coucher de soleil près de la plage au camping d'Ünye

La grande promenade qui va me mener à la ville d'Ünye, entièrement carrelée sur quatre kilomètres...

pas loin de la route, une maison anatolienne en bois...même les piliers sont en bois (futur musée)

plage sur la mer noire ,après la ville de Terme,

chez Höxter, chauffeur de bus à Ankara, invitation au déjeuner chez sa maman

Turquie 6 de Samsun à Giresun

 

TURQUIE 5 DE SAMSUN à ORDU et GIRESUN

 

La météo avait diagnostiqué un beau temps pour la semaine qui me menait à Ordu .Un bien pour la première partie...ensuite, bémol . La route empruntée suit les courbes des rives de la mer noire ; C’est une route large qui laisse au marcheur une large bande isolée d’une circulation abondante. J’ai suivi la grande promenade de Samsun pour sortir de la ville ; elle est faite pour les touristes, pour les promeneurs et pour les marcheurs. Tout a été prévu : aire de repos, de mise en forme par des appareils de culture physique, protection du soleil par des plantations généreuses. Un vrai plaisir…mais la sortie est longue !! Premier  village important, je ne parle pas des villages-banlieues, Dirbiyik. Un village en longueur, les commerces profitant des utilisateurs de cette route si fréquentée. C’est le coiffeur, Isa, qui me propose le thé. Isa a travaillé à Strasbourg. Le thé, servi par son apprenti (treize ans) est accompagné d’une petite brioche sucrée. Isa a remarqué que des gouttes de thé sont restées dans ma moustache ! Il veut absolument les remodeler, et au besoin me faire une belle coupe avec ma barbe. Moustache oui, barbe ,non. J’admais qu’au-dessus des lèvres…et le laisse opérer. Il en profite pour me faire les contours de ma coiffure, me parfume, bref son métier de coiffeur ! Mais il me faut avancer… ville de çarasamba.136.000 habitants (D’ailleurs les villes sur ce parcours  çarasamba, Ünye, Fatsa et Ordu sont toutes des villes dépassant la centaine de mille habitants). Çarasamba est la seule qui ne soit pas au bord de la mer noire. C’est une ville agricole. C’est la saison des pêches. Elles sont à point, juteuses à souhait. Un récoltant me fait signe et me remet quatre énormes fruits qui ne peuvent entrer dans les alvéoles de la cagette. La cueillette est abondante et quatre personnes participent à la mise en cagette et au chargement sur la remorque du tracteur , pour une livraison immédiate. En passant dans la ville outre la statue d’Atatürk, c’est la tour horloge au rond-point de la mairie qui me rappelle celle de Çorum. A la sortie de cette ville, je suis rattrapé par un jeune homme. Il m’a vu de son appartement et veut m’inviter à partager son repas. Höxter, trente ans, chauffeur à Ankara est chez sa maman lors de son jour de repos. Son père -62 ans-travaille à Istanbul comme peintre, car dans la ville du Bosphore les salaires sont beaucoup plus élevés. Ils ont habités à Hanovre et sont revenus au pays il y a treize ans. Sur la table, une délicieuse ratatouille avec des köftes est prête à être dégustée .Une omelette est préparée avec de l’huile de noisettes (j’en parlerais plus tard).Fromage et olives finissent ce repas arrosé d’un thé très parfumé. Je quitte cette famille vers 14h30, sachant qu’à 19 kms se trouve la ville de Terme,(73.000 hab.) je désire  trouver un campement avant ce gros bourg. 18 Heures je commence mes recherches et je prends un chemin menant dans la campagne. Sors de sa villa, Rahmi Ozen, ancien prof d’histoire et géo qui lui aussi m’a vu (à croire que les gens vous attendent).explication sur ma recherche. Il me fait entrer dans son jardin, très grand pré-pelouse, et m’offre un grand verre d’ayran frais ; Petite discussion agréable. Je lui montre un endroit idéal sous un arbre pour camper. Pas de réaction.19 heures. Un appel vient de la maison, madame se manifeste. Il va aux nouvelles et revient, prend mon sac et me le met sur le dos ! Et, de surcroît me fait signe que ce chemin n’est pas bon, qu’il n’y a pas d’endroit pour camper. Guy Blanc baba !!...sur le derrière. Et je repars sur la route. Un peu plus loin un chemin se présente. Je le prends. J’arrive devant un verger de noisetiers, son propriétaire, âgé d’une quarantaine d’année à qui je demande l’autorisation de camper devant sa plantation me répond avec un large sourire « welcome ! ».Avant d’arriver à Terme une petite maison anatolienne en bois très ancienne est dans un état de conservation remarquable. Elle est rehaussée par des petits piliers en bois eux aussi. Elle devrait devenir musée. Terme une ville qui va me surprendre : Ville des rizières. Le riz est traité sur place et conditionné en sachet plastique de 10 kilos. C’est un riz gris, allongé. Terme ville des noisettes : usines de conditionnement, les unes à côté des autres. Traitement de la noisette : les coques sont vendues aux restaurateurs comme combustible pour les barbecues. Les noisettes sont conditionnées sous vide en sachet de 2 ou 5 kgs. Terme ville des…minibus. Plus de 350 minibus sont à la vente sur les trottoirs bordant la route principale. Ce qui ne cesse de me surprendre, c’est cette façon de grouper tous les marchands