question : de quelle ethnie est cette femme avec un peigne dans les cheveux ? elles étaient plusieurs..réponse au prochain blog.

un chemin dans le désert. Mais où peut-il aller?

la montagne , toujours présente et étonnante, derrière se cache à quelques dizaines de kilomètres de verts pâturages

dernière image du désert de Takla-Makan..

la moquée d'hami..si la majorité ethnique est maintenant Han, il reste quelques ouïghours musulmans

rencontre

sortie d'école à Hami..très disciplinée.

Avant de quitter la ville de Turpan, il est intéressant de parler des contacts établis dans les auberges de jeunesse .Cinq jeunes gens sont français, et quatre parlent chinois : Clément est de la région parisienne , 24 ans,fait des études de chinois depuis six mois à Shanghai .Il est subjugué par cette ville qu'il découvre et pense y rester pendant longtemps.Il vit en cohabitation, car les loyers sont très chers.Son amie est de Suisse, fait aussi des études de chinois, mais aspire à une seule chose : retourner en suisse pour avoir une vie moins trépidante et surtout avec des montagnes vertes!!Un autre couple vient de Lyon..lui intermittent du spectacle à préférer faire un break d'une année, espérant que la situation se sera améliorée pour les personnes bénéficiant de ce mode de vie. Il voyage avec son amie ,sans profession depuis plus de six mois à travers les pays du sud asiatique (Birmanie, Laos ,Thaïlande, Vietnam,Mongolie,et chine).Il se dirige vers le Kirghizistan et puis l'Ouzbékistan.Ils pensent revenir en France pour les fêtes de fin d'année..et chercher du travail !! Le dernier, s'appelle Philippe..c'est le bavard de l'équipe:Il nous raconte que son prénom a été choisi par son grand-père en mémoire de Pétain (j'en connaissais déjà un dans ce cas!);Philippe est ingénieur dans les transmissions(?).Il travaillait sur paris, puis à décider à trente ans de quitter son emploi, de vendre son appartement et de partir à l'aventure de par le monde. Il est depuis un an sur la route, pas pressé ..il vit avec une moyenne de quinze euros par jour ne se déplace qu'en stop,va dans les auberges de jeunesse ( en moyenne il faut compter Six ou sept euros) ou consulte internet le site ou l'on peut dormir chez l'habitant gratuitement.C'est un débrouillard, c'est l'aventurier !! Ah , j'oubliais..il y a un américain, Lee, noir, il étudie depuis quatre ans le chinois et apparemment il parle parfaitement cette langue et il l'écrit aussi.Admiration !! Et moi, comment je me débrouille? j'ai appris quelques mots essentiels bonjour, merci,eau...et puis j'ai mon dictionnaire .Seuls les hans savent lire le mandarin ;inutile d’essayer de trouver un secours auprès des ouïghours qui doivent être allergiques à la vue de cette écriture !!

Pour quitter Turpan, il aura fallu faire cinq kilomètres à travers des grandes avenues .Je me pose toujours la question : Mais à qui vont servir tous ces immeubles en construction ? A la périphérie les bâtiments poussent, alors que les premiers construits ne sont pas encore habités.La route reprend le désert, mais la température est bien plus clémente et ne dépasse pas les trente trois degrés.Je longe toujours cette merveilleuse montagne des monts flamboyants,et je peux décortiquer les nombreuses coulées de sable qui semblent sortir du ventre de cette montagne.En marchant je ne me lasse pas de ce paysage étonnant et de rêve, alors que de l'autre côté ce n'est qu'un désert classique fait de pierres sèches et de sable,qui de temps en temps s'envole en tourbillonnant..Une rencontre avec un Ouïghour, sur sa moto-triporteur à trois roues :il transporte sa femme et son fils, assis sur des couvertures dans le caisson arrière. Bien étonné de me voir,il me précise qu'il est ouïghour..mais je l'avais deviné!!Je déplie la carte pour lui montrer ma destination.Il me fais signe ..et pour dormir..je lui montre la tente,...et il voudrait que je lui la montre ...là ! Faut pas exagérer!! Nous nous quittons ; sa femme n'a pas dit un mot et n'a pas bougé de son siège.Sur la route la circulation est discrète ; ce n'est pas les bruits des moteurs qui créeront une gêne , les camions préfèrent rouler sur l'autoroute voisine.Marcher le long de la route n'a rien de passionnant,mais j'avance , m'arrêtant pour déguster cette eau si merveilleuse quand on a soif ,à l'ombre des tours de guet ,ou du moins ce qu'il en reste!! Shanshan est une petite ville dans un oasis..mais avant d'y arriver je dois passer devant une multitude (encore) d'éoliennes bien clôturées derrière des barbelés infranchissables.De temps en temps je suis photographié avec des téléphones portables, par des personnes assises dans les voitures, qui ralentissent mais ne s'arrêtent point.Mais aujourd’hui tout est différent!! Trois chinois m'attendent au bord de la route, a côté de leur voiture,une Mercédès. Je croyais encore à avoir devant moi des photographes amateurs, mais non..ils me montrent un restaurant à l'entrée du village.. Ils veulent m'inviter à partager un plat de pâtes, accompagné de sauce aux herbes, des tomates et oignons avec un peu de mouton .Dur de se sustenter avec des baguettes !! mais on y arrive en faisant pencher le grand bol en face de la bouche et en poussant avec les baguettes !! Pas très esthétique mais efficace..Je suis resté tout étonné de leur générosité, surtout que le repas n'a pas été animé par la conversation !!

