le pont Qizkorpusu qui fut dynamite par les communistes battant retraite en 1946

mosquee du bazar a zanjan

Iran 2 de tabriz a zanjan

IRAN 2 de TABRIZ à ZANJAN

OUF !! Ce samedi  9 août je foule le gazon vert et ras de la grande promenade bordant l’avenue  Imam Khomeyni qui me mène au centre-ville de Zanjān…Quelle semaine : j’ai maudit le temps dans les Balkans avec ses pluies incessantes, aujourd’hui il se venge, et donne du soleil chaud plus qu’il n’en faut. Des températures oscillant dans les 36/39 degrés à l’ombre, entre 14 et 18 heures rendent difficile une marche sur des petites routes, servant aux agriculteurs, parallèles à la route principale, mais des petites routes baignantes  de soleil, et sans une ombre projetée. Des haltes s’imposent ; Par contre les nuits sont particulièrement fraîcheset le duvet est tout juste suffisant. J’ai regretté le manque de rencontres dans les villes, aujourd’hui  je me demande ce que vont être les invitations futures encore plus vers l’Orient…car elles ont été nombreuses et si j’avais écouté ce beau monde, je ne serais pas arrivé à Zanjān avant…des lustres !! Plus je m’approche de Téhéran,plus les rencontres sympathiques, cordiales, avenantes,préventives-il n’y a pas de qualificatifs pour exprimer la reconnaissance aux iraniens-plus ces rencontres montent en convivialité ‘’orientales’’. Mais, je reprends dans l’ordre chronologique….Départ de Tabriz : J’ai décidé de prendre un minibus jusqu’à Said Abel, pour éviter ce passage dans une région aride et non peuplée. Le chauffeur de bus me dépose un peu plus loin à Siyad Chaman ; Il a eu raison, car jusqu’à cette bourgade c’est un désert :vallées  et montagnes sans un arbre, une herbe sèche parvient à vivre dans ces rocailles, mais aucune présence humaine à l’horizon .Le conducteur m’explique, à grands gestes, qu’il faut marcher sur le chemin qui borde la grand’route, car la circulation est importante. Il ne veut pas que je rémunère ses services et nous nous quittons en frottant nos fronts trois fois, avec serrement de mains et puis main sur le cœur ! Quinze kilomètres avant Miyâneh c’est la vallée verdoyante et agricole, qui va m’accompagner jusqu’à Zanjān .C’est la culture de pomme de terre qui prime et au bord de route les vendeurs proposent des sacs de dix kilos aux automobilistes nombreux à faire leur provision ; un peu plus loin les pastèques sont en abondance, et les agriculteurs dans leur cabane, à l’abri de maître soleil,  attendent les clients verre de thé à la main. Les champs de maïs, de tournesols côtoient les champsde tomates,de melons ;C’est une végétation luxuriante : Les iraniens sont passés maîtres dans l’irrigation des champs. Les motopompes fonctionnent sans arrêt et sortent de leur ventre un flot d’eau claire et fraîche…comble de l’abondance aquifère présence de riziculture. Et pour moi c’est le début des tasses de thé, des dégustations de pastèques, de melons, de pêches, de pommes…et plus besoin de porter trois  litres d’eau : Tous les cinq cent mètres une source inépuisable du précieux breuvage. Miyâneh est une ville agricole de 87.000 hab. qui bénéficie de cet apport d’eau :des parcs avec gazon et de magnifiques arbres .A l’entrée de L’université Islamique, j’ose poser une question à des jeunes filles, sur les matières enseignées : Suis-je nigaud !!Islamique veut tout dire…je passe un quartier typique de la ville :le quartier kurde avec ses maisons aux toits plats et couverts de calendrite  aluminé...La spécialité est la culture du sorgo et à la sortie de ville, pour faire rire le vendeur de balais, muni de l’outil je fais semblant de balayer le trottoir (qui en aurait bien besoin)...partage du verre de thé !! Il est une heure, sur le bord de route sous un arbre, trois chauffeurs prennent leur repas : Ils m’invitent  et nous partageons un savoureux ghormeh (viande d’agneau avec haricots et herbes (?)Et le dessert : une pastèque. Je n’ai pas compté le nombre de pastèques avalées, le nombre de thés bus, mais  chaque jour, à chaque cabane, on m’a proposé la dégustation de ce fruit si vert à l’extérieur, si rouge à l’intérieur  et juteux à souhait.A l’un de ces stands, remplis de pastèques, je rencontre deux cyclistes iraniens. Pensées à l’ami Alain.  