d’un même produit ensemble. Je prends l’exemple des marchands de riz : ils sont accolés. Où est la notion de concurrence ? Passé Temple je vais trouver les plages de la mer noire, des plages de sable noir. De Temple à Ünye ce ne sont que des noisetiers. De temps en temps quelques champs de pois chiches, de tournesol, de maïs essayent de trouver une place mais difficilement ; Pour un soir je vais essayer un camping…au bord de mer. La journée a été très chaude –plus de 35-et j’ai besoin d’une douche réparatrice .J’ai installé ma tente, là où le gérant a indiqué ma place et sous le regard d’une famille qui prend son repas pic-nic à quelque pas. Je vais m’asseoir sur un banc face à la mer. Le plus jeune ,Ardu, vient m’apporter une demi pastèque, le père un pain entier, puis des pêches et des prunes…la conversation commence et la photo s’impose…mais que les hommes ;les dames, discrètes  assistent de loin à notre  l’entretien . Ünye ,117.000hab, est la ville balnéaire par excellence : Promenade trois kilomètres avant d’entrer en ville, aires sportives, aménagement d’espaces,  vue mer, avec des bancs, des arbres tous les 10 mètres donnant une ombre agréable, des pinèdes ou chaque table est accompagnée de son barbecue, des hôtels grand luxe avec plage privée. Ünye vit  par le tourisme et que pour le tourisme. C’est Vendredi, jour de prière et nous sommes à deux jours du commencement du ramadan. Dimanche  29 juin débute le jeûne.  Cette dernière  ville et Fatsa sont séparées d’une vingtaine de kilomètres. Au bord de la route c’est  la Construction d’un bâtiment moderne qui me fait penser à l’hôtel de région de Montpellier : même matériaux, même forme...mais en plus grand. Un garde gouvernemental est à l’entrée et surveille attentivement et fait signe au curieux qu’il est interdit d’entrer dans la cour .Le ciel de l’après-midi s’est brusquement chargé de nuages…comme le sable, noirs. La météo s’est trompée. J’ai  installé ma tente dans une noiseraie, sous un grand noisetier à l’abri .C’est à vingt et une heures que le premier coup de tonnerre a sonné la charge. Les éléments se sont déchainés et ont voulu rattraper le retard  de ces derniers jours. Vers onze heures une tempête a sonné l’hallali ; des vents d’une rare violence ont déferlés sur la noiseraie, cassant les branches, jetant à terre les noisettes pas encore formées. Bien que ma tente soit bien amarrée, j’ai pris la précaution de mettre toute mes affaires à l’intérieure et mon poids faisant, elle n’a pas décollée. Le lendemain, vers cinq heures du matin, j’ai pu constater les dégâts immenses de cette nuit de folie : impossible d’éviter de marcher sur le tapis de noisettes. En France, l’état de catastrophe naturelle aurait été décrété, mais ici…J’imagine le désespoir du propriétaire !! En reprenant la route j’ai pu observer les dommages de cette nuit : Panneaux à terre, bâches déchirées et  branches cassées. Fatsa est la ville des palmiers. Ils déterminent la promenade du bord de mer. Fatsa n’a pas la classe de ses voisines, et si elle est ville de villégiature il lui manque un attrait que les autres ont. La route qui mène à Ordu : c’est une mer de noisetiers .Ordu est une ville de 147.000 âmes. ET, parmi tous ces gens, j’ai rencontré, ou plutôt Serkan m’a adressé la parole. Il était maçon  à Lyon. Il est revenu au pays en 2005, avec sa famille sauf deux enfants qui travaillent en France. Si vous passez à Lyon, j’ai une super adresse pour les kebabs !il possède trois hectares de noisetiers et donne son point de vue : On ne parle et vit que par et pour la noisette ; c’est principalement un composant primordial pour le çokokrem (Nutella turc) on la déguste en apéritif, on utilise son huile. Elle inonde le marché mondial et Ordu est la capitale mondiale de la noisette. Elle est le principal fournisseur de la société italienne. En 2006, il rentrait de France, le cours de la noisette est passé de 6 Tl le kilo à 3 TL. Révolution dans de monde des récoltants, des manifestations importantes se sont déroulées. Cette chute brutale des cours entrainant la disparition de nombreux emplois. J’ai cru comprendre que le Gouvernement avait été actif et avait pris le problème au sérieux, la commercialisation de la noisettes représentant des sommes importantes au niveau du commerce extérieur ; Autre attraction dans cette ville, à part une très belle mosquée, et sa promenade du bord de mer, c’est le téléphérique. Il part de la promenade et vous transporte à 450m d’altitude au mont Boztepe . On jouit d’une vue totale de la ville à vos pieds. Je sais ce que vous pensez…comme notre Faron. A cette petite différence : ici l’aller-retour coûte 6TL soit …2 euros. Le centre-ville d’Ordu est très animé : les commerces sont nombreux et fréquentés…et tout vous fait penser noisette : les poubelles ! Les fontaines !les panneaux en ville et les magasins spécialisés en noisette !!Je me rends compte que les cartes sont fausses et les kilomètres annoncés ne correspondent pas à la réalité…et quand je vois le panneau annonçant Giresun à 49 kms je décide de ne pas stopper à Ordu, mais me rendre à ma prochaine destination.

