Angren, des immeubles sont abandonnes depuis le depart des ingenieurs russes lors de l independance

sur la route les marchands vendent les kouroutes ,fromage de lait caille, tres ,tres fort...

Angren..de pays des centrales electriques et des mines de charbon

les monts enneiges de la reserve de Bes-Aral

carte de Tashkent a Qo'qon via Angren

 

La sortie de la capitale ,pour prendre la route d'Angren,n'a pas été très facile. J'ai d'abord pris le métro jusqu'à l'avant dernière station de la ligne rouge,Chilonzar, comme me l'avait indiqué l'aubergiste; Avant de pénétrer dans la station, le policier de garde s'est opposé à ce que je rentre avec le sac à dos .Manipulant le passeport dans tous les sens, me posant des questions-évidemment que je ne comprenais pas- je lui répondais en français -qu' il ne comprenait pas ! Finalement au bout de quelques minutes il me laisse passer, croyant que je prenais le train pour Samarkand ...je ne l'ai pas contrarié ! Ce que l'on avait oublié de me dire ,c'est que cette station de métro desservait le plus grand bazar- marché du secteur sud de Tachkent .Situé à la périphérie il draine la population banlieusarde et surtout les ruraux de la vallée de la rivière Changaron;Un parking trop petit crée un désordre indescriptible : les voitures rentrantes ne peuvent se garer et errent dans les allées empêchant les voitures sortantes de partir..et au milieu de tout cela les acheteuses armées de volumineux colis se frayent un passage en invectivant des chauffeurs peu soucieux de leur laisser un passage. C'est dans ce brouhaha que je me fais indiquer la route à prendre pour Angren. Sitôt la carte ouverte, autour de l'homme à qui je me suis adressé se forme un attroupement...comme d'habitude!! ,et les personnes à qui vous n'avez rien demandé , contrarient mon interlocuteur .Finalement, un peu excédé, ce brave garçon me fais signe de le suivre...et pendant deux kilomètres il va me permettre de prendre ce chemin..pour le remercier nous prenons un thé dans un petite cabane du bord de route. Je sors de mon sac un porte clé de la tour Eiffel.. les yeux sont
devenus brillants :il reçoit aujourd'hui le plus beau cadeau de sa vie (n'exagérons pas ! )Il me prend dans ses bras, avec petites tapes dans le dos ..je vais enfin reprendre la route de la soie.Je retrouve sur la route les petits commerces tenus par des paysans vendant des pommes de terre ou des femmes vendant des fleurs ; Certains m'interpellent et voudraient bien savoir : ou vais-je, d’où je viens.?.plus typiques ce sont les étalages de fromages en forme de billes plus ou moins grosses ; Il s'agit de fromage de lait caille chèvre ou de brebis sec, voir très sec, ils sont appeles Kouroutes ,que les ouzbeks sucent comme des bonbons ;Un conseil : ne vous approchez pas trop près d'un consommateur, son haleine risque fort de vous indisposer ..voire plus .Les champs sont verts, séparés par des rangées de peupliers;certains attendent les plantations et des femmes sont affairées avec des râteaux à préparer le terrain.La circulation est abondante ..c'est la seule route qui dessert l'est du pays et ou l'on peut atteindre la fameuse vallée de Ferghana. Il fait très chaud et le soleil devient insupportable entre une et trois heures, ce qui promet..nous ne sommes qu'en Mai! Au fil des kilomètres la route s’élève et le paysage se transforme ..les champs moins nombreux laissent place a des herbages dispersés ou les troupeaux occupent les sols ; quelques kilomètres plus loin c'est un coin semi-désertique qui s'offre a ma vue,les arbres sont de plus en plus rare .Une immense centrale électrique pollue l'environnement avec sa cheminée d’où sort une fumée noirâtre.A ses côtés sort de trois autres cheminées ventrues et petites,une vapeur d'eau immaculée...
La route est en pleine réfection et les nids de poule sont tellement nombreux que les automobilistes, malgré eux, deviennent les champions du gym-kana. J’aperçois des sommets enneigés avant d'arriver a la ville d'Angren..la ville fantôme.C'est vrai il y a peu de monde ..beaucoup d'immeubles commencés et inachevés, des immeubles abandonnés, des usines fermées..un véritable désastre ! En voici l'explication : dans les années 1942, un riche bassin houiller est exploité par les russes.On a besoin de charbon soit pour la production électrique, soit pour alimenter les usines diverses en energie.En 1990, lors de l'indépendance de l'Ouzbekistan les ingénieurs russes sont repartis dans leur pays .C'est un choc pour cette région , incapable de se gérer seule:d’où un chômage important mais surtout une immigration de la population .Cette ville compte plus de cent mille habitants à ce jour et la présence de centrales électrique côtoie des industries de matériaux de construction...mais c'est impressionnant le nombre d'usines fermées, abandonnées, dans un état de délabrement inquiétant. C’est tellement dommage car l'environnement est superbe avec ses monts enneigés aux alentours!!e ne vais pas vous raconter mes rencontres, mais l'une d'elle fut surprenante: deux hommes assis sur un banc ,me voyant passé, se lèvent,et portant la main sur le cœur disent un « Salam » Rien d'anormal ..puis l'un après l'autre me prennent la main droite et l'enserre dans leur deux mains, ensuite ils se passent les mains sur le visage en récitant une prière ..j'ai compris cette marque de respect.Je ne sais pas répondre à cette attention et je glisse timidement la devise de Tamerlan »Allah est grand, Mahomet son prophète »Je ne sais s'ils ont compris, mais j'ai eu bonne conscience! La deuxième rencontre fut moins plaisante : Quatre jeunes gens me demandent ma destination ; Au nom de Qo'Qon l'un d'eux me mime avec le doigt une gorge tranchée ..je me souviens avoir lu que des affrontements ont eu lieu dans la vallée de Ferghana, mais qu'à ce jour il n'y a plus de problème islamique..je souris: non, ils ne vont pas me déstabiliser : Inch'allah !!
