les membres du grand magasin TOKULLAR, avec le patron devant moi

ville d Eynesil qui ressemble à toutes les autres villes du bord de la mer noire...

LA CAISSE-NOISETTE de...

derrière des bâches on peut boire un thé, sans heurter les passants faisant ramadan

Tirebolu, ses châteaux, son petit port, sa promenade et son ambiance ..

Turquie 7 Trabzon

 

TURQUIE  7 TRABZON

 

Je pars tôt ce matin. La ville, ce dimanche soir a veillé et il n’y a personne dans les rues de Giresun. Dernier coup d’œil à la statue des ramasseurs de noisettes en traversant la place, je pars d’un bon pas vers  Espyie. Une voiture de police me croise. Elle fait demi-tour et s’arrête à mon niveau. Je suis prêt à présenter mon passeport ; Ce sont deux très jeunes policiers. Le conducteur parle français…rare ! Quelle nationalité ? Ou allez-vous ?d’où venez-vous. ?votre nom ? .Les questions habituelles !!Et un dialogue s’instaure lui, traduisant à son collègue. Je lui demande : où avez-vous appris le français ? Sa mère est française et son père turc. J’en profite pour lui demander où  je peux boire un thé. Il m’indique un restaurant et précise : Il est derrière une bâche verte ! Et là j’ai tout compris : Oui, pendant le ramadan on peut boire un thé, prendre une chorba, à la seule condition de ne pas être vu. Les bâches sont présentes pour ne pas provoquer l’envie aux fidèles du ramadan. Dans ce restaurant on ne sert pas que du thé ! la soupe Chorba, ou çorba que je décide de prendre s’appelle  Iskembe çorbasi . C’est une soupe de tripes de moutons et de veau, dans un bouillon avec ail et citron .Pour 5 TL (moins de deux euros) elle est servie avec du pain, ½ litre d’eau minérale et un thé ! Petite leçon de cuisine (je ne l’avais jamais faite !)d’habitude je prends une soupe qui  est composée de lentilles et oignons (mercimk çorbasi) ou une autre composée de riz ou boulgour, œufs et yaourt (yogurt çorbesi) . Je reste sur l’alimentation : les kebabs döner (cette broche qui tourne autour d’un feu  à base de  poulet ou mouton) et que l’on sert dans un petit pain rond avec viande, tomates, salade arrosé de sauce au yaourt ne coute ici que 2,5 TL soit un peu moins d’un euro. Par contre l’Iskender kebab, ou la viande et son accompagnement  sont  placés sur des pides (pain special turc- genre crêpe- vaut 5TL. Les köftes sont des petits steaks hachés, les böreks de la pâte feuilletée fourrée de fromage ou d’épinards, les Dolmas légumes farcis avec du riz , et pour le dessert je vous propose des Tulumbas, genre de churros, coupés en morceaux, dégoulinant de sirop à base de miel .Leçon de cuisine terminée.

 

Je dois dire qu’à chaque détour de la route j’ai apprécié la vue sur la mer noire. Mon coup de cœur vient cependant à une petite ville de 14.600 habitants :Tirobolu. Ses plages de sable blanc, sont idéalement placées dans des anses à l’abri des vents, ses pinèdes sont des endroits de repos appréciées par les promeneurs. Les aménagements pour les touristes, sont variés : des appareils pour les exercices physiques , des bancs le long de la longue promenade du front de mer, des tables et bancs  avec barbecue pour les pic-Nic .Un petit port de pêche attire les amateurs et les petits bateaux. Deux châteaux –Saint Jean Kalesi et Behama kalesi -, sur une presqu’île, lui donne un air sécurisant et dominant. A la sortie de la ville l’usine de conditionnement de thé Caykur marque l’entrée dans le pays du thé en Turquie. J’ai ressenti une très bonne ambiance dans cette ville… pas seulement par l’amabilité d’un habitant, m’invitant chez lui à prendre une collation, rideaux fermés …bien sûr !! Les noisetiers sont toujours très abondant et le soir c’est avec plaisir, que moi aussi je me cache…mais pour sommeiller ! Görele est réputée pour ses énormes miches de pain et comme toujours ici, les boulangers ont les commerces dans la même rue. Pour la première fois, ce sont trois femmes qui m’interpellent. Elles ramassent du foin au bord de la route et veulent savoir où je vais. Il y a la mère, 52 ans, sa fille ainée 32 ans et la dernière 25 ans. Elles n’ont pas la langue dans leur poche ! Elles ont fauché l’herbe du bord de route sur environ 300m et ce jour elles viennent ramasser le fruit de leur travail. Et croyez-moi, elles mettent du cœur à l’ouvrage.