Abbas Razzaghi et Amir Paknejadun partent pour Istanbul, et ce, pendant un mois. Abbas est un fervent de la petite reine, ayant parcouru le monde pendant des années. Enjambant la rivièreun pont médiéval  de toute beauté, a été l’objet des stupidités des guerres. Le pont QizKörpüsü, lieu de passage dans la fuite des communistes en 1946, fut dynamité pour protéger leur retraite.Il est coupé en deux, un autre pont plus moderne facilite le passage de la route nationale.Tous les soirs de la semaine, j’ai campé dans les vergers, dans les jardins ,à côté de cabanons et tous les soirs les personnes se sont  dépensées pour m’offrir un repas, simple mais suffisant, souvent composé de tomates, de concombres, d’œufs et d’un pain très plat et long d’une soixantaine de centimètres spécialité de l’Iran :le sangak .Riches expériences, dont je vais vous en rapporter deux :la première : Je demande à  Soleiman la permission de mettre ma tente sous ses pommiers. Large sourire, lui et son filsReza assistent au montage de mon abri  (d’ailleurs tous les soirs, mes hôtes ont assisté en curieux à cette opération)En fin d’après-midi, Reza vient me chercher :Me déchaussant, J’entre dans la maison : superbes tapis au sol et des coussins multicolores brodés à la main. Son père m’invite à boire un thé, et maintenant je le bois à l’iranienne : Mettre un sucre sur la langue et  laisser  le liquide fondre lentement  cet apport de calories. Le fils disparait dans une pièce voisine, une pièce, ou de temps en temps le rideau bouge : je suis observé !Il en revient et un plateau m’est présenté : c’est mon repas. Le père prendra le sien plus tard …en famille. Ce que je regrette, c’est l’absence  de la femme ; se sent elle frustrée ? J’ai voulu prendre en photo une famille prenant un repas sur le bord de la route : oui, bien sûr, mais l’homme a demandé à la femme de partir. Je lui ai posé la question : mais pourquoi ? La réponse est simple : Musulmane. Leçon pour moi : savoir respecter les coutumes et devoirs religieux en Iran. Parenthèses  fermées .Le lendemain, Soleiman est venu me dire au revoir, comme toujours un au revoir chaleureux et démonstratifQuelques jours après, deuxième  invitation : vers treize heures : Massoud, sur une moto, vient à ma rencontre. Il s’arrête et nous commençons à dialoguer, le guide étant d’un très, très grand secours ; Il fait chaud et m’indiquant un grand chemin sur la gauche, il m’invite à partager son ‘’Nâhâr’’ (repas) et me reposer avant de reprendre la route. C’est un grand cabanon avec tapis au sol, résidence de travail de Massoud, car il habite le petit village de Rajein. D’ailleurs passant quelques kilomètres avant dans cette localité j’avais été surpris par le nombre de moto Honda 125, dont certaines étaient conduites par des gamins d’une dizained’années. La motopompe, située devant sa demeure, débite une eau limpide et super fraîche .Brin de toilette. Visite du domaine…immense champ de haricots, l’action de l’eau et du soleil donne aux plantes une vigueur et une ( ?)Verdeur  incroyable, vient ensuite  un champ de tomates roma, un champ de concombres  puis des aubergines. De quoi occuper son homme, ne serait-ce que par le temps passé à l’irrigation, pelle à la main pour ouvrir ou fermer, l’apport de la source vitale aux plantes. Son frère, Mostafa, arrive sur sa moto, il est porteur d’une partie du repas ; tomates et concombres sont pris sur place. Puis des amis arrivent :Salman ,Bahman  et Karim. Une brouillade, avec de la farine de maïs, compose le plat principal…le repas se fait dans la joie. La principale question posée : Comment trouvez-vous l’Iran ? Nous parlons de choses courantes, des achats, du coût de la vie…dont je dirais un mot plus loin. Il est cinq heures je quitte cette jeunesse, ayant soif de savoir et de connaitre tout sur la vie européenne. Merci au berger, merci  au garagiste, merci à toi l’agriculteur qui du haut de son tracteur, voulait que j’emporte une énorme pastèque et qui m’a prêté l’espace d’une nuit le lit de son cabanon, merci à l’entrepreneur qui me menant sur un terrain plat, sous des frênes, m’a présenté le lieu d’un rire ravageur, montrant de belles dents blanches, en disant ‘’Camping !’’…ET d’un certain temps merci de ne plus me parler de pastèques !!!

