voici la carte d'Osh à Sary-tash

femme kirghize de sari-tash

au village de Ak-bosogo,

peu après Osh, c'est une contrée de verdure où les champs sont séparés par des haies de peupliers.

le long du chemin, les enfants n'hésitent pas à traverser la route, pour venir me serrer la main

Rencontre ..sur son âne il se rend à un enterrement..et me demande de le prendre en photo

du village de Sari-tash, les monts du Pamir, une vue à 180 °

kirghizistan 2 sari-tash

Avant de quitter Osh, par acquit de conscience, je décide de consulter CBT, qui est l'office de tourisme de base, donnant les principales informations. Je lui demande si je peux me rendre à Kashgart en passant par la passe d'Irkhestan (2840m) via Sary-tash. La réponse est catégorique: ce n'est pas possible.Je ne parle pas anglais mais j'ai très bien compris.J'ai poursuivi mon exploration en lui demandant si c'était un problème de enneigement ou un problème de frontière. Impossible de savoir la vérité. Donc : je pars.La route est belle et large, les bas-côtés sont de véritables sentiers tracés par les humains et les ânes . Le paysage n'a pas varié..des champs, des vergers, et en toile de fond les monts du Turkestan .Il me faudra attendre le lendemain pour observer des changements:la route devient sinueuse et je vais monter un col de 1645m..fatigué mais récompensé : vue magnifique d'une vallée, avec une descente aux parois de pierres rouges,toujours les monts blancs en toile de fond et, tout en bas la ville de Gulcha que l'on devine à travers une forêt de peupliers délimitant les champs.Une rivière ,au débit impressionnant propulse des eaux de couleur bistre, provenant de la fonte des neiges .L'attitude des personnes et des enfants a changé: ici plus Salam avec la main sur le cœur, mais c'est une main tendue qui s'offre à vous . C'est un véritable plaisir et même les tous-petits n'hésitent pas à traverser la route pour me serrer la main (sans regarder ni à droite, ni à gauche).Il y a peu de circulation, seuls les camions font un va et vient, car c'est la seule route pour la Chine et le Tadjikistan, du moins pour le Kirghizistan du sud.Des camions chargés de charbon viennent des mines du sud du pays;J'admire la patience des chauffeurs : les troupeaux de moutons, ou de chevaux, au milieu de la route avancent lentement ..les coups de klaxon intempestifs font déplacer les animaux sous l’œil indifférent du berger...et au besoin ils se serrent la main! Les camionneurs sont des gens sympathiques, souvent un petit coup de corne est envoyé en signe d'encouragement.

Il est dix heures.Je me suis arrêté sur le bord d'un talus ; La côte a été rude, le panneau indique une montée à huit pour cent, mais je doute de la véracité du pourcentage...d'ailleurs tous les panneaux indique huit pour cent;;il ne doit exister qu'un seul modèle.Un étrange individu s'approche de moi;D’où vient-il ? Habillé à la façon kirghize, bottes en caoutchouc, pantalon bouffant et veste en cuir un peu râpée, il vient s'asseoir à côté de moi. Il me parle , puis prenant mes mollets commence à les masser légèrement, tout en murmurant, puis vient le tour des pieds..Il me fais signe de quitter mon sac..et continue ses imprécations en me passant les mains derrière le dos, me masse la nuque puis sur les épaules ;Il me prend la tête dans ses mains et commence un chant, ensuite il applique ses deux paumes des mains sur mes oreilles et pousse un léger cri; Il me fait signe de m'associer à son rituel :Il tend ses mains en avant puis se les passent sur le visage.(normal il doit être musulman!) Il me prend la main et l'enserre dans les siennes. Il me fait signe , en me montrant la route : je peux continuer mon chemin. Était-ce un pratiquant du chamanisme, appelé ici bakshi, qui guérissent le mal en invoquant les esprits ? Personnellement je n'ai pas trouvé de changement dans le fonctionnement de ma marche et la légère douleur de ma cheville gauche, que je traîne depuis l'an dernier, se signale encore, même après les imprécations.Lorsque j'étais à Osh, sur le marché, un femme ayant à la main une casserole d'où sortait une fumée provoquée par les herbes brûlées, tel un pendule,la passait au dessus des produits avant de les acheter..n'etait-ce pas aussi une sorte de chamanisme ?,L'élevage est ici la première source de revenus : D'abord le cheval, très prisé pour sa robustesse est présent dans toutes les pâtures;les vaches seules ,elles sont sur les hauteurs et les moutons avec la présence d 'un jeune berger. Dès qu'ils me voient ces petits bergers viennent me tendre la main et me pose l'éternelle question: askuda, où vas-tu?Je sors de mon sac un paquet de biscuits que nous partageons..simple mais tellement vrai ! belle rencontre avec un homme sur un âne,tirant un cheval ; Sous son manteau, il est habillé d'un costume, chapeau kalpak sur la tête, et une baguette à la main pour faire avancer l'âne . Il me demande de le prendre en photo, et est ravi de se voir sur l'écran de l'appareil.Je sais où il va .Tout à l'heure j'ai vu un rassemblement d'hommes autour d'une yourte;quand j'ai voulu m'approcher, on m'a fait signe de ne pas venir ( à ce moment un homme met les bras en forme de X);Il s'agit d'un décès et j'entendais les pleurs des femmes de sa famille ; Deux cimetières sont dans les villages, l'un à l'entrée et l'autre à la sortie .dans le premier des sortes de totems sont érigés aux emplacements des tombes, totems dont le haut est orné d'un croissant soutenu par trois boules,où est accroché les crins d'une queue de cheval (je suppose) .L'autre cimetière comprend des stèles en granit ou en pierre classique,avec le nom de la personne gravé, et souvent complété par sa photo. Les deux sont clos par des grilles en fer.

