une soupe de lait caillé avec des féculents concassés, servie par la fermière

sur le marché de Jizzakh

des herbes odorantes qui se consument dans une passoire..des mots magiques...me voici protégé des maléfices !!

marché aux bijoux..peu d'hommes !!

les gorges de Jalian Uta..les meilleures pommes dOuzbekistan

repas au village de Diloyat avec les hommes ouzbeks

ouzbek 6 jusqu'a Jangijul

Avant de quitter Samarkand j'ai rencontré Saodat Daniyorova, une prof de français à la retraite.Très bel état d'esprit : elle a arrêté de travailler, alors qu'elle était en mesure de continuer, pour laisser la place aux jeunes. Comme chez nous, le marché du travail est de plus en plus restreint et, sa conception est toute à son honneur. Le bénévolat n'existe pas, car c'est prendre la place d'un employé. Ses enfants,connaissant parfaitement le français, excercent le métier de guide. Elle fait quelques traductions pour améliorer sa retraite. Je lui ai posé la question "pourquoi ne pas aussi faire guide pour les groupes de Français ?"Les agences de voyage ne prennent pas de guide de plus de soixante ans,par mesure de précaution, une guide ayant été victime d'une crise cardiaque l'an passé.Comme tous les Ouzbeks je l'ai trouvée particulièrement "patriotique" et fière de son pays.A l'hôtel le dernier soir, j'ai rencontré Hans, un Allemand de Berlin. Je ne sais pas comment, et lui non plus, nous nous sommes retrouvés sur le chemin de Compostelle. Pélerin en 2012, en partant de Trêves, il a déjà un projet pour parcourir ce chemin de foi, le Jacobs'weg. Il partait pour Boukhara..mais la veille il avait appris qu'une tempête de sable avait isolé la ville pendant une journée !! Ambre, une Française est venue se joindre à nous. Elle est employée de banque à Tahiti , bénéficie d'un congé sans solde d'une année..et  fait une partie du monde en bus et avion .Dernier larron à participer à nos conversations, Jahongir qui est un Ouzbek francophone . nous regardons mon blog sur son ordinateur et les commentaires...à celui de Marie-france il répond...Mais, les Ouzbeks travaillent! en usine, dans les fabriques et dans les administrations et laissent la vieille ville aux touristes..Le lendemain, j'ai repris le chemin qui va me mener à Tashkent dans une dizaine de jours  en passant par l'étape de Jizzakh, ville importante de la route de la Soie.Je suis passé par le bazar à côté de la mosqée Bibi Khanom et je suis toujours aussi emerveillé de voir les paysans et paysannes, dans des costumes traditionnels vendre les produits de la terre, de voir l'activité commerciale locale, de sentir le pain chaud sur les étals , de parcourir l'allée des épices et de participer à cette atmosphère fébrile où les dollards sont échangés contre des sums, dans un marché clandestin et illegal, après bien des discussions sur les taux. Au village de Bulungor, un village tout en longueur, les carrefours avec la route principale sont encombrés par les taxis partagés appelés "marchroutka".Les personnes qui les prennent  vont toutes dans la même direction, mais pas nécessairement au même endroit...le taxi se vide au fur et à mesure, mais permet à d'autres clients de bénéficier de ce moyen de locomotion, très avantageux....La route  rectiligne  est bordée de rangées d'arbres aux troncs blancs. Dans les champs, alternant avec le désert de sable, l'arrachage des pieds de tomates et de coton, mobilise tout un personnel actif. Les tiges de maïs sont déposées sur les remorques de tracteur et vont servir d'aliment pour le bétail.Les arbres ont mis leurs habits jaunes et ocre de l'automne, et certains perdent déjà leurs feuilles. Aujourd'hui je me suis amusé à compter  les boulons trouvés sur le bord de route : 47 boulons, une garniture de freins et deux roulements à bille !! mais je n'ai pas remarqué d'accidents.. Les bords de route sont d'une propreté remarquable, seules les couches de bébé ornent de temps en temps les fossés.Deux jours de suite, je fais un