A l'entrée de la ville de Gorgân, un monument moderne, sert de Rond-point

des maisons de style mazandaran, avec des balcons et toits couverts de tuiles ...laissées à l"abandon

après la montagne, les rizières après la moisson

paysage dans le train me menant de Téhéran à Sâri sur la côte de la mer Caspienne

lecture du coran dans le compartiment du train

Iran 6 Téhéran à Gorgân

ran  6 de  Téhéran  à  Gorgan

J’ai récupéré mon passeport avec une prolongation de visa jusqu’au 25 septembre. Me voici donc, pour un mois, tranquille du côté administratif et je vais pouvoir profiter de cet Iran architectural et Humain .Petite parenthèse pour les messieurs :en cherchant mon document au service de police, l’homme qui était devant moi, avait le dessus de la main épilé…et en rentrant par le métro, j’ai observé que cette coquetterie s’appliquait à beaucoup d’hommes, allant même continuer l’épilation jusqu’au bras…pour le reste je ne sais pas, ma timidité naturelle n’ayant pas eu le courage de demander aux intéressés s’il y avait prolongation…J’ai décidé, pour deux raisons de prendre la route du nord, alors qu’au départ je pensais suivre la route des déserts.1/ Le chameau que je suis ,n’aurait pas eu assez de réserves pour parcourir ,sous une température de plus de 44°,la distance de Téhéran à  Mashhad en passant par  Sabzevar. L’amplitude des températures, de la route sud  va de 44° à 8° la nuit. 2/les rendez-vous  humains dans cette région sont aléatoires et qui dit manques, dit soif et faim ! Ma route à venir se dirige vers la mer Caspienne pour atteindre la ville de Sari .A cause d’un problème de temps, j’ai traversé en train les monts de  l’Alborz,et  le Kuh-e-Damavand  culminant à 5601m et j’ai atteint la ville de Sirgah et vais descendre progressivement vers la côte reprenant à pied la Route de la Soie nord. Sari, Gorgan,  Bojnud, Quchan et Mashhad  connaîtrons mon passage avant le jeudi  18 aout.  Mashhad, étant la première ville sainte d’Iran, je souhaite assister à la prière du vendredi – en toute discrétion- et le samedi me rendre à l’ambassade du Turkménistan après …inch’allah. AH ! Cette traversée en train…extraordinaire…un peu du train El pacifico du Mexique avec ses femmes qui récitaient des ‘’je vous salue Marie’’ et ici ,dans le compartiment trois dames lisant le coran…Une fois les faubourgs franchis, dans un paysage ponctué de grands immeubles modernes construits dans le désert, nous passons sans transition des jardins maraîchers, au désert du sud de Téhéran. Après une boucle d’une heure et demie dans la plaine, notre train se dirige enfin vers le nord, puis entre dans les. Montagnes d'Alborz, falaises et canyons de couleur ocre, jaune, brune et parfois verte, offrent des vues magnifiques. Les vergers de grenadiers sont nombreux et les fruits rouge vermeil pendent au bout des branches. Le train zigzague doucement dans ce paysage minéral, au bord d’un trait végétal qui pousse près de la rivière descendant des sommets.  Plus de trois heures après notre départ, nous arrivons à Firouzkouh. Une course a lieu entre des motards et le chauffeur de la locomotive partis ensemble de la gare. La course doit être journalière car aujourd’hui la trompe du train annonce sa victoire que les motards saluent avec de grands gestes. Nous allons monter à travers un paysage de steppe peuplé de grands troupeaux de moutons, jusqu’à un col à 2500 mètres d’altitude. Puis brutalement, le train va basculer vers la Caspienne. Le parcours est ponctué de nombreux tunnels et de ponts spectaculaires enjambant de profondes vallées. Une fois le col dépassé, le train glisse le long de parois abruptes, par une succession de lacets et de tunnels, courts, longs, droits, en courbe, d’où nous ressortons quelques mètres plus bas du point où nous sommes entrés.  Nous descendons dans la vallée, 1500 mètres plus bas. Ce qui est étonnant, c’est que le train passe au-dessus d’un point, puis à côté de celui-ci et, après un moment, en dessous, c’est-à-dire qu’après 10 minutes de voyage nous ne parcourons que 200 mètres à vol d’oiseau. Une fois dans la vallée, après une quarantaine de lacets et un passage sur un pont qui s’élève à 110 mètres au-dessus d’un ravin, nous pénétrons dans un paysage de rizières et de forêts, offrant un contraste saisissant avec le versant sud .Pol-e-sefid l’arrêt du train se prolonge,cette halte permet aux fidèles de se rendre à la mosquée pour prier. En cette saison, les rizières ne sont pas toutes en eau ; les moissons ont été faites et  elles servent de pâture à de nombreuses vaches, mais dans les champs les femmes dressent des tours avec les gerbes de paille de riz…  Arrivé à Shirgah, je reprends ma marche en direction de Sari. Sans être merveilleux, j’apprécie de voir un peu de verdure après tant de déserts. Il se fait tard et le soir je demande à Salman, un habitant de Qâ’em Shahr, si je peux monter ma tente à côté de son jardin. Comme d’habitude tout sourire, il a mieux à me proposer, un endroit sous des noyers, à 50m de son jardin. Il m’accompagne et me montrant un raidillon, m’indique que le matin je rejoindrai la route par là. Il m’invite à la collation du soir…Pas de bruit , pendant la nuit...les voisins ont été sages, car en partant je traverse le cimetière musulman !La petite ville de Qâ’em n’en finit pas ; cette route-rue, bordée de commerces et d’artisans est le domaine des vendeurs de balais en paille de riz-cela va de soi-.Les premières oranges, encore un peu vertes, mais juteuses font l’objet d’un arrêt des automobilistes au bord de la route.

