coupe originale, qui sera peut-être un jour à la mode...

les monts flamboyants ou la montagne de feu, des couleurs hors du commun

sur le marché -bazar de Kuqa..encore authentique...mais pour combien de temps encore?

le minaret d' emin haut de 44m dans la ville de Turpan..minaret du type afghan en briques.

un ancienne cité sur la route de la soie..à quelques kilomètres de Turpan : le site de Jiàohé

au fond du canyon de l'eau..source de vie. Au loin les monts enneigés du Tianshan

contre les parois de la montagne..une source,un peu d'eau, et une maison

chine 4 turpan

Ce désert est extraordinaire par tous ses côtés: des paysages très beaux, montagnes aux couleurs que l'on dirait brûlées par un soleil trop ardent, immensité d'une plaine aride de sable et de petits rochers d'un jaune-ocre sale et parsemée de buissons secs.Seules sont présentes des tombes en pisé et petits mausolées de temps en temps..Venant de je ne sais où, un homme sur sa moto à trois roues,(en chine ce triporteur motorisé est dans toutes les campagnes et sert bien souvent en ville de moyen de transport) déboule d'un canyon qui doit cacher des trésors:il transporte des pastèques..c'est tout le mystère de cette région.L'eau existe, source de vie et est aussi utilisée à des fins agricoles ..Plus loin, ayant une vue différente sur ce genre de canyon, un trait de verdure en son fond, confirme que la vie est là, présente mais cachée... Kuqa est une ville aujourd’hui à majorité Han, ville très industrielle et au vue du nombre de bâtiments en construction,on s'attend à un déplacement important de la population chinoise.Cette ville qui se trouve au croisement stratégique de trois axes primordiaux de la route de la soie : la route du nord vers Ürümqi, celle partant vers l'est et Kashgar ,la route jde l'ouest nous mène à Xi'an, point de départ ou d'arrivée de la route de la soie.Il existe une route du sud, traversant le désert du Takla-makan et à destination de Hotan, la ville du Jade.Je ne cacherai pas que c'est la présence policière disproportionnée pour cette ville qui m'a heurté.Alors que je prenais en photo la jolie porte d'entrée du bazar,un policier passe en moto. Bien sûr, il figure sur l’écran de l'appareil..Il s'arrête et me fait signe de venir, prend l'appareil et me montre la photo coupable...et il l'efface, ne se gênant pas en consultant les autres photos pour s'assurer que les militaires ni figuraient pas..Deux mots encore sur la police : Il y a deux catégories  de policiers : Les jeunes, qui sont sympathiques et souvent m'ont aidé,et les anciens qui semblent vouloir affirmer leur autorité et accomplissent leur devoir jusqu'au bout . Le vendredi, l'accès à la mosquée est bloqué. Des automitrailleuses prennent place, puis quatre policiers en ligne, et formation d'un couloir où chacun peut passer, subissant un contrôle.Les bus sont détournés de leur itinéraire initiale.Chaque carrefour connaît son lot de policiers en noir ..S'il n'y a pas grand-chose à voir dans cette ville, j'ai trouvé que c'est par son atmosphère de survie qu'elle est exemplaire.Le bazar reste tout de même typique avec son marché paysan et où l'étranger reste encore une curiosité !!Au sortir de cette ville, le désert reprend ses droits..le peu de verdure laisse la place au sable et aux rochers, les arbres se sont transformés en buissons et seul le soleil reste fidèle à lui-même..TURPAN a longtemps été la ville d'une fertile oasis et un centre de commerce historiquement placé sur la route de la soie. Cette grande cité de plus de 250.000 habitants est désormais à majorité han et seulement trente pour cent de la population est ouïghours..inversement des ethnies depuis quelques dizaines d’années.(Quand on pense que cette ville était la capitale des ouïghours en l'an 850!!!) Turpan est située dans une dépression qui est le point le plus bas en chine, et le deuxième au monde,après la mer morte, avec ses moins 154m.Les locaux ont mis au point un système d'irrigation composé de puits reliés par des canaux souterrains :les Karezs .Je ne parlerai pas de la température dans cette cuvette, mais sachez que les records de chaleur en chine sont régulièrement battus ici. Il y a trois ans le record enregistré frôlait le cinquante degrés!!A quelques kilomètres, par une route assez ombragée j'arrive à un superbe site ; les vestiges de Jiàohé. C'est l'une des antiques cités du premier siècle. Son état de conservation n'est pas des plus merveilleux, mais on peut imaginer l'importance militaire qu'à l'époque ce lieu représentait, vis à vis des caravaniers de la route de la soie.Les bâtiments, comme ceux des constructions anciennes étaient faits en pisé, de la terre souvent mélangée à de la paille..et pour obtenir plus de solidité on malaxait l'ensemble avec du lait de chamelle, qui parait-il avait le pouvoir de « cimenter ».Une grande pagode de plus de dix mètres de haut et un monastère sont à la limite de la cité au côté nord .Vers l'ouest est le commencement du désert..ou plutôt la continuité du désert..Seuls les remparts de cette place sont encore en état et permet d'avoir une vision générale plus précise.En allant vers l'est de la ville, j’atteins le minaret d'Emin, haut de 44m, il est de style Afghan, tout en briques écrues. Se détachant en fond de toile les monts du Tsianshan sont encore tout enneigés .Le grand bazar connaît une transformation..un nouveau bazar,certainement aux normes chinoises, est en construction et, les marchands et vendeurs sont relégués dans les rues adjacentes..ce qui n’empêche pas le commerce d'être très dynamique et florissant !!La spécialité et la réputation de la ville se fait autour des raisins secs et les vignes sont nombreuses, même au centre ville, la moindre maison ouïghour a sa vigne devant la porte et dans son jardin. Quittant la ville et passant devant une forêt d'éoliennes (il y en a plus de mille) je vais mettre quatre jours pour atteindre le petit village de Tuyoq, village réputé comme restant l'un des plus authentique dans le style ouïghour. La route est exceptionnelle de beauté..je vais sur des kilomètres longer la montagne dite »de feu » ou encore les monts flamboyants..c'est au soir , quand le soleil est couchant que la montagne s'embrase,les teintes d'ocre et jaune passent alors d'un rouge orangé surprenant;je profite de journées clémentes pour avancer,le ciel sera légèrement voilé et la température abordable..Les endroits pour poser la tente ne manquent pas ..les maisons de terre abandonnées sont des endroits privilégiés pour être à l'abri des regards et des conditions climatiques !! Des canyons laissant passer les petites rivières dans le fond dans des écrins de verdure,se perdent dans les monts que l'on aperçoit au loin.