Avant de me rendre à Hami, une petite route se faufile dans la montagne, c'est la route pour Bàlikùn,elle quitte le désert et va trouver des cieux plus cléments, plus hauts et plus frais;C'est une bourgade qui reçoit essentiellement des kazakhs, bergers ou propriétaires de troupeaux de chevaux, car ici l'altitude permet d'avoir des champs verts..ressemblant à nos alpages.Les forêts de sapins sont plus haut dans la montagne.J'étais au carrefour de la route, je lisais la documentation sur cette petite ville quand une voiture s'arrête; Elle est conduite par un kazakh, Amin, qui fait un aller-retour pour Bàlikùn .C'est ainsi que je vais rendre visite à Makhmoud,un vénérable ancêtre qui loge dans une yourte auprès d'un lac, avec sa fille et son mari ainsi qu'une fillette de sept ans.A l'extérieur les moutons broutent l'herbe fraîche et cohabitent avec quelques chevaux .Le gros du troupeau est sur les hauteurs et c'est le fils de Makhmoud qui gère la situation.Devant la yourte, au soleil, des fromages de brebis ,coupés en morceaux sèchent dans des cuvettes en inox.C’est avec un certain plaisir que je visite cette demeure si particulière : Tout est minutieusement rangé, pas de place perdue,les tapis accrochés sur les tentures intérieures donnent un air festif à l'ensemble. Pas de tapis au sol, mais ils reposent sur des palettes de bois .Un curieux poêle est au milieu de la pièce où la théière en fer a sa place permanente et un long tuyau en tôle va sortir par un trou central en haut de la tente.La yourte est grande et mesure au moins vingt mètres de diamètre..deux placards décorés de motifs floraux, des couvertures et des duvets sont pliés ,quelques cartons sont fermés..Des habits sont suspendus aux rondins rouges faisant l'armature de la yourte ,je ne me lasse pas de visiter ce lieu d'hébergement et en buvant un thé offert par Makhmoud je m'interroge sur l'âge de ce grand-père aux oreilles écrasées par la toque russe, au visage anguleux et aux joues rouges et sanguines.Il porte un pantalon matelassé et une chaude veste ,et des bottes en cuir datant d'une autre époque.Mon chauffeur revient ; Il a fait ses achats et il veut redescendre .Il est des communications silencieuses qui sont parfois plus parlantes que celles exprimées oralement/ C'était le cas avec Makhmoud, aussi après nos au-revoir, dans la voiture, dès que je tournais la tête vers lui, il agitait ses bras...Je vais reprendre la route pour Hami en traversant de petits villages...et il me vient à l'esprit un passage du livre des merveilles de Marco Polo :il raconte qu'aux alentours de la ville d'Hami....

« Lorsqu'un étranger pénétrait dans la bourgade( il ne dit pas laquelle!!) un des habitants du lieu l' invitait chez lui, puis lui proposait toutes les femmes de sa maisonnée, qu'elles soient épouses ou filles ,le voyageur n'avait qu'à choisir. Il pouvait en faire ce qu 'il voulait, pendant le temps qui lui plaisait. Un temps pendant lequel le mari disparaissait, tout simplement ;(les savants chinois confirment l'existence de telles coutumes qui devaient avoir pour finalité d'enrichir le patrimoine génétique et éviter les effets dangereux de la consanguinité)...autres temps, autres mœurs..je n'ai pas été invité !!!

Hami est un grande ville de plus de 360.000 habitants.Comme dans toutes ces villes en pleine reconstruction , c'est par la destructions des quartiers anciens, aux maisons en pisé ,que les immeubles modernes poussent dans le centre de la ville.Les vieux quartiers typiques n'ont plus de place..et les avenues menant à la périphérie sont informelles.La largesse de celles-ci permet d'avoir une route à quatre voies, puis une route réservée aux motocyclistes et une allée confortable pour les éventuels piétons...car en Chine on marche peu , sauf dans le centre ..pour rendre visite aux magasins !! Les bus sont à prix unique de un yuan pour la course (soit 0,15€)ce qui explique pas mal de choses en particulier sur la circulation citadine. J'assiste à une sortie d'école..Les élèves, avec l'uniforme et le badge (avec photo et nom) pendu autour du cou sont rassemblés deux par deux dans la cour ; L'institutrice accompagne les enfants au portail et les parents faisant une haie d'honneur récupèrent leur progéniture;Bien sûr la police est présente et même ..nombreuse J'en ai compté seize tout uniforme comptabilisé (Des noirs au bleu et même ceux avec des gilets fluo, où il est inscrit police) Hami a un passé avec le mausolée des rois d'Hami, un édifice du style mongol et un musée qui expose des momies et des dinosaures...rien de bien génial..et le guide Michelin pourrait annoncé :ne vaut pas le détour !C'est une ville très active qui était prisé par les voyageurs de la route de la soie, située entre Turpan d'où je viens et Dùnhùang où j'irai. Je vais donc quitter la province du Xinjiang avec le désert du Takla-makan et le massif des Tian-shàn ( massif du paradis) pour entrer dans la province du Gànsù,avec le désert de Gobi et le massif Kilian-shan..un autre désert, une autre montagne mais une continuité sur la route de la soie.. 

la yourte à côté du lac de barkol,

l'intérieur de la yourte

makhmoud...personnage incontournable de la yourte

la vieille rue de bàlikùn..ne vous rappelle-t-elle rien?...c'est ici dans ce décor naturel que le film, "la troisième épouse" a été tourné!!

les images classiques de la Chine reprennent leur droit...la porte d'entrée d'un quartier

message à Madame Royale...écologique, pas besoin de couche Pampers ou autre..bientôt une loi pour nos bébés français?