 

C’est avant la ville de Bézikolüsü, 11.000hab, que mon chemin va prendre un coup d’adrénaline ! Sur les aires des routiers il existe de temps en temps des estancos, faits de tôles et de planches servant du thé ou autres boissons aux chauffeurs.’’ Guy ! Guy !’’ C’est çoskun le chauffeur-routier, avec son collègue. Souvenez-vous : Depuis Izmit, un routier qui avait chargé chez Good Yaer m’avait suivi par téléphone avec ses amis. Un jour il s’était arrêté pour me donner une bouteille d’eau et un petit pain simit. Ce jeudi 3 juillet il se rend à Istanbul pour une livraison et la semaine prochaine il part pour l’Azerbaïdjan. ‘’Et toi ?’’ Moi, je vais à Trabzon ; Lundi je veux me rendre au consulat  iranien.’ ’Au consulat ? Mais c’est ramadan…je crois qu’il est fermé. Moi, je dois prendre mon visa pour l’Azerbaïdjan mais à la frontière. Je téléphone, mon patron doit-être au courant.’’    Réponse : le consulat doit fermer ce vendredi jusqu’à la fin de ramadan. Un dernier thé…un au revoir…Güle güle, front contre front comme le veut la tradition, un petit coup de tête à droite, un petit coup de tête à gauche ! A Bezikolüsü, mon premier souci est d’aller à la gendarmerie pour vérifier la véracité des informations données par çoskun. Pas moyen d’avoir le renseignement. Ce n’est pas la  remise d’une casquette d’un grossiste en appareils ménagers devant ses employés qui fait diversion dans mon souci. Car dans ce cas je suis obligé de me rendre à Ankara, à l’ambassade et attendre une semaine ! je consulte mes notes et avais relevé le nom d’un hôtel pas cher et bien placé dans le centre de Trabzon ainsi que les informations concernant l’obtention du visa iranien .La nuit portant conseil, j’installe ma tente au milieu des noisetiers.

 

Vendredi 4 juillet. 6 heures du matin. Tente emballée. Sac à dos fermé. 6h30 j’attends un bus pour Trabzon. Arrivée en ville 7h30. Recherche de l’hôtel, la chance est avec moi et surtout merci à la personne qui avait écrit sur un forum les précieuses indications salutaires. A l’hôtel BENLI, à côté du parc central  de la ville, avec la statue d’Atatürk  et les noisettes stylisée,   je dépose mon sac à dos. Il est 8h30. Le consulat, à 200 mètres de l'hôtel, kizil Ttoprak,à côté d’un parc pour enfants ayant des balançoires fixées sur des gros bonhommes, ouvre à 9 heures. Paul est déjà devant la porte, comme moi il attend. Paul est un enseignant français, habitant et exerçant en Guyane, grand voyageur (je suis en admiration devant un passeport ayant tant de visas de pays différents).  Il désire visiter l’Iran .Nous ne sommes que deux !! 9h30 porte toujours close ! 9h40 un déclic, la porte s’ouvre…soulagement. Nous donnons nos passeports et de suite la recherche d’un visa suspect israélien est vérifiée. Puis c’est la remise de 2 imprimés à remplir avec 2 photos. L’empreinte des dix doigts est apposée sur le document et c’est l’attente…le rideau du bureau d’à côté s’ouvre : moment de vérité .Interrogatoire individuel  Paul a demandé 1 mois…il aura 15 jours ; J’ai demandé 2 mois … j’aurais  30 jours. Avant de nous remettre les visas, nous devons nous rendre à la banque, dans la rue centrale pour régler le coût : 75 euros, en euros uniquement. 16H30 retour avec le reçu de la banque et remise des passeports avec les visas….OUF !! Ce qui veut dire qu’avant le 30 août je dois être à Téhéran pour obtenir une prolongation de visa…mais chaque chose en son temps. Satisfait de cette journée et je vais savourer la journée du lendemain en visitant Trabzon et le monastère de Sumela à quelques kilomètres. Paul m’accompagne dans cette visite spirituelle.