Il est aussi des rencontres qui vous émeuvent ou rappellent à votre souvenir des personnes. Cette anecdote n’a pas de relation avec la route de la soie…quoique... !!J’ai rencontré un berger et sa femme. Je pense qu’ils parlaient un dialecte. Sa femme, d’abord en retrait, s’est peu à peu avancée…elle portait de magnifiques boucles d’oreilles en forme de losange avec des arabesques dorées mais la crasse gâchait le plaisir des yeux. J’ai fait le rapprochement avec Régine, cette hospitalière des 4 chemins, sur la route de Compostelle avec ses bagues mal entretenues de par son métier de fermière .Mais moi, qui vois la saleté des boucles, ne voit-elle pas en moi, l’étranger crasseux et transpirant,car son regard en disait long, et déclinait ses pensées…Que peut-elle penser d’un type, sac au dos sur les routes d’Iran !Tout est relatif, aussi à ses yeux, même si ses bijoux sont sales, ils valent bien tout l’or du monde…et elle a bien raison.

A quatre kilomètres de Zanjān, la sortie de l’autoroute et la route nationale provoque une affluence de véhicules. La présence d’un poste de police régule les automobilistes. D’ailleurs à ce poste tous les minibus  et transports collectifs s’arrêtent pour faire tamponner un carnet de contrôle…Deux jeunes policiers me voient :Salâm, Salâm… Road dangerous. Ils me font signe d’attendre…et à ma surprise arrête une voiture et disent au conducteur de me mener à l’entrée de la ville…Le conducteur n’a pas le choix et s’exécute !! C’est ainsi…que je foule le gazon vert de Zanjān. Je vais me rendre dans un hôtel  recommandé par les amis de Massoud, qui ont eu la bonne idée de m’écrire l’adresse en farsi. En passant un rondpoint, des dizaines d’ouvriers agricoles, armés de leur serpes ou leur faux attendent un providentiel employeur pour la journée ; J’aurais eu bien du mal à trouver l’hôtel seul, mais l’homme à qui je me suis renseigné, se fait un devoir de m’accompagner jusqu’à l’entrée de mon hébergement. Les prix en Iran….la chambre coûte 4,40€ la nuit. C’est du zéro étoile, mais propre et bien placé, à côté du bazar. Pour faire rêver les messieurs : l’essence est à 0,25€ le litre, le gaz idem. Pour faire  rêver les ménagères : tomates, aubergines, poivrons…0,20€...et les pastèques 0,10€ le kg...pour les fumeurs : le paquet de cigarettes  est à 0,50€. Pour le repas, un kebab avec un coca 1€, si vous le prenez végétarien 0 60€ .Le litre et demi d’eau minérale coute 0,25€.Le coût de la vie n’est pas élevée …mais les salaires non plus !!

Zanjān ville de 367.000hab est perchée à 1653M .Si le bazar de Tabriz  était superbe, celui-ci dépasse d’un cran au-dessus son homologue. D’abord les allées sont larges et carrelées, les plafonds hauts et avec des puits de lumière, les caravansérails sont nombreux, exploités et rénovés …les odeurs, parfums, épices…les bruits, les cris sont ceux des bazars orientaux. Succès dans l’allée des bijoutiers, dans l’allée des parfumeurs,  devant les échoppes ou est  exposé un échantillonnage imposant de …rouge à lèvres, car le fait d’être couverte de la tête aux pieds n’abroge pas à ces dames d’être coquettes !!  Il y règne une atmosphère particulière avec la présence de mosquées, dont  une réservée aux femmes : Khan Um mosquée. Dans une rue voisine Dokthar caravansérail est certainement l’un des plus beaux et dans un état de conservation remarquable. Ses mosaïques bleues et vertes, parent les frontons des sorties ;  les colonnes et ses échoppes servent aujourd’hui encore, comme ils ont servis il y a des siècles. Les portes d’origine,  plantées d’énormes clous assuraient une  fermeture sécurisante ;   Il est dommage que la cour serve de parking à des automobilistes peut soucieux du stationnement, obligeant certain à attendre patiemment  la venue du contrevenant. Un curieux  musée : RakhastshorKâneh, fait revivre la vie autour d’un lavoir au début du siècle, les lavandières étant habillées de costumes locaux. Electrolux et Zanussi sont les mécènes de ce musée. Au premier étage, un cours de cordonnerie (?) est donné par un maître-chausseur, distribuant fils d’argent ou d’or avec parcimonie, à des jeunes filles créant des ballerines  multicolores. Enfin, passant devant le square Enghelab, rond-point doté d’un monument moderne et bétonné s’élançant vers les cieux, l’édifice de la ville est certainement Seed Ibrahim Tomb.En pénétrant dans cette mosquée, l’imposante tombe rappelle le tombeau de Saint Jean Baptiste de la mosquée des Omeyyades de Damas : Même ornementation, même couleur et même ferveur des fidèles .La coupole, le dôme, le bulbe en forme de goutte d’eau est  tapissé de carreaux céramiques vernissés de couleur,  le bleu et vert étant dominant, jaune et rouge brique. Deux  splendides minarets sont reliés par une voute formant un pont. Dernière mosquée Hoseynlye, un peu au sud de la ville, elle est rutilante de dorure, de sa coupole aux  deux minarets et, au soleil couchant elle brille de tous ses feux…

Demain je pars en direction de Qazvin puis Karaj. J’aurais tant voulu voir la merveilleuse Alamut valléeavec ses canyons et le château des assassins, mais je reste d’abord sur mon objectif impératif : arriver à Téhéran le 20 Août pour le renouvellement du visa pour 30 jours…et ce, sous le beau soleil de la route de la soie !!

mosquée à zanjan dans le bazar, mosquée Khanum réservée aux femmes

caravansérail de zanjan

chez massoud avec ses amis venus de zanjan

L'eau richesse de cette vallée, permet une irrigation controlée

rencontre avec deux cyclistes iraniens en partance pour Istanbul

Zanjan: Hoseynlye mosquée toute dorée

Zanjân, lieu vénéré par les fidèles, Seyed Ibrahim Tombe

Dôme de la tombe de seyed Ibrahim