mauvais calcul dans mon kilomètrage et suis obligé de mettre ma tente dans le désert..et il y fait froid, je dors tout habillé!! Le 16 octobre au village de Diloyat, à huit heures le matin, c'est un repas collectif, comme celui auquel j'avais participé avec Jahan...Le repas a lieu dans la cour d'une ferme, au bout d'un chemin,à cinquante mètres de la route principale.Pour m'y conduire 'un  groupe de six Ouzbeks m'accompagne et me  pose les mêmes questions... auxquelles je fais les mêmes réponses. L'invité étranger,est soigné "aux petits oignons". Une dizaine d'hommes me conduit à la table. Elle est dressée et les biscuits, les bonbons. les fruits , pastèques, melons et raisins attendent les gourmands.Ils ont eu soin avant ,de me faire visiter la cuisine en plein air :Dans un chaudron, Amsbek fait cuire le riz sauté avec des carottes..c'est le plat national appelé" plov" ou "osh" .Il est agrémenté de morceaux de mouton bouilli. Le mouton d'Asie a sur l'arrière train deux fesses qui sont des boules de graisse.c'est parait-il le morceau de choix, et j'ai  droit à être servi copieusement..un gout de  ris de veau,mais plus gras..L'assiette servie est monstrueuse, mais on apporte deux cuillères car ce plat se consomme à deux, et je partage avec mon voisin d'en face.Le thé chaud est servi. j'ai laissé le gras à mon voisin, et celui-ci demande à ce que l'on me redonne du mouton...j'ai droit à un beau morceau de gigot...j'ai honte et ne sais comment faire !! les photos vont venir à mon secours...Difficile de partir surtout qu'ils demandent à voir un billet en euros, la carte de l'Ouzbékistan, puis le passeport, s'étonnent de l'âge...mais prenant mon courage à deux mains je décide de me lever et prends mon sac... affolement général!! On me remet des biscuits et des bonbons. Je serre une vingtaine de mains et la petite troupe va me raccompagner jusqu'à la route nationale.Une heure et demie s' est écoulée !! trois camions tractent une remorque .Ce convoi exceptionnel est encadré par deux voitures de police et quatre véhicules "tout terrain". Je ne saurais donner les mesures de ce transport, mais il a fallu mettre 76 roues à la remorque qui prend la largeur de la route à deux voies...la file derrière s'allonge, mais personne ne s'avise de doubler...police, police!!  Gattaorol, une petite ville..mais entre le panneau d'entrée et le panneau de sortie il m'a fallu deux heures de marche, c'est dire la longueur du village-rue.J'entre dans les gorges deJulian Uta. C'est la région des pommes,et parait-il ,ce sont les meilleures pommes d'Ouzbekistan. Toutes les variétés sont présentes ; golden jaune, starking rouge,reinettes grises...et c'est vrai elles sont goûteuses et juteuses..le premier vendeur m'offre une pomme, le second ne veut pas échapper à la règle...et c'est plus d'un kilo du fruit préféré et promu par Chirac qui va alourdir agréablement mon sac.Le prix est de 30 centimes d'euro le kg.Deux soirs je vais dormir dans des maisons abandonnées, elles me sont indiquées par les habitants...la nuit tombant plus tôt, il est difficile de trouver un gîte..Jizzak ou Djizak est une ville de 138.000 hab. au nord les monts Nouratou et au sud, la steppe"de la faim", la rivière Sanzar la traverse, cette même rivière qui parcourt les gorges de Julian Uta.C'est une grande ville: grandes avenues, grandes places, grands bâtiments..mais superbe marché local, autour du nouveau bazar, tout neuf avec des étals en béton et carrelés...on se croit dans nos normes européennes qui ont enlevé tout le charme de l'authentique.J'arrive au moment  où les clients et les marchands font les meilleures affaires, et la aussi les échanges de dollards contre les sums sont de mise.Sur le côté un petit marché tenu que par des femmes,un marché de bijoux et les vendeuses s'interpellent et commentent la venue d'un étranger dans leur domaine.Les tenues des jeunes filles connaissent le modernisme dans le traditionnel; Les coiffes sont assorties