dans les grottes des mille bouddhas, les fresques murales sont bien préservées

parc national du Yadan par un temps gris..dans le désert des formations rocheuses.Interdit de se déplacer à pied, site ultra protégé

dans le désert des chevaux

le sphinx dans le parc national de Yadan

les dunes chantantes de Dunhuang

pour les touristes, auprès des dunes ,un retour sur la route de la soie..

l'ethnie hui...lui: calotte sur la tête...elle: foulard-cagoule noir

En-tête

La barbe a-t-elle une influence sur une population dont les hommes sont pratiquement imberbes...A mon passage, ce sont souvent des sourires,des commentaires..si un duo me croise , l'un des personnages donne un coup de coude à l'autre en me désignant.L'observation est tellement insistante qu'elle en devient parfois dérangeante..les femmes en particulier ne baissent pas les yeux, je m'en amuse un peu et joue les provocateurs en caressant cette barbe tant convoitée.Certains font le pas et demandent de poser avec eux,les jeunes se regroupent,quand aux personnes âgées elles sont dans l'observation..impossible de déchiffrer les pensées mais je sais que ce look crée des interrogations!Chez les enfants l'étonnement est la réaction première, puis viennent après la réflexion et le regard qui veut en dire long.. la tranche des hommes mûrs c'est du genre admiratif,et ils le font savoir !

De Hami à Dunhuang je vais quitter le désert du Takla-Makan, prendre le corridor du Hexi et côtoyer d'un côté le désert de Gobi et de l'autre les contreforts du plateau Tibétain. Le temps a brusquement changé..il a plu pendant deux jours , le ciel n'est jamais parvenu à se libérer totalement de cette grisaille et le soleil n’apparaît que quelques heures en fin d'après-midi.La différence des deux déserts réside surtout dans la« végétation ».Des arbrisseaux d'épineux sont présents dans le Takla-Makan,mais dans le désert de Gobi : Rien ou rarissimes. Des cailloux, des graviers et du sable se partagent cette immensité..C'est une mer sans eau , une mer dont on voit la ligne d'horizon et qui n'aboutit pas.L'avantage de la pluie est la relative fraîcheur qui s'est abattue d'un coup et la nuit c'est même le froid qui perdure;J'aurais cru que le désert allait absorber toute cette eau qui tombe du ciel..et bien ! Non. L'eau court sur le sol, arrive à se regrouper et devient des ruisseaux tumultueux qui finissent dans des étangs naturellement créés par les formations du sol.Mais au bout de deux jours de pluie il ne reste plus rien, sinon quelques flaques qui font de la résistance..A tout mal , un bien compense :les portes se sont ouvertes et des bergers m'ont accueilli La maison en pisé ,était cachée dans une fissure du désert et c'est l'un des bergers qui m'a fait signe..il croyait pouvoir parler avec un voyageur. !!J'ai pu vérifier que le toit en pisé est bien étanche..ce sont deux frères bergers musulmans et j'ai respecté leur demande (à mon regret) pas de photo ( mais seul avec Moskar cela a été différent...)! Ils ont une centaine de moutons..et je me demandais où ils pouvaient trouver leur subsistance..mais ils ont un stock de fourrage ,de paille et d'après les gestes qu'ils ont faits pour communiquer il y aurait, dans le désert, de quoi nourrir ces bêtes.Le logement est des plus rustique et je me demande s'ils demeuraient ici à l'année ou si cela était temporaire...mais la proximité d'un village caché de la route m'a rassuré. La maison ,à pièce unique, est tout de même compartimentée : D'un côté ,à droite en entrant, une cuisinière avec une table et cinq chaises ,un buffet bas et sur la droite le lieu de repos...sur des paillasses. La moto-triporteur, lien essentiel entre les villageois et ces bergers,est garée à l'intérieur. La porte centrale donne sur..la bergerie, du moins le semblant ,mais les animaux sont à l'abri.Le repas est simple, une soupe de légumes avec des pâtes et le partage d'une pastèque .Une nuit passée dans de telles circonstances sera inoubliable..les moutons ne dorment pas la nuit !! et les bêlements sont encore plus bruyants que les ronflements..mais le fait de « dormir » à l'abri vaut parfois tout l'or du monde!!C'est dans le triporteur que le lendemain matin ,accompagné de Moskar, je pénètre dans le petit village..autour d'un thé j'ai quelques explications sur les ethnies et les religions...car ici c'est comme avec les ouïghours on se présente en disant je suis.... Les bergers sont de l'ethnie des Hui  donc musulmans (on les reconnaît à la petite calotte en coton posée sur la tête et les femmes avec un genre de châle-cagoule noire),l'autre ethnie est composée de Han qui sont en principe à majorité bouddhiste,(mais en réalité c'est plus compliqué que cela, car il y a des Han taoïstes, zoroastriens..J'expliquerai plu-tard le phénomène religieux en Chine))    J'arrive donc à Dunhuang qui bénéficie de la présence d'une oasis, emplacement idéal pour nos caravaniers :entre deux déserts. Les échanges commerciaux, les ravitaillements...ville incontournable sur la route de la soie; Certains l'ont compris et s'y sont installés.Aujourd'hui Dunhuang est une ville riche: la percée de l'énergie éolienne , fait du revenu moyen par personne l'un des plus élevés de Chine ; cette énergie est complétée par des champs de capteurs solaires situés dans le désert .C'est une ville agricole, et surtout vinicole. Les vignes sont supportées sur des bois inclinés,de façon à faire une vendange sous la vigne, sans avoir à se baisser ;Les pastèques, les abricots, les melons, les prunes et les pêches sont vendus à tous les carrefours; Autour de la ville ce sont des champs de blé, de maïs et des potagers: pommes de terre, choux et oignons sont les plus abondants ; C'est une ville de tourisme: elle est surnommée Shazho (la ville du sable) car des dunes sont situées au sud, des dunes dont la plus haute s'élève à 1700m ;Marco Polo appelait ces dunes « les sables qui grondent » à cause du bruit réalisé lorsque le vent se lève et fait rouler les grains de sable ; c'est le côté le plus pittoresque.Des promenades à dos de chameau sont proposées et même des survols en ULM.. Comme toute chose ici, pour visiter, pour voir ces dunes il y a un droit d'entrée, excessif pour les chinois plus de 150 yuans.L'avantage d'être un ancien.. à partir de 70 ans les entrées dans les sites sont gratuites;Je trouve un beau chemin en bordure des dunes, et le soir je peux mettre ma tente sur le sable..

