pour arriver à Tongren, la route passe par des lieux superbes, mais le temps est maussade

le temple principal Kalachakra du monastère de Tongren

l'entrée du monastère de Wùtù-si..on ne voit qu'un chörten blanc, mais il y en a huit , l'un derrière l'autre.

les chörens de WùTùn-Si, école de formation pour les moines de thangkas

le chemin de moulins à prière appelé Kora, ici avec un des moines du monastère de Gompa Gomar qui me fera visiter les lieux

sur le Kora,une halte obligatoire pour les pèlerins /un gros moulin à prière...et tourne..et tourne

c'est ma photo préférée...elle résume la vie de Tongren; Moulin à prière, chapelet...et chapeaux de pluie

J'ai acheté une carte détaillée de la région et me suis concocté un circuit de quelques jours au départ de Xining pour rejoindre Tongren et son monastère tibétain, puis Xunhua, une petite ville ayant pour population les Salars,de confession musulmane.La carte achetée,est écrite en mandarin, mais en la montrant aux personnes adéquates il n'y a pas de problème..faut-il encore trouver la personne , car il semblerait que la lecture soit un mode dépassé, même en tibétain... la route à travers des gorges de la rivière Huang est impressionnante.Les couleurs des roches sont surtout des tons de marron clair parsemés parfois de rayures rouges et ocres.Des travaux de Titan sont entrepris pour la construction d'une autoroute reliant Xining à Tongren,dans un premier temps.Je ne compte pas le nombre de ponts réalisés et en cours de construction ..j'oserais dire qu'ici il n'y a pas de problème avec les écologistes et que seul l'utile compte.Je parcours des gorges avec au fond la rivière Huang.. magnifique.Le seul bémol est le temps, il ne se passe pas un jour sans que la pluie, par un orage dans l'après-midi, ne vienne perturber ce voyage pédestre...quand ce n'est pas continu jusqu'au lendemain matin.Ma tente est souvent trempée et je suis dans la nécessité de la faire sécher dans la matinée.Les rencontres avec les autochtones deviennent de plus en plus conviviales et je peux dire que j'en suis agréablement surpris. Souvent on m'offre et à boire et de quoi me sustenter, mais les personnes n'osent pas m'inviter totalement « à la maison »;une fois c'est une jeune femme qui m'a offert le gîte et le couvert, mais j'ai senti l'époux moins réceptif, aussi ai-je accepté le couvert et pris le gîte sous ma tente;En général, ce sont les hommes qui désirent me recevoir ou qui veulent m'offrir fruits et boissons. Tongren...Comme d'habitude mon premier souci a été de trouver un logement..un hostel de dernière catégorie, avec une chambre de six mètres carrés , sans salle de bain et des toilettes au fond d'un jardin..mais à l'abri.Comme pour arriver jusqu'ici,le séjour dans le Tibet aura été particulièrement arrosé et je ne peux profiter des accalmies que partiellement. Tongren s'étend sur les flans de la vaste vallée fertile de la Gu-Chu .Elle est composée de deux parties distinctes :du côté du monastère c'est la ville ancienne avec une population de tibétains et de huis,des rues simples avec son bazar et son marché et de l'autre coté de la ville c'est la modernité chinoise avec de grandes avenues ,de hauts immeubles, une grande place et un grand bâtiment qui doit être la mairie ou du moins une représentation de l'état ... La différence est saisissante, ne serait-ce que dans l'approche de la ville:deux ponts pour passer la rivière, un ancien du côté monastère, un pont tout neuf de l'autre côté. Ma première visite sera au principal monastère de Tongren:Le Gompa Rongwo Gonchen.Pour s'y rendre il faut passer par la rue principale...un véritable Lourdes : Que des magasins  d'objets de culte  faisnt référence à Bouddha : Drapeaux de prière, encens, petit moulin de prière portatif, statues représentant Bouddha dans toutes les positions, parfums d'ambiance..et j'en passe !!Le monastère est de style tibétain- chinois et forme un vaste dédale de chapelles et de résidences monastiques; Plus de cinq cent moines y vivent. Tout autour, son enceinte est un couloir de moulins à prière,un kora, et les pèlerins avant de pénétrer dans les temples et chapelles en font le tour en faisant tourner les moulins..j 'en ai compté approximativement plus de mille deux cent..C'est une atmosphère particulière en entrant dans ce monastère ; Elle vient de ces fidèles qui ne s'allongent pas sur le sol, mais qui prient en récitant des mantras, faisant le tour des autels où sont des représentations de Bouddha ; Dans les cours les tibétains groupés égrènent leur chapelet et les moines psalmodient des sutras ; le temple le plus haut est celui du Bodhisattva Manjusri (de la sagesse).avec sa toiture dorée et les représentations animales sur son faîte.Je vous rassure les dorures ne sont que des tôles anodisées, plus faciles à travailler et certainement plus économique pour un même effet!! Ce temple est une université qui dispense des cours d'histoire,de théologie, de philosophie bouddhique aux moines .Des chercheurs viennent en grand nombre dans cette université.Un autre temple, le Shartsang palace est appelé le « bateau au trésor »(shartsang était un lama), puis vient le temple de Kalachakra avec ses superbes toitures à encorbellement..toutes ces salles et ces bâtiments sont entrecoupés de cours ouvertes à tous vents pour favoriser la circulation du "qi", assurer le renouvellement de l'air et permettre à l'encens de brûler .Mais c'est surtout la vie religieuse avec les moines , les moinillons et les pèlerins qui est l'important ici.Les tibétains en habits traditionnels viennent prier avec ferveur ,faisant tournoyer les moulins à prière, chapelet à la main..une belle leçon et un bel exemple dans la pratique d'une religion.