 

Trabzon est l’un des  grands ports  de la mer noire, et  grande ville turque sur cette côte : 975.000hab.S’appelant d’abord Trébizonde elle atteignit son plus haut niveau de prospérité sous le règne des romains. Plus tard les byzantins l’ont évangélisé et le saint patron protecteur était saint Eugène. Ensuite elle passa sous l’autorité des ottomans. Cette ville est accrochée à flanc de montagne Pontus (Karadeniz dagan). D’ailleurs depuis Ünye, les villes sont toutes adossées à des montagnes leur donnant un air de principauté monégasque. Un aéroport et surtout un port très actif au pied d’une colline escarpée, sont les deux fers de lance de cette cité.  La demeure du saint Patron  saint Eugène, a été transformée, avec l’ajout d’un minaret, en mosquée, mais garde dans son ensemble les caractéristiques des églises byzantines. Cette église est située sur les hauteurs de Trabzon  et permet d’avoir une vue d’ensemble, en particulier sur les remparts et la forteresse. Le quartier du bazar peut s’enorgueillir  d’avoir gardé son côté provincial  et authentique. A côté de la plus grande mosquée du centre-ville (çarci camii) on remarque un Han (lieu où les caravanes s’arrêtèrent) à une seule coupole .Pays des caravansérails  vakifhan, taskan et alacohan nous rappellent que la route de la soie et des épices passait ici .Le plus vieux marché de Trabzon regorge  d’échoppes et de cafés.  Sainte Anne est la plus vieille église de la ville. Sa visite est rapide, elle est très petite et seul les décors des piliers sont intéressant et surtout une fresque représentant la mise au tombeau du Christ. Fatih mosquée est l’ancienne église de la vierge a la tête d’or .L’extérieur de la coupole de l’église était couverte de planches de cuivre : d’où son nom, vierge à la tête d’or. Cette mosquée au cœur de la citadelle byzantine, est le résultat d’une transformation d’une basilique, en église crée sur les fondations d’un temple romain .C’est toute l’Histoire : Temple païen, Temple romain, basilique byzantine, église orthodoxe  puis mosquée…et demain ? …Le centre-ville est une fourmilière commerçante et riche de tous ces éventuels clients. Les petits parcs parsemés donnent un souffle d’air pur mais c’est le parc central qui est le lieu convivial de réunion des vieux trazbondais.  Bien sûr ce magnifique parc se nomme Atatürk. Un peu à l’extérieur du centre, l’église de la Sagesse Divine ou Sainte Sophie est construite sur une terrasse dominant la mer noire où s’élevait jadis un temple païen. Le plan de l’église est celui d’une croix inscrite dans un carré et surmonté d’une coupole. Du côté ouest de l’édifice le narthex  vouté abrite des fresques qui représentent  des scènes  bibliques .L’église est transformée en mosquée : Seul détail important, il n’y a pas (encore) de minaret ! Avec  Paul nous prenons un minibus pour nous rendre au monastère de Sumela à une cinquantaine de kilomètres de Trabzon : Le monastère de la Vierge noire de l’église orthodoxe grecque. La route qui nous y emmène traverse des gorges ou un torrent tumultueux descend dans la vallée .Des cascades agrémentent ce paysage  fait de forêts  et d’une verdure luxuriante. Le monastère est accroché  au flanc d’une falaise à pic .La brume qui s’élève donne un effet magique à ce lieu de prière (voir photo). Il me rappelle les monastères de saint Georges et de la Tentation à Jéricho. Une rénovation importante a été réalisée, conservant cependant les fresques, déjà martyrisées, au-dessus de l’église ; Paysage de crèche avec ses différents étages, ses couleurs variant d’un ocre tendre  au marron clair, ayant des toitures couleur brique rouge ...nous sommes acteurs dans un paysage biblique !...retour sur terre.

 

Il n’y a pas que les rencontres avec les autochtones qui sont intéressantes, celle avec Paul a été riche en enseignement (normal il est prof !) et d’échanges. Ayant par ses nombreux voyages, dans les milieux Indouiste et bouddhiste, il atteint une sagesse et un bon sens, dans le monde de la philosophie et la spiritualité. Merci Paul pour ce partage convivial. (Pensée à  Aïvanhov)

 

La route continue, mais cette halte m’aura fait du bien, moralement et physiquement ;le visa en poche, c’est avec un nouvel élan que je veux atteindre la frontière iranienne avant la fin du mois ; mais cette année, privé de vacances alpines ou montagneuses , je vais traverser  la montagne noire (Kardeniz Daglan) dont les principaux sommets culminent à 2800m, et vais trouver ces petites routes  où les rencontres avec le monde agricole est plus révélateur que le monde citadin .Je continue la route du bord de mer jusqu’à Of et là, bifurque sur çaykara pour arriver à Bayburt

 Ce Dimanche 6 juillet départ de bonne heure et surtout avec un moral d'acier.Qu'elle est belle cette route de la soie!

 

 

 

 

Trabzon, remparts et douves aménagées

vue générale sur le port ...photo prise à deux pas du consulat iranien

Pas assez de place dans la mosquée, dans la cour de la mosquée ,sur la place devant la mosquée et des cartons pour tapis de prière

Sainte Sophie sur une terrasse dominant la mer noire

dans le centre-ville, au parc Atatürk les noisettes sont stylisées et modernes, en plastique de couleur.