Après cette ville , c'est un paysage reposant :dans les eaux d'un barrage se reflètent les monts enneigés., les petits villages sont accrochés sur les flans de la vallée.et si la chaleur de la journée est insupportable , la fraîcheur de la nuit permet un repos salutaire. A partir du village d'Urynar,des travaux colossaux sont entrepris sur plusieurs chantiers : La construction d'une ligne ferroviaire et le mise en état de la route...qui monte au col de Kamchik a une altitude de 2267m. Le contrôle policier est toujours aussi efficace et les étrangers doivent « pointer »dans un local avant de passer la barrière donnant
accès à ce col.Plus je monte plus la vue est extraordinaire:à 180° un massif montagneux couvert de neige ; ce doit être la réserve naturelle de Bes-Aral dont l'un des sommets est à plus de 3900m .Je m’arrête pour prendre la photo de ce site majestueux et comme il est de coutume ,on me demande de poser avec des ouzbeks;Sur le parking la statue d'un bouquetin en bronze doit porter bonheur : Ses pattes et ses cornes sont luisantes à force d 'être caresser .L'un des automobilistes qui vient de poser pour un souvenir inoubliable avec un marcheur-moi-,vient me dire qu'il y a plusieurs tunnels et me propose de m'emmener avec lui, pour ce passage délicat. Bien m'en a pris: interdit le passage à pieds et s'il y a des récalcitrants les gardes armés sont là pour vous faire revenir à la raison...mon conducteur s'arrête au village de Xonobod et je reprends une route descendante vers la ville de Qo'Qon.Au fur et à mesure les changements de paysage évoluent : Terre aride, puis un peu boisé et enfin le verger du commencement de la vallée de Fernagha.
L'arrivée à Kokat (ou qo'qon en ouzbek) est celle d'une grande ville de plus de deux cent mille âmes..c'est à dire difficile pour l'entree ,et je prends une machroutka pour me rendre au centre ville. Il n'y a que deux hôtels ...dans une ville ignorée par les touristes. Etant donné que je campe, je n'ai pas le sésame pour être dans les règles..mais il y a peu  de monde et la négociation devient facile...Même sur le prix de la chambre :annoncée à trente dollars elle tombe à quinze dollars avec le petit déjeuner!! Je vais m’arrêter deux nuits et en profiter pour me mettre à jour.Kokat est la porte d'entrée de la vallée de Ferghana. C’est une ville qui respire encore l'état soviétique de part ses avenues et les bâtiments officiels;Le théâtre , qui devait resplendir de tous ses feux à une certaine époque est dans un état de délabrement inouï. Par contre les établissements à cotation religieuse ont connu un renouveau depuis l'indépendance. La Madrasa Narbutabay abrite 150 étudiants, et bien sûr il ne m'a pas été permis d'y entrer, mais un coup d’œil rapide permet de voir que les étudiants ont de bonnes conditions pour travailler.Une autre madrasa, madrasa Dasturkhanchi accueille des handicapés afin de leur apprendre la broderie traditionnelle.Dans la mosquée Jami ou mosquée du vendredi, ce sont les 98 piliers en bois, qui ont été importé d'Inde,qui retiennent l'attention du visiteur.Ils soutiennent un plafond aux boiseries peintes de motifs traditionnels de la vallée ; Au milieu de la cour s'élève un minaret culminant à 22m.Cette mosquée est fermée au culte pour des raisons politiques ...Mais le clou des édifices est le palais de Khudaiar Khan:la longue façade est décorée de briques vernissées bleues,jaunes,oranges et vertes et sur les cotés deux fines tourelles finissent l'harmonie recherchée de ce bâtiment .A l'origine il possédait 7 cours et 114 pièces, soit autant de sourates que compte le coran.Aujourd'hui seules 19 pièces subsistent et elles sont transformées en musée.Sur une maquette on peut voir le harem, le Khan avait 43 femmes!! Autour du palais un parc superbe et arboré, a laissé un peu de place à un parc de jeux modernes .Je suis allé au bazar, mais un peu déçu, car tous les commerçants sont cloîtrés dans des bâtiments ,certes fonctionnels mais informels, et, seuls quelques paysans tentent de vendre les premières cerises aux entrées ..l'activite se trouve de l'autre cote de la route..la ou rien n' est construit,la ou tous les petits vendeurs peuvent exposer les produits sur des semblants d'allees anarchiques,mais tellement animees et colorees. Les vendeuses ,abritees sous les ombrelles n'arretent pas de ranger les fruits et legumes comme si le fait de les bouger allait interpeler le client...
une semaine de marche : je vais moins vite que prevu. Le soleil ardent des le matin, est un obstacle. Les vendeurs de boissons l'ont bien compris :il y en a a tous les carrefours.Nous sommes le 9 mai..ici on fete notre 8 mai consacrant la victoire sur le fascisme..un jour plus tard que la france, la russie n'ayant signe le traite que le lendemain.Ma prochaine etape sera Fernagha, troisieme ville du pays....

 

 

 

 

 

Kokat :une partie des 96 piliers en bois de la mosquee Jami

kokat :la madrassa narbutabay. 150 etudiants y font leurs etudes

Kokat; Le palais Kudaiar Khan transforme en musee ( a l'origine 114 pieces et 9 cours)

kokat : devant le palais..l'ecole de peinture

le barrage d'angren

Kokat :detail du haut d un pilier de la mosquee Jami