En ville , mon passeport est certainement ma barbe; pas un qui ne me regarde pas..ils sont intrigués; cela me permet de prendre des photos, car un sourire à leur interrogation est un facteur de rencontre.Les tibétains ont les joues rouges, les yeux bridés pétillants. Les hommes et les femmes portent souvent des chapeaux( souvent de cow-boy pour les hommes et chapeau vaporeux avec des nœuds en forme de fleur pour les dames )et chaque jeune couple ( très jeune couple) a un enfant.En général, les femmes portent des robes épaisses de couleur, marron, bleu foncé ou grise avec de jolis galons très colorés et en guise de ceinture , elles ont un grand foulard rouge .Les Huis avec les calottes blanches sur la tête et les femmes aux châles noirs sont regroupés du côté du bazar , pas loin de la mosquée.Le ramadan a pris fin ce vendredi ;le contact ,avec cette population est très agréable car elle a toujours un sourire à vous offrir .

A six kilomètres de Tongren, le village de Sengeshong regroupe un monastère supérieur (Yango) et un monastère inférieur (mango) connus sous le nom de Wùtùn-Si. Ces monastères sont un lieu de promenade agréable que l'on atteint par une petite route bordée de saules pleureurs.  Ici les thangkas règnent en maîtres; c'est un haut lieu non seulement de production, mais également  de formation ; Les œuvres d'art d'un format A4 demandent plus d'un mois de travail,et les plus grands peuvent demander un an; Lorsqu'on entre dans le monastère supérieur 8 chörtens (ou stupas ) nous guident vers une place où un très haut et volumineux chörten coloré , magnifiquement décoré de scènes bouddhiques se dresse contre la colline de pierres rouges.C'est un dédale de ruelles, avec des porches donnant accès à des maisons cachées, résidences des moines,(ils sont actuellement cent trente) qu'il faut parcourir pour atteindre les deux temples principaux ; Les façades sont peintes de représentations des divers dieux bouddhiques et les toits dorés sont brillants et reluisants sous la pluie.Ces édifices sont situés sur le côté droit de la vallée de la Gu-Chu.

En sortant du monastère ,un superbe bâtiment très coloré de couleurs vives avec une toiture ayant des encorbellements, annonce sa fonction: école traditionnelle de la culture tibétaine .Ici on enseigne les méthodes à suivre pour réaliser des thangkas : harmonie dans le dessin, harmonie des couleurs,et harmonie de l’ensemble. L’œuvre présentée doit être parfaite; il n'y a pas de second choix. C'est une école de haut niveau, mais aussi un point de vente….dont les prix sont de haut niveau !!!

De l'autre côté de la vallée c'est un monastère citadelle qui domine sur les hauteurs : le Gompa Gomar(un nom déja vu du côté de Xining)  a des allures de village médiéval fortifié.Là réside une centaine de moines et moinillons, ces moinillons qui comme tous les enfants du monde s'amusent sur le parvis d'un grand chörten avec une bicyclette.Je suis accueilli par un jeune moine qui va me conduire à l'intérieur du chörten, puis monter tout en haut par un escalier raide et étroit,pour avoir une superbe vue sur toute la vallée; Mais le temps pluvieux limite la vision de ce beau paysage.Au sommet une salle de prière contient un superbe mandala qui est la représentation géométrique du cosmos; Il se compose de carrés et de cercles concentriques. Ces mandalas sont souvent utilisés comme support à la méditation .Il est certain que dans ce lieu, en haut du chörten,au milieu des représentations bouddhiques, dans ce confinement la méditation doit être facilitée. Ce moine me cite les noms des divers dieux et des disciples de Bouddha, et me montre avec fierté la photo du Dalaï-lama. En redescendant, il tient à ce que je fasse le parcours des moulins à prière...en les tournant vivement de façon à entendre le bruit des clochettes suspendues.Des portes en bois, dans les ruelles, donnent accès aux habitations des moines.(Je pense avoir compris que Gompa veut dire monastère en tibétain).

Vers trois heures de l’après-midi la bourgade de Tongren connaît une forte activité.Le bazar et le marché alimentaire connaissent la pointe d'affluence,car c'est la fin du ramadan. Nous sommes samedi 18 juillet et c'est le soir que les agapes peuvent débuter.Cette petite ville provinciale tibétaine donne un aperçu de la vie journalière normale ..axée en priorité autour du monastère pour les tibétains venus de la campagne pour prier et en même temps pour y faire des achats; dans le centre ville ancien autour de la mosquée  les Hui se retrouvent ,là aussi pour prier. Dans la rue , une vie normale de tous les jours avec ses anomalies , ses bizarreries et ses anecdotes..un chargement de meubles sur un triporteur, va quelques mètres plus loin, chavirer sur la chaussée...ici point de colère...mais des rires et des moqueries! Un berger, emmitouflé dans ses peaux de mouton, essaye de diriger ses deux bêtes dans la rue, au milieu de la circulation..mais ce qui paraît à mes yeux, extraordinaire , devient ici tout à fait ordinaire..

Un orage accompagné de chûtes de grêlons a clôturé la journée .Demain je reprends la route à travers les montagnes et je dois passer par des petits villages ou l’accueil devrait être courtois et généreux, car plus je monte, plus l'accueil devient généreux : Le froid et l'altitude seraient-ils des facteurs de rapprochement ?

Tongren...côté de la ville chinoise..un grand bâtiment, une grande place, une grande avenue...tout est grand

vue générale de Tongren .Photo prise de la colline du monastère

quand deux moines se rencontrent...que se racontent-ils ?

tibétaine

une maman tibétaine et son enfant

rencontre avec de jeunes étudiantes vers le monastère de Wùtù-si

une image pour la petite histoire :ce chargement aléatoire sur un triporteur va s'écrouler au premier nid de poule de la rue...