en attendant le bus de ville...les hommes et les femmes séparés à chacun son abribus!!

village troglodyte de kandovan (une vingtaine de kilomètres de Tabriz)

mosquée centrale de Tabriz ( en rénovation) Arg-e-Alishah

poste frontière iranien à bazargan

la mosquée bleue de Tabriz...inscriptions sur l'entrée

iran 1 de la frontière à tabriz

IRAN  frontière  à Tabriz

Lorsque j’ai lu les divers forums sur internet, je suis arrivé à la frontière un peu  tendu et avec appréhension .La vingtaine de kilomètres séparant Dogubayazit  à Gurbulak, au milieu de la steppe désertique, ne fait que croitre cette tension; C’est vrai que le fait de doubler six cent camions qui attendent pour passer en Iran, certains depuis des jours, ne met pas en confiance ! Mais rien ne vaut sa propre expérience, et elle doit être différente selon les individus. Frontière turc : après avoir scanné le passeport le policier a mis le tampon de sortie en moins de cinq minutes .Il faut ensuite prendre une route-couloir, un corridor, sur trois ou quatre cent mètres, entre des grilles, pour apercevoir les portraits  placardés de Khomeiny et Khamenei sur le front du poste frontière. Seul un policier est derrière un guichet ; une salle à côté ou il est inscrit ‘’tourist’’est fermée.  Quelques turcs passent devant moi, sans problème. Je lui tends mon passeport, il le scanne et attend la réaction de l’ordinateur.Tension. Trois minutes qui durent. Large sourire ‘’Welcome’’ et met le tampon autorisant ma venue. Me voici en terre Iranienne ; En deux kilomètres je rejoins la ville de Bazargan encore tout étonné de la facilité avec laquelle je suis entré. Point de formulaire à remplir, point d’empreintes digitales, point d’attente de deux heures... Bazargan est une ville propre  par rapport à son homologue turque, et entretenue. Tout est prévu pour le transit, des hôtels, des restaurants, des magasins souvenirs… C’est un fait que les routiers qui attendent pour passer la frontière doivent être d’excellents clients pour les commerces d’ici. Il me reste des liras turcs et dans un bureau de change je vais m’approvisionner  en rials .Me voici millionnaire en rials, mais les iraniens parlent le plus souvent en Tomans. Le toman est un rial auquel on lève un zéro, autrement dit dix fois moins, aussi faut-il faire préciser à la personne si elle parle en rials ou en tomans. A titre indicatif, pour 100 liras turcs on m’a accordé 1,5million de liras ; Un billet de 50.000 liras vaut 1€,20 et, je viens d’acheter 1,5 litre de coca cola pour 0,50€.  Le problème de l’argent étant résolu, c’est l’écriture qui me déroute ,mais j’ai un guide de conversation persan qui va mettre bien utile . La première grande ville est Maku, 43.600 hab. à une altitude de 1400m.La population est Kurdophone et azériphone. Curieuse impression lorsqu’on pénètre dans cette ville : elle est au fond d’un canyon ocre et marron, et la large rue se rétrécit avec les flancs de la montagne créant ainsi un goulet étroit ou s’engouffre les nombreuses 405 Peugeot, voiture reine ici. La ville s’étend en longueur, ne pouvant s’agripper à cette roche friable .Maku  ville des religions : C’est une ville importante pour Le Babisme et la foi bahaïe, car c’est ici que son fondateur le Bâb’ créa cette religion ; Et, comme chacun le sait, victime et persécuté en Iran, le Bâb’ trouva secours à Haïfa en Israël ! Cette religion monothéiste reconnait Dieu et prêche la tolérance entre autre … c’est une ville importante pour l’église orthodoxe arménienne : à quelques kilomètres  se situe le monastère de saint Thaddaeus, appelé aussi église noire, à cause de la couleur des pierres. C’est une ville importante pour les musulmans à voir le nombre de mosquées. Dernier point L’heure : nous avons maintenant  un décalage horaire de 2h30 … J’avais écrit qu’aux villes de frontière je n’avais pas ressenti le trafic. Aujourd’hui je n’ai pas ressenti mais j’ai vu : à la sortie de Maku, les poids lourds s’arrêtent sur le bas-côté vers une voiture ayant le hayon du coffre arrière ouvert. Une dizaine de bidon de 25 litres de gas-oil vont être transvasé moyennant monnaie. D’où viennent ces bidons, sûrement pas d’une pompe légale, à voir le guetteur si inquiet !!   Je suis passé rapidement…sans prendre de photo…cela va de soi !! Dès neuf heures le soleil diffuse de ses rayons une chaleur incommodante. Lorsque je demande ma route les gens sont d’une gentillesse et certains font quelques pas avec moi …oui, quelques mètres. La présence d’une rivière  permet la culture  des tournesols aux fleurs d’un jaune éclatant, mais aux feuilles déjà tannées,et de quelques arbres fruitiers ;Etonnant car par rapport aux voisins turcs, il semblerait que les iraniens maitrisent mieux les problèmes d’irrigation dans cette région semi-désertique . Après le village de Shot, ce sont des espaces arides et montagneux .J’arrive difficilement à trouver un endroit pour mettre ma tente .Le long de cette route, devenue’’normale’’ à deux voies  il n’y a pas une ferme, pas une maison qui pourrait être de bon secours. Enfin dans un verger je trouve de quoi passer une nuit tranquille. La conduite est désordonnée et dangereuse :les chauffeurs n’hésitent pas à doubler et quelques fous du volant doublent la voiture en train de doubler...drôle d’impression sur la route lorsque de front vous voyez trois voitures foncer sur vous :Inutile de dire que les bas cotés se souviennent de mon passage . Trois litres d’eau ne suffisent plus pour la journée. En plus de la chaleur, le vent chaud sèche encore plus le peu de salive restante.