le lendemain je vais visiter le parc national de Yadan en passant par le col de jade. Son nom est du à l'important commerce du jade de Khotan .C'est au départ de ce col que les caravaniers choisissaient leur route : Soit celle du sud par khotan, soit celle du nord par Turpan.Le parc national s'étend au milieu du désert de Gobi. L'érosion a sculpté d'étranges formations rocheuses..il est interdit de parcourir ce domaine seul et il est obligatoire de prendre un minibus.C'est là que l'on se rend compte de l'organisation parfaite de la visite d'un site ; une route est construite parcourant les formations aussi étranges les unes que les autres ; Plus de douze minibus avec une guide, sont engagés pour le transport des touristes, Deux personnes sont affectées au contrôle, les arrêts sur parking permettent aux touristes ,accompagnés de s'approcher de ces rochers très friables,dont l'érosion a contribué à leur donner des noms connus puisque ressemblants..tel le sphinx.Le lieu sert souvent de décor..extra-terrestre. C'est surtout l'immensité et les formes variées de couleur ocre qui impressionnent le visiteur et puis ce silence !!J'ai pensé aux moutons de Moskar lorsque j'ai vu dans le désert de Gobi, une dizaine de chevaux qui trouvait tout de même de quoi vivre..mais à cet endroit des herbes sauvages poussaient..Les grottes aux mille bouddhas sont cachées dans la paroi de la gorge du Dang Hé ,une rivière qui alimente l'oasis. Comme pour le reste ,la visite est très organisée et c'est accompagné d'un guide, ouvrant et refermant à chaque fois les grottes, qu'il est possible d'admirer les trésors d'art bouddhique.Les bouddhas en terre, encore en bon état (ils datent de la dynastie Tang vers les années huit cent) sont dans des grottes entièrement décorées de superbes peintures murales allant du vert,au rouge ou au bleu, et décrivant le paradis bouddhique ; Les pigments des peintures proviennent de minéraux (malachite,cinabre etc..).la conservation de ce patrimoine est fabuleuse et toutes les précautions sont prises pour éviter les dégradations.   La vie à Dunhuang commence le soir..un quartier central ou le marché de nuit bat son plein. Des marchants vendent des articles de souvenirs ,on se croirait au marché de noël !! les cabanes sont toutes du même type et bien alignées; ce marché est accompagné par un côté festif : des nouilles sont servies à toutes les sauces,mais la spécialité ici est les nouilles au bœuf.   Autre met-il faut tout essayer- c'est la soupe de tête de mouton; pour un euro on vous sert un bol plein de bouillon avec des lamelles de viande surnageant et quelques légumes (je dirais des herbes)..

En traversant Dunhuang j'ai fait des constats amusants... en vrac :  

-les employées du supermarché à 7h30 sont au garde-à-vous sur le trottoir devant le magasin.La musique est lancée et..en avant pour un quart d'heure de gymnastique...et bien rythmée 

-les soudeurs employant des postes électriques mettent un carton comme masque, font deux trous pour les yeux et ..mettent des lunettes de soleil  

-la destruction des vieux quartiers n'est pas perdue pour tous..une famille( père, mère et enfants )récupère les briques en bon état,et lorsque le tas est conséquent, le père à bord du triporteur va faire les livraisons..      

-sur les chantiers les femmes préparent le mortier manuellement, les hommes montent les murs.   

-le matin à partir de 6h30 les restaurants servant la soupe de pâtes sont ouverts et à 7 heures les consommateurs font la queue pour être servis   

-la majorité des chauffeurs met des gants pour conduire !

Ma prochaine étape sera Jiayuguan et son fort, vestige essentiel de la dynastie Ming .La ville marque la fin symbolique de la grande muraille ;

mais pour moi ce  sera après  l'ouverture vers le plateau tibétain et les rencontres avec les monastères et leurs moines..et normalement une végétation plus viable,où ma tente pourra retrouver les douceurs des prés verts et les mousses des bois.

PS :petit problème de connexion téléphonique ; Abonné de Free l'opérateur référencé est china.com..mais celui-ci n'a pas de réseau dans toute les provinces chinoises ,je suis donc privé de téléphone depuis un certain temps et bien sûr ne sais pas jusqu'à quand!!

les gens se font prendre en photo...avec un barbu !!

la gymnastique devant le supermarché, avant de prendre son poste de travail

la famille récupère les briques de la destruction des quartiers anciens

le jeu: Qu'il soit de cartes, de dominos, le jeu national du Mahjong ou autres.. il est partout et on joue n'importe où...

Dunhuang moderne...ici il y avait des maisons en pisé, situées au bord de la rivière, maintenant aménagée.

Un berge huir très sympathique Moskhar..dans le village, loin de ses moutons (et de son frère aîné, plus rigoureux!!)

amusant...cette femme pose pour une photo ..j'espère qu'on la reconnaitra!!