Sari, ville de 262.000 hab. n’est qu’à 50m d’altitude. Plusieurs maisons typiques, avec des toits en tuiles et balcons en bois sont dans un triste état…dommage ! Je vais dans le bazar à la recherche du mausolée Yahya. L’homme à qui je vais demander, est devenu le guide touristique qui me manquait… D’abord la mosquée Jame, la plus belle…puisque c’est la sienne ; ensuite le mausolée Yahya .Situé sur une petite place c’est un édifice simple, circulaire surmonté d’un toit pyramidal. Après m'étre déchaussé, je fais attention à prendre la file de gauche réservée aux hommes ;  une séparation en verre granité empêche la rencontre fortuite de deux êtres de sexe différent. Beaucoup de monde à l’intérieur, surtout des femmes venues toucher la tombe et déposer des billets, qui planent et vont rejoindre le matelas confortable . Seul, je n’aurais jamais osé entrer et prendre des photos du mausolée. Je n’ai pas très bien compris, car à trente mètres se trouve aussi un mausolée et la tombe, recouverte d’un drap vert  dégagée par mon guide est un chef d’œuvre d’ébénisterie…Mon compagnon me mène dans le bazar ou il a une échoppe de vêtements. Son voisin, lui a un commerce de spécialités de la région Māzandarān : les gousses d’ail entières baignent dans un jus de grenades, de la purée de grenades avec un condiment lui donnant un gout de sauce anglaise (il me dit d’avaler les grains,ceux-ci aidant la digestion)des olives, des choux-fleurs sauce piquante, et toute une panoplie de produits en pots. Son magasin de 10m2 lui donne satisfaction…il ne faut  pas oublier qu’il n’y a pas de taxe, ni d’Urssaf en Iran !!Je passe la nuit dans un hôtel appelé ici mosâferkhânh, le strict minimum pour être à l’abri, et dès le jour levé je me mets en route vers Gorgân. La journée commence à être chaude vers dix heures, moment où je fais mon premier ravitaillement en eau. Je suis toujours autant étonné de voir cette coutume iranienne au bord des routes : profitant d’une ombre, arbres ou murets, les familles en voiture s’arrêtent, déballent les tapis et s’installent pour prendre la collation matinale. Les bouteilles isothermes déversent le thé,les plats sont disposés au centre et toute la famille ,assise en tailleur prend son repas au bruit des voitures et camions circulant sur la route toute proche… Vers midi , une halte s’impose , pour changer de vêtement :mon tee-shirt est trempé et mon pantalon subit les assauts de ma sueur jusqu’au fesses. La chaleur est torride, pas un brin d’air. Le chemin en contre-bas de la route, m’évite la respiration des gaz des pots d’échappement des voitures et des camions. C’est vers une heure trente et jusqu’à cinq heures que Phébus donne le maximum de chaleur à ses rayons. Il est presqu ’impossible de marcher …c’est une rivière qui dégouline dans mon dos ! La reprise se fait jusqu’à 19 heures maximum, car j’ai tout de même cette petite préoccupation de l’hébergement…et j’aurais bu dans la journée cinq litres d’eau. De Nékâ à Beshahr, ce sont des producteurs d’oranges qui sont à la fête, mais parfois curieusement ce sont les marchands de foulards qui provoquent les haltes des automobilistes. Entre deux arbres un filin d’une trentaine de mètres supporte des centaines de foulards multicolores tenus par des pinces à linge. Galugab, charmante petite ville qui n’est pas située sur la route, mais le détour en vaut la peine. D’abord l’accueil de ses habitants qui m’offrent eau fraîche à tour de bras, et une très jolie mosquée de quartier, entièrement rénovée : les artistes de la céramique ont fait preuve d’imagination et de talent. Ce soir je vais dormir dans le jardin d’Amir, un commerçant à qui je viens d’acheter une bouteille d’eau. Amir possède une petite maison à la sortie de la ville et pour une fois je vais rencontrer son épouse. Volontairement, ou involontairement elle me salue et me tend une main enveloppée dans son tchador, de façon à ce que nos peaux ne se touchent pas. Les hommes prennent le dîner sur un tapis à l’extérieur, dans un petit pré ,à côté de ma tente : les hommes,AMir, son fils de sept ans  et moi. Son épouse restant à la maison et " télivisionnant", ne participe pas aux agapes fort simples-. Amir est intéressé par le guide de conversation et surtout par le chapitre ‘’séduction’’ qui le fais beaucoup rire et qu'il commente en farsi !! Je suis parti de bonne heure, ayant fait mes adieux à la famille le soir. A Kordkuy nous ne sommes qu’à quelques kilomètres de la mer Caspienne et, sur le bord de la route les pêcheurs proposent le fruit de leur travail nocturne aux passants et automobilistes. Sur une longue perche pendent huit poissons, genre dorades qui sont plongées dans un seau d’eau de temps en temps, pour leur rendre la brillance perdue par les rayons du soleil. Ils sont nombreux les pêcheurs !et, je doute que tous soient des adeptes à ce sport, voyant de si belles mains soigneusement entretenues…à moins d’être un adepte de la pêche miraculeuse !! La chaleur devient de plus en plus insupportable. Je ne suis plus très loin de Gorgân et profite de la camionnette d’un agriculteur allant au marché de la ville pour me faire embarquer, et déposer au centre de la ville. Dans ma préparation j’avais noté la présence d’une gesthouse centrale. Et lorsque je demande à un habitant ,’’où se trouve l’hôtel ?’’Il se fait un devoir de m’accompagner jusqu’à la porte !! Je n’ai pas été déçu. Havre de paix en plein centre, chambre donnant sur un patio, accueil de premier ordre, je recommande cet hôtel : Pars , à côté du rond-point Vahdat .Bien installé ,je vais visité cette ville, qui a un office de tourisme !!Ils ont été surpris de me voir arriver, et sont allés  chercher un plan de ville dans un local à côté…les visites sont rares !!