Des yourtes je n'en ai pas beaucoup vu car elles sont sur les hauteurs , au milieu des champs.Par contre , au bord de la route les yourtes démontées attendent leurs propriétaires .Tous les jours, vers trois heures des nuages apparaissent, le temps prend un coup de froid, le vent se lève et ce matin surprise ..il a neigé pendant la nuit, oh ! Pas beaucoup seulement quelques centimètres, mais suffisamment pour provoquer une gène!! nous sommes le 19 mai !! Au village d'Ak-Bosogo,je découvre un paysage extraordinaire:une vallée avec une rivière gorgée d'eau boueuse, des maisons kirghizes à toit plat et au fond les monts du Pamir avec les neiges éternelles.Véritable barrière cette montagne majestueuse aux neiges éternelles,escarpée,avec des glaciers,les verts pâturages envahissant ses flans,est non seulement impressionnante mais me laisse béat devant tant de beauté;J'ai de la chance il fait soleil .quand je demande à l'habitant le nom d'un sommet, il me répond skoboleva ; sur ma carte il est indiqué son altitude 5051m, mais quand je demande à une autre personne , il me répond Kichi-alay. Cela ne change rien , je suis subjugué ! En bout de vallée, un contrôle policier m'attend.Il vérifie le passeport et me montre le visa chinois : Problème ? Non, mais il me fait signe ,à pied,non;Et il prend un volant imaginaire dans ses bras..j'ai compris , mais j'aviserai en temps voulu.

A trente kilomètres de Sary-tach, ma prochaine halte , avant la frontière chinoise je dois franchir la passe de taldyk à 3615m ;je suis déjà à 3150m ..je me suis arrêté pour revêtir mon blouson Eider en gore-tex une voiture s'arrête ; deux hommes à l'intérieur, m'invite à prendre place..ma réflexion n'a pas duré deux secondes..me voici assis à l'arrière du véhicule.Il fait tellement chaud dans cette auto ,chauffage à fond,que je suis obligé de me dévêtir .Bien m'en a pris;les paysages sont phénoménales,et.. la température aussi . Nous nous arrêtons en haut du col. L'eau dans les flaques est gelée ; le conducteur met sa doudoune pour sortir et tient à ce que nous prenions des photos.Du haut, je vois la route avec tous les virages, il m'aurais fallu encore une demie journée pour arriver où je suis!!Au village de Sary-tach, mon chauffeur me dépose ,je veux le dédommager mais il refuse tout net: son plaisir est de m'avoir conduit ici.Cela me rappelle le proverbe kirghize « si tu reçois une personne c'est un don de Dieu, si un membre de ta famille s'invite c'est une punition de Dieu » .Ce soir je serai à l'hôtel Tatina. C'est un hôtel..campagnard et très rustique, mais comme toujours l'accueil est des plus sympathique.La chambre a trois lits et est un concentré de tapis au sol et aux murs.Il n'y a pas de chauffage,mais les couettes et couvertures sont très épaisses, un lavabo à eau froide devra suffire, les toilettes (très) écologiques sont au fond du jardin..Autour d'un thé , le patron semble perplexe lorsque je lui annonce ma destination;je sais comme tous, des problèmes ont eu lieu pendant les années 2013, mais aujourd'hui la situation est stabilisée .Les Ouïghours s'opposent toujours à la présence chinoise, qui devient de plus en plus importante et imposée. Mais nous en parlerons plus tard....

Sary-tach est un village, pas plus de deux cent habitants, avec deux rues principales : l'une conduit en Chine et l'autre au Tadjikistan...ce sont les deux seules goudronnées..N'oublions pas que nous sommes au fin fond du pays .Les ruelles sont de terre et de pierres et ici aucun alignement.Les maisons sont de briques et de boue et chacune à un enclos où paissent une ou deux vaches et au plus quelques moutons .

Mais je note que toutes ont sur le toit un râteau, ce doit être la seule distraction.La mosquée est une grosse maison au toit fait de tôles ondulées, et la fontaine aux ablutions n'est qu'une gloriette en fer ;
Les constructions des maisons a du se faire au fur et à mesure,et sans ordre précis. On ne peut se lasser de la vue à 180° sur la vallée de l'Alay avec le Pamir alay et le pic Lénine qui culmine à 7134m . Cette toile de fond irréelle, toute blanche, avec ses pics et ses sommets ne supporte pas de comparaison :

Comme tous les jours, le temps devient maussade en fin de soirée, j'espère que demain pour passer la redoutable frontière, il sera plus clément et le soleil se fera un plaisir de m'accompagner..

taldyk pass, nous sommes à 3615m

les monts du Pamir

autre prise de vue du village de sary-tash

rassemblement des hommes pour la veillée mortuaire; Les femmes dans la yourte pleurent

dans les cimetières, sur des "totems" avec le croissant de l'islam, des crins de cheval sont suspendus. Chamanisme ?

femme kirghize