La ville de Marand, à soixante kilomètres de Tabriz compte plus de 100.000hab. Je ne m’en rends pas compte. Un véritable château-fort, comme ceux de mon enfance, sur le bord de la route, crée une surprise à l’arrivée : des tours, avec meurtrières, des remparts, avec créneaux, seul bémol les fils de fer barbelés qui l’entoure : Il s’agit d’une caserne militaire. Les maisons, comme celles de la région  ont des toits plats, couverts souvent de terre, avec très peu d’ouverture.

Impression surréaliste en apercevant au loin TABRIZ, entourée de montagne rougeâtre et jaune ocre, dans la brume de la chaleur, tel un mirage la ville immense qui se noie dans les mêmes tons, fait penser à un film ou apparaitraient Tamerlan ou Laurence d’Arabie  . Ville de plus d’un million d’habitants à une altitude de 1400m, elle se veut être la mégapole de l’est iranien.  Comme les grandes villes, c’est une grande zone industrielle qui s’étale avant d’arriver dans les faubourgs, les toitures des bâtiments et des usines sont de couleur bleu ou verte. Me voyant un peu perdu, un jeune homme vient et me demande ma destination. Sur un papier j’ai inscrit ’’rue ferdosi’’ .Arrêtant des minibus collectifs de couleur marron, il demande  aux chauffeurs  leur destination et tout arrive…pour 10.000 rials, je suis embarqué avec mon guide .Nous cherchons ensemble l’hôtel, et une fois installé, il me salue en mettant la main sur le cœur et part. La serviabilité dépasse tout entendement ! Et je me sens frustré de ne pas pouvoir remercier convenablement ces personnes si prévenantes .Lui offrir un verre ! Même pas : période de ramadan ! J’ai commencé dès le lendemain par une visite à l’office de tourisme, le responsable Nasser Kahn était parti à Istanbul et son frère me reçoit. Un couple de polonais, une jeune chinoise de Hong-Kong  suivent les explications. Chacun partant de son côté nous décidons de nous revoir le soir à 20 heures. La petite chinoise, fort dégourdie voudrait visiter le village troglodyte de Kandovan et sa vallée dite » Cappadoce d’Iran »et voudrait bien que nous l’accompagnions, question de prix, bien sûr ! Plan de la ville, les immanquables, en avant pour la visite …Ah ! le bazar : énorme marché avec tous les ingrédients :les couleurs, celles mélangeant les robes noires des femmes, les chemises multicolores des hommes, les vitrines éclatantes de lumière :les odeurs celles des parfums orientaux, des épices et des cuirs, les bruits : ceux des conducteurs de chariots et des porteurs avec leur ‘’ya allah ‘’,ceux des vendeurs ventant leur produit, ceux des marteaux des façonniers, ceux des enfants excités par le brouhaha…un ensemble parfait et harmonieux dont je ne me lasse pas. Classé patrimoine de l’Unesco , cette ville dans la ville ne compte pas moins de 36 kms de ruelles, et quelques caravansérails .Chaque quartier a sa spécialité . Dans ce labyrinthe les plus vieux métiers du monde sont encore d’actualité : Un ferronnier, martèle sur une enclume une paire de…ciseaux, Plus loin un graveur sur des glaces inscrit des arabesques et dessine des oiseaux, dans un autre quartier, les bijoutiers créent des bagues et bracelets en or, un encadreur redore un vieux cadre mais ayant encore ses volutes…C’est un régal, on y passerait des heures. Tabriz possédait une très importante citadelle, œuvre des mongols au 14ième siècle, construite sur une ancienne mosquée elle est en décrépitude. On peut se rendre compte de ce qu’elle pouvait être en voyant la hauteur des murs (40m)  et l’épaisseur (10m).Ce bastion est renforcé par  deux tours cylindriques. Les criminels étaient jetés du haut de la tour (économie pour tous !).Or la légende veut qu’une femme condamnée a été sauvé miraculeusement, son tchador lui ayant servi de parachute. A ses cotés la mosquée Arg-e-Alishah : Elle est en rénovation  et les artistes maçons parent un minaret de briques ocre et de céramique bleu qui vont compléter un ensemble bien avancé. Sur la façade d’entrée, de larges céramiques de couleur bleu, et des décors variés  font merveille, et lorsque ces dames en noir descendent les escaliers, elles offrent un tel contraste que l’on en est saisi. Un peu plus loin décrite à l’office de tourisme, comme merveille des