aux robes et pantalons avec force  garnitures et  perles.. La recherche de l'hôtel ( pour être en accord avec cette loi ridicule), est facile, c'est l'hôtel ex-soviétique certainement réservé aux étrangers... la façade est grandiose , il a fière allure et mérite trois étoiles...l'hôtel d'Ouzbekistan est recommandé par le Petit Futé..de la réception, au service à l'étage le personnel n'a pas dû changer depuis longtemps..un peu austère et coincé!! Mais quelle déchéance : la porte de la chambre n'a plus de poignée et n'ouvre qu'avec la  clé..en cherchant bien le trou de la serrure; la lumière à l'entrée ne fonctionne pas et la salle de bain est une des pires que j'ai jamais connue : le wc n'a plus de réservoir, une casserole est à disposition, pas d'eau au lavabo. la baignoire,n'a qu'un robinet distribuant de l'eau tiède,et dans un tel état de saleté que l'on ne peut y poser le pied; évidemment la moitié du carrelage est à terre...mais, mais..le prix de cette beauté est unique: moins de neufs euros. C'est bien  pour être à l'abri car le temps s'est dégradé brusquement et la pluie refait son apparition..il faut sortir la cape!! le samedi les mariages sont nombreux, et les robes blanches louées pour l'occasion, ressemblent aux robes européennes, plus de tradition dans cette rgion.Les jours suivants,c'est la pluie qui va me tenir compagnie.Les éclaircies de l'après-midi sont chaudes et favorisent le séchage rapide de la cape, et des chaussettes. Jusqu'a Yangiyer,la route rectiligne traverse la "steppe de la faim". Elle porte bien son nom! que des herbes sèches, des buissons d'épineux.Peu d'habitations, si ce n'est une colonie de maisons neuves, toutes identiques, du même style, accolées les unes aux autres, j'en compte une bonne centaine. L'arrivée à Yangiyer est assez tumultueuse...une femme armée d'une passoire où brûlent des herbes(!) dispensant une fumée odorante,vient dans ma direction, tourne autour de moi en s'accompagnant d'un  charabia chanté! D'autres personnes , autour de la place subissent le même traitement avec stoïcisme..La femme fait partie d'un groupe où un maître de cérémonie, habillé de blanc appelle les hommes et les femmes à entrer dans une grande salle...Zoroastrisme ou chamanisme? La présence de la police permet un service d'ordre efficace. Cette ville, comme les autres, est toute en longueur ,et la présence importante de la police, nous rappelle que nous nous trouvons à quelques kilomètres de la frontière avec le Tadjikistan. Des monuments en béton, annoncent l'entrée et la sortie de ville.Quelques rencontres sur cette route :de jeunes pêcheurs, qui dans un canal ont eu la chance d'attraper une dizaine de carpes, un vendeur de melons et d'énormes pastèques qui bien sûr va me faire déguster ce fruit qui ressemble tant au melon canari.Il pleut et je cherche un hébergement...impossible de trouver un Ouzbek répondant à mon désir..dans un petit village où toutes les maisons se ressemblent avec les toits en tôle ondulé,même réponse "niet".La nuit tombe et finalement le propriétaire d'un pré m'autorise à planter ma tente. Vers 21 heures un orage gronde et la pluie ne cessera que le lendemain vers midi. J'ai compris que la région est occupée par des slaves, russes et ukrainiens et, quand je dis "je suis français" bien souvent on me précise "moi, je suis ouzbek",ce qui veut dire qu'il y a encore aujourd'hui une difference ethnique marquée. Les bâtiments, les trottoirs, tout ce qui est voirie, datant de la période sovietique, n'est pas entretenu, ainsi un grand bazar est fermé, les murs et les briques de certains immeubles sont descellés, les enseignes cassées..Dommage!! La route est bordée par un caniveau d'une quarantaine de centimètress de profondeur puis il y a une rangée d'arbres, ensuite de grands trottoirs faits de dalles de béton de quatre mètres de long sur deux de large,placées les unes contre les autres créant une véritable piste cyclable.C'est un espace de jardinets