'office se fait dans un chahut, avec des cris de joie, comme s'il y avait une libération !!(surtout par les moinillons!) Outre les chapelles, résidences,temples aux voûtes dorées Labrang abrite six collèges ou instituts monastiques (appelés tratsangs) enseignant le bouddhisme,la théologie, la médecine, l'astrologie et le droit;c'est aussi un monastère de l'ordre des Gelugpa ( les bonnets jaunes).Parmi les principaux bâtiments le temple Manjushri,le Serkung (temple d'or )et la principale salle de prière qui est la salle du Grand Sutra .Elle est immense avec sa centaine de piliers enveloppés dans du tissu coloré, ses nombreux coussins rouge-grenat posés au sol, ses multitudes de statuettes,ses reliques , ses thankras et les sculptures en beurre de yak...Je suis.tellement émerveillé dans ce sanctuaire qu'au moment de sortir je trouve des portes fermées !! heureusement dans une chapelle deux moines sont occupés à remplir les lampes de beurre de yak (combustible très odorant) et sont surpris de me voir..agréablement surpris!!Avec de larges sourires ils me conduisent devant une porte donnant dans une cour privée ,puis dans une ruelle.J'imagine leur tête le lendemain, si j'avais dû passer la nuit sur les coussins !!Le chörten Gongtàng est avec ses 31 mètres de haut,et sa couleur dorée, le monument indétrônable.. on peut monter tout en haut et avoir une vue d'ensemble du monastère et se rendre compte de l'étendue de ce complexe.Un autre chörten , tout blanc, se trouve en fin du chemin de pèlerinage et là, tous les fidèles en font plusieurs fois le tour..c'est impressionnant !!Sur la hauteur, un peu à l'extérieur de ce chemin kora,au niveau du temple principal, d'étranges demeures cubiques sont implantées dans la colline:il s'agit de cellules de méditation ..Il se dégage du monastère et de ses fervents dévots un profond sentiment de spiritualité.

J'ai ma tête encore pleine des mantras psalmodiés, quand je ferme les yeux les toitures dorées des temples reviennent mais je vais quitter ce monde bouddhique, tous ces tibétains, qui se retrouvent dans leur foi, pour reprendre une route ,certainement moins spirituelle, mais qui doit me mener vers Linxia puis rejoindre ensuite le pivot géographique de la Chine, la capitale du Gänsù, qui se situe à mi-chemin entre l'est et ouest : Lanzhou ..et après...

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une vue générale du complexe de Labrang

ce temple abrite l'Institut de médecine

le kora, chemin ou l'on fait tourner les moulins .Celui de Labrang fait trois kilomètres de long

c'est l'heure de l'office..après le passage des officiants, les moines entrent dans le temple pour psalmodier les sutras .

cérémonie bouddhique...le sérieux des bonnets jaunes.

c'est la fin de l'office...on se précipite, on se bouscule, on récupère ses bottillons, Serait-ce une libération?

prosternation devant le temple..

autour du chorten on marche dans le sens des aiguilles d'une montre, c'est le sens de rotation des écritures