Gorgân ,ville de 256.000hab. est à l’orée de la steppe orientale de l’Iran, ce qui promet en chaleur la semaine à venir !! Un petit tour dans la ville ou tous les monuments sont groupés autour du bazar, un bazar modeste, par rapport à ceux déjà vus. La mosquée est du type Mazandaran. Le minaret est trapu et décoré de motifs en brique et surmonté d’un toit en bois. Deux iwans, l’un au nord et l’autre au sud, richement tapissés de faïences bleu, permettent d’avoir un accès facile pour les fidèles. Au milieu de la cour, un petit jardinet, entouré d’un muret avec des robinets permettant les ablutions donne un peu de fraîcheur. Une fontaine réfrigérée est à disposition et, j’en profite…un peu plus loin un mausolée funéraire Nur est lui aussi en brique ocre ,situé sur une petite place, il connait une forte affluence féminine. Une école coranique ,dans le même quartier est visible de l’extérieur, je suppose que les moyens d’éducation ne sont pas visibles au touriste que je suis et le gardien me le fait savoir par un refus d’entrée énergique. Un petit château, Aqa Mohammadkhani, avec deux gros piliers en façade trône au milieu d’un superbe parc, ou tous les noms des arbres sont inscrits sur des petits panneaux. C’est un parc de loisirs où l’enfant est roi, ici aussi …Un peu à l’extérieur une grande mosquée en construction ,sûrement à la gloire des soldats iraniens morts pendant le dernier conflit ,va être visible d’un grand rond-point  d’entrée en ville. Le cimetière est émouvant, sur chaque tombe la photo du soldat…combien ils étaient jeunes !!La porte d’entrée à la mosquée en construction m’apprend beaucoup sur la technique employée. En réalité, il s’agit d’une armature en fer, fixée sur quatre gros piliers en béton armé, avec tous les arrondis et décrochements ; elle est ensuite grillagée et enduite de ciment. Une fois le gros œuvre réalisé, une nouvelle couche de ciment fin va permettre aux carreleurs de commencer leur travail. Le chantier a dû prendre du retard, car il me semble pour l’instant à l’arrêt. Gorgân est une ville qui ne vît que de sept à une heure, et reprend ses activités vers 18 h pour finir à 20h…chaleur oblige.

Mes prochains pas me mèneront à Azâd Shahr, et mon guide de Sâri m’a conseillé de faire un détour par Gonbad-e-Kâvus et  de reprendre la route pour Minudasht .Le prochain commentaire devrait se faire à Bojnurd, à 250kms de Mashhad…ou bien du monde m’attend : le consul du Turkménistan et tous les fidèles du sanctuaire de l’Imam Reza…

mausolée Mirkarim à Gorgân, tombe vénérée par les dames

mosquée et mémorial aux disparus du dernier conflit entre l'Iran et l'Irak

château de Aqa Mohammadkhani au centre-ville dans un superbe parc,

A gorgân la mosquée jame, avec le minaret typique en brique, de style mazandaran

entrée de la mosquée Golshan