Le village de Tuyoq se situe au fond d'un canyon ,et débouche sur un oasis,ou là encore la vigne règne en maîtresse.C'est un lieu de pèlerinage. En effet, le premier ouïghour converti à l'islam serait enterré ici et son mausolée reçoit la visite de nombreux fidèles ( interdit pour les non-croyants); mais ce qui m’intéresse ici, c'est le mode de vie des habitants qui n'aurait pas changé depuis des décennies. Comme au bon vieux temps, les comportements, les habitudes, la religion et surtout les relations avec l'étranger sont restés dans ce village à l'atmosphère particulière. L' architecture ouïghour traditionnelle est malheureusement laissée à l'abandon, et les maisons en pisé ont du mal à résister aux intempéries ..mais malgré tout elles sont presque toutes habitées...Ici pas de goudron, des rues de terre,ici pas d'avenues grandioses,mais un chemin pratique qui suit le cours de la rivière au fond du vallon et rejoint une placette devant la mosquée.Un chemin mène aux grottes bouddhiques qui comme les monastères orthodoxes, sont accrochées aux parois de la montagne .Les visites ne sont pas autorisées mais la vue, l'endroit mérite un moment de réflexion et de méditation... En traversant le village,j'entends de la musique :une flûte et des tambours animent un mariage ; seuls, les hommes s’entraînent dans une danse où les mouvements des bras jouent un grand rôle; Un pied devant, un pied derrière..ce pourrait-être une danse folklorique !! la mariée apparaît dans une superbe robe blanche à grands volants, accompagnée d'une demoiselle d'honneur en robe bleue. Point d'habit pour les hommes ils sont simplement endimanchés ; Si les garçons s'amusent, et ont tous de grands sourires ce n'est pas le cas de la mariée..pas un air de satisfaction qui pourrait exprimer son bonheur..A un jeune homme, demandant si je pouvais monter ma tente sur un terrain à côté de sa maison,il me fait signe d'entrer..en réalité le jeune homme à 35 ans, marié et a trois enfants. C'est une maison classique ouïghour : grande entrée par le portail, puis le lit et une table avec ses chaises, un grand jardin avec des vignes et au pourtour, des habitations.trois grandes pièces sont sur le côté gauche..c'est chez lui.L'une des pièces est ouverte et j’aperçois la maman berçant sa fille dans un berceau ouïghour et particularité: elle est attachée au niveau du torse et au niveau des genoux...en fait, des ceintures de sécurité !!Au fond la cuisine est en plein air et sur le côté droit des pièces individuelles, dont l'une est équipée d'un lit dont le sommier est en bois et recouvert d'une paillasse..elle me sera attribuée.Comme dans tous les pays musulmans le repas du soir est d'abord servi aux hommes, les femmes servant et s'occupant de la cuisine. Le riz plov, accompagné de tomates et basilic constitue le plat principal..la pastèque et les raisins secs seront au dessert. Bakri est agriculteur et possède des vignes et produit pastèques et melons.Il a quelques moutons ,derrière la maison dans un petit parc.A vingt heures le courant vient à manquer..or, j'avais dans mon sac à dos des lampes frontales, futurs cadeaux aux hôtes qui me reçoivent..Le garçon d'une dizaine d'années est ravi...mais le second de six ans réclame aussi sa part !!Je sors donc une seconde lampe..il ne voudra plus la quitter , ira se coucher avec la lampe sur la tête et le matin viendra me dire bonjour en me montrant la lampe..heureux !!Le lendemain matin je vais prendre le petit-déjeuner (une soupe de pâtes-très consistante- avec des herbes, des tomates et du pain,servi avec le rituel thé) avec toute la petite famille – maman comprise !!C'est la mère qui a préparé les pâtes, tout une technique et un savoir faire , pour rouler la pâte et ensuite pour l'étirer afin d'obtenir les « spaghettis ».Les pâtes (appelés laghmans) sont plongées dans l'eau bouillante ,une cuisson rapide permet de conserver le moelleux et le goût de ce met.La nourriture est basée sur du riz et sur des pâtes, accommodée de différentes façons (avec de l'agneau, des tomates, de l'ail et des aubergines).Les pains ( nans)sont saupoudrés de graines de pavot, de sésame ou de fenouil ( un délice à la sortie du four).