merveilles ,chef-d’œuvre architectural du 15ieme siècle célèbre par sa splendeur dans le monde oriental :La Mosquée bleue .En vérité, je l’avoue, je suis passé dans l’avenue sans la voir !!Je m’attendais à voir du bleu, je n’ai vu que des briques ocres et vu la photo, vous me comprendrez. Il faut pénétrer dans une cour en forme de fer à cheval ; A l’origine une médersa, une librairie, des bains, des échoppes étaient les composants des bâtiments  autour de la mosquée. Au portail d’entrée, les décors en céramique émaillé, avec des déclinaisons de bleu, des bandeaux d’inscriptions en écriture arabe, sont du plus bel effet, même si le temps a bien abimé l’ensemble. L’intérieur en rénovation, offre au visiteur un large éventail de l’art islamique sous Jahan Shah :décoration avec des médaillons ,des rosaces inextricables et des inscriptions arabesques, des motifs de fleurs avec de céramiques émaillées de couleur, variant d’un bleu azur au bleu outre-mer avec parfois des touches de brun-rouge, de vert olive et de jaune... et comme toute belle chose elle fut Splendeur à son époque, mais beauté fanée avec l’âge !!,L’église Arménienne sainte Maryam( merci au gardien) , ou la communauté est encore importante, l’église catholique (fermée et vue de l’extérieur)qui aurait besoin d’une sacrée remise en état,  sont les deux principales marques religieuses autre que l’Islam. Fin du mois de Juillet c’est E’yd-efetr : la fête de fin de ramadan : la circulation est bloquée dans toutes les avenues dans un rayon de 100m autour de la mosquée du centre Arg-e-Alishaha. La police et l’armée règlent ce flot humain arrivant  de tous bords.  Les tapis sont disposés à terre, et peu à peu les fidèles occupent  toutes les rues ; les hommes sont à droite, les femmes à gauche : pas de mixité. Impressionnant, et quand l’iman annonce les prières, c’est d’une même voix que  ces milliers de gens répondent. A chaque coin de rue des urnes sont placées pour recevoir les offrandes et les femmes en noir sont les gardiennes vigilantes de ces petits trésors. Quand la fin de la cérémonie est annoncée, c’est dans un ordre parfait que l’évacuation des lieux s’effectue. La vallée de Kandovan est une mini Cappadoce. Un flan de la colline est occupé par des roches friables percées  qui sont en forme de cornet de glace renversé. Les maisons troglodytes sont occupées bien souvent par des animaux et en entrant dans une maison j’ai constaté que le modernisme a œuvré partout : cuisine avec frigo-congélateur, cuisinière et table de travail et dans la pièce principale un salon à l’orientale : tout se passe au ras du sol. Comme partout le commerce s’est développé  avec le tourisme, les articles indiens côtoient les chemises turques mais la priorité est donnée aux épices et aux fruits secs ! Ces pierres ocre, aux chapeaux  pointus donnent un air de village stroumpf et on attend dans les ruelles un petit bonhomme bleu, au lieu des  femmes voilées, cachant leur visage à l’approche de l’homme !! A ce propos...peu d’hommes barbus et bien souvent je suis regardé avec curiosité et léger sourire narquois. Signe des temps, les jeunes évitent de se laisser pousser la barbe, signe de l’appartenance religieuse.Difficile de trouver un Café-internet à Tabriz...1 seul café et pas de Wifi, sauf dans les grands hôtels....

A 4283 kms,je vais reprendre la route pour la ville de  Zanjan en passant d’abord par Miyâneh en espérant trouver plus de monde le long du chemin, car si les gens des villes sont prévenants et charmants, j’aimerai rencontrer ceux de la campagne et partager avec eux des rencontres amicales. J’ai quitté une région semi-désertique…que vais-je avoir maintenant ? Vous le saurez au prochain rendez-vous…si je trouve internet !!!

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          

extraordinaire caravansérail , parmi la vingtaine,dans le bazar de tabriz

fin du ramadan...fête de E'yd-e fetr, dans la ferveur et les prières dans l'avenue, la mosquée étant trop petite

dans une des ruelles du magnifique bazar,

paysage aride et semi désertique, la randonnée de tous les jours

toujours demander la permission pour la photo...quelques oui pour quelques non!!

le sourire un peu coincé de la jeune fille....