 

Nous sommes Dimanche, premier jour de ramadan. Dimanche, jour férié en Turquie, personne, en principe, ne travaille. C’est la première fois que je ne bois pas de thé ...offert. Concours de circonstance ? Je traverse des petites villes de 6 à 10.000 habitants…du monde dans les cafés, mais personne ne consomme. A Piraziz, à Pazasuyu où à Bulancak …aucune invitation ! Bulancak est une ville de 37.000 habitants. En y entrant la forme des bâtiments est surprenante : de véritables tours plus ou moins rondes, aux couleurs vives. C’est dans cette  ville que je fais une halte admirative devant la nouvelle mosquée. Des hommes font preuve d’une activité débordante : les peintres perchés sur des échafaudages, les maçons terminant les abords et des ouvriers commençant le nettoyage autour de la mosquée. Je me déchausse pour pénétrer à l’intérieur, encore plus beau que l’extérieur. De la sobriété dans la beauté, De la beauté dans la sobriété. Le tapis de sol a été fraichement posé et c’est un plaisir de marcher dessus .C’est un lieu de prière,  un lieu de paix et aussi un lieu méritant l’admiration du visiteur que je suis, pour les vitraux modernes, pour la coupole aux peintures arabesques multicolores et pour le minbar de l’Imam en marbre  blanc finement ciselé .Bien que ce ne soit pas ma religion ,  les belles mosquées comme celle de Bulancak, mérite une attention particulière ; et au-delà, je pense qu’un facteur important de l’unité turque vient du fait de l’adhésion innée du peuple à cette religion. Je ne veux pas philosopher sur ce sujet, je ne suis pas assez compétent, mais je constate. La route suit le bord de mer. Personne sur les plages, le drapeau rouge est hissé, la mer un peu houleuse ne s’est pas remise de la dernière tempête. Quelques kilomètres avant Giresun, au bord de la mer, des petites constructions, genre chalets, sont les unes à côté des autres, orientées vers le large. Ici pas de loi littoral ! Les heureux bénéficiaires sont présents et nettoyent le morceau de plage devant leur domaine. Giresun, ville de 110.000 habitants. Comme les autres villes, nous respirons, nous vivons noisettes...et si vous tentez de l’oublier, une statue représentant un couple avec noisettes pour chapeaux est là pour vous le rappeler. Dans la ville, une queue de clients devant un magasin patiente : Il s’agit d’un pâtissier ne produisant qu’un seul gâteau à base de …noisettes. Dans la même rue, un autre magasin propose  des genres de chocolat au Nutella local, plus loin un spécialiste de ce fruit Dieu ici, propose toutes les possibilités tirées de la noisette : en poudre, en sachet sous vide, en pâte dans des pots en plastique comme le miel, et de l’huile…Tous les restaurants ont placardé une affiche annonçant : »ramazan da if tarda açigiz »¸ce qui veut dire : pendant le ramadan nous ouvrirons plus tard .20h20…la sirène retentit :c’est la fin du ramadan pour cette journée et c’est une ville en plein effervescence, déplaçant du monde dans toutes les rues…la ville se réveille, la ville vit.

 

Ma prochaine étape-halte sera Trabzon. Je désire m’y rendre pour le lundi 7 juillet et  je dois faire visite au consulat d’Iran pour faire la demande du visa. Il n’y a pas de souci, je serais au rendez-vous ! Et j’en profite pour faire le point, puisqu’il y a plus de trois mois maintenant que je suis sur la route de la soie. Il reste 800 à 850 kms pour atteindre la frontière iranienne soit un mois A ce jour 3108 kms  sont au compteur…je croise les doigts …et vous aussi croisez les !! MERCI.

 

 

 

                                                                                                           

 

bord de la mer noire, au fond un bout de la ville d'ünye

du mont Boztepe, vue générale de la ville d'Ordu

intérieur de la mosquée , toute neuve, de Bulancak.

la sirène a retentit. C'est la fin du ramadan pour cette journée...la ville se réveille et vit

Moment de tendresse devant la mer noire...