arborés qui vient ensuite, isolant les maisons toutes semblables avec les portails en fer peint de rouge-grenat. Pour avoir accés à la maison, certains propriétaires n'ont pas hésité à remplir de béton le caniveau , le rendant complétement inefficace  à la moindre pluie. Cette route, avec ces maisons, je vais les avoir à mes côtés pendant une dizaine de kilomètres !! Un homme me court après...Il me rattrape et m'invite à rentrer dans sa maison..je suis tellement curieux de connaitre ce qui se cache derrière ces portails rouges !!L'entrée donne sur un très grand jardin,un bassin se trouve à gauche et sur la droite est la maison d'habitation.Apres avoir passé cette porte je me trouve dans la grande pièce, avec les beaux tapis (je me déchausse) servant de salle à manger (il y a une table et des chaises en plastique), de lieu de repos ( avec les takhtans, ces lits simples mais pratiques ) et au fond une cuisine où opère sa fille. Mohamed-ali, mon hôte précise qu'il est le proprietaire, acquisition faite  lors de l'independance du pays...Sa maison a six pièces et il me montre sa chambre où la télévision est présente. Nous sortons pour admirer son jardin..il a de quoi faire !!Sur le côté un bâtiment, construit il y a dix années.. Une salle de bain, un hammam et une distribution d'eau chaude par un système ingénieux de capteurs,une cuisine-débarras où l'on trouve pêle-mêle les confitures, les légumes en bocaux, la machine à laver, .Pendant cette visite la fille et sa mère ont préparé le repas ouzbek traditionnel, le plus cette fois est la confiture de pêches...un délice...Au moment de partir Mohamed me fait cadeau d'un foulard et récite une prière musulmane pour une protection divine pendant mon chemin..Je lui remets un des derniers canifs et un coupe-ongle pour sa fille..il est sensible à la réception de ces petits cadeaux.La rencontre avec un berger le soir me permet de dormir dans un garage, et même si je monte ma tente, je suis sûr d'un abri "sec", car la pluie est repartie de plus belle !!Le long du chemin les riverains ont monté des présentoirs avec des boissons , des cigarettes, et des bonbons à la vente..chacun fait son petit commerce et ce sont les dames qui tiennent ces "magasins" sous des bâches en plastique transparent...et elles sont nombreuses. Je suis toujours surpris par l'attitude des enfants que je rencontre : Ils portent la main sur le coeur, penchent la tête et lancent un "assalam" tonitruant. Belle leçon de politesse dont certains de nos jeunes pourraient prendre  exemple !! Je traverse le pont du fleuve appelé Sirdaryo. ce doit être un endroit stratégique, car l'entrée et la sortie sont équipées de miradors avec policiers. j'ai le malheur de m'arrêter au milieu du pont pour regarder les eaux boueuses défiler, un coup de sifflet énergique me rappelle à l 'ordre et des signes peu encourageants, m'invitent à dégager au plus vite .... Une immense usine de coton, où l'activité est intense ; cette fleur blanche ne doit pas aimer la pluie. car il y a de gros tas sous les bâches. Le coton sera traité plus tard, et son stockage demande une grande place...un matin je vais gouter une soupe, proposée par une fermière, une soupe qu'elle vend au bord de la route...les automobilistes s,arrêtent, consomment ,payent et repartemt en moins de dix minutes. Cette soupe  composée de lait caillé, de blé concassé, de maïs éclaté,feuilles de menthe et autres féculents se nomme koudjiat. Elle est agrémentée de petits croutons..La pluie ne voulant pas cesser, je m'arrête à Jangijul..cinquante kilomètres de Tashkent; Nous sommes le 24 octobre. si la pluie pouvait prendre un peu de repos..mais elle a tellement de retard !!

 

marché à Jizzakh

mariage très européen !!

la route -rue avec son trottoir fait de plaques de béton, et les espaces verts

chez Mohamet-ali...la salle à manger avec le taktan au fond et la cuisine au rideau relevé

de beaux et délicieux melons, une équipe de jeunes fort sympathique