Tuyoq est un village comme je les aime..en parcourant les ruelles les gens saluent et invitent à boire le thé..à déguster une spécialité : le jus de mûres ( les mûres du mûrier à soie -rien à voir avec les mûres de nos Alpes ou autres!!)je suis même invité à rendre visite à la mosquée..interdite aux autres non croyants . Je suis resté deux jours chez Bakri et ai participé à la vie de la maisonnée, en allant ramasser l'herbe pour les moutons, en cueillant les mûres sur les arbres et les disposer pour les faire sécher ..mais il faut bien repartir.Aussi c'est avec beaucoup d'émotion que nous nous sommes quittés. Un dernier coup d’œil sur ce village, hors du temps, qui vit au rythme des saisons , ce petit village au fond d'un canyon,sans bruit, qui ne se préoccupe que de ses propres problèmes .. qui vit un peu excentré et isolé de la vie trépidante des villes et,...certainement très heureux !!

La route reprend ses droits,nous sommes le 8 juin..J'ai fais un grand saut en bus pour éviter les endroits les plus chauds de ce désert, mais maintenant profitant d'un climat moins torride, je vais me diriger vers Hami et son lac de Barkol,dans les monts du Tianshan ,où les bergers kazakhs dressent leurs yourtes ...et où j'espère faire de belles rencontres..pleines de soleil..

en arrivant dans le village de Tuyoq on aperçoit les grottes bouddhiques, accrochées au flan du canyon

de le rue principale, vue de la mosquée de Tuyoq

petit déjeuner pris en famille...le garçon n'a pas quitté la lampe frontale depuis la veille!!

dans le village, au mariage les hommes dansent et s'amusent..

dans une pièce, la maman berce sa fille dans un berceau ouïghour, elle a mis à la petite "les ceintures de sécurité"

dernier regard sur ce village ouïghour..