c'est le repas de 13 heures, chez ces deux retraités d'Istanbul , séjournant dans leur résidence secondaire

à Alicik, repas de partage , avec le verre de l'amitié, celui du thé!!

à Kavak, petit déjeuner dans le bureau du directeur d'Ögretmenevi, Ali Soylu et son adjoint Sezai Tiryaki

à Merziflon l'équipe de Panorama Gazzeti, journal local

le petit déjeuner est dans le pré...Sebiha, moi, Serdan, Ali et Cüneyt

turquie 5 Samsun

TURQUIE 4 de Çankırı à Samsun en passant par çorum

C’est par de petits villages et des petites routes, bien agréables que je vais aller rejoindre la grande ville de Çorum. Petites routes, qui ressemblent à nos routes alpines ou du Mercantour, routes locales, qui au départ sont goudronnées, puis au fil des kilomètres deviennent pierreuses pour finir en chemin de chars à bœufs, petites routes bordées de villages ou l’accueil me surprend toujours, petites routes allant de vallons en vallées et traversant les montagnes d’Anatolie elles me mènent à Çorum en quatre jours, alors que si j’avais suivi la fameuse nationale 100 il m’aurait fallu 6 jours .Les villages, souvent noyés par une végétation luxuriante, ou la mosquée dresse ses minarets au-dessus des arbres, sont souvent déserts. Les habitants sont aux champs, champs de tournesols en particulier. Cette graine est très prisée par les turcs et grillée elle fait les délices autour d’un thé ! Je ne vais pas vous parler du temps, les orages sont toujours de la fête …mais un mieux est annoncé pour la semaine prochaine ; Au village de Barak, j’ai planté ma tente sur le terre-plein de la mairie…à huit heures du soir, une mairie à l’abandon…un peu éloigné du centre du village…tous les ingrédients pour passer une nuit réparatrice .C’est vrai qu’à vingt-deux heures trente le muezzin a fait son appel à la prière…normal. Mais pourquoi a-t-il recommencé à Quatre heures vingt ? Le jour avait du mal à se lever...moi aussi .C’est vers cinq heures du matin, qu’un berger a eu l’idée de faire passer tout son troupeau devant la mairie, à deux pas de ma tente…pour saluer la stèle d’Atatürk ?  non, mais tout sourire il est venu me dire :Meraba ( bonjour !) je lui ai répondu  et le tchai ?.En fin, vers cinq heures trente dans un demi-sommeil, j’ai eu comme l’impression qu’une vache venait brouter l’herbe autour de ma tente. Une impression qui était réalité : deux vaches ont dû trouver l’herbe meilleure là où je me trouvais !  Le vacher, intrigué par ma tente est venu voir comment elle était aménagée…peut-être voulait-il l’essayer. Il a assisté au pliage et rangement de mon hébergement. A six heures j’étais sur pieds et ai pris mon chemin pour Bayât…huit kilomètres. Sur cette route, une dizaine de tracteurs m’ont doublé. Ils transportaient femmes et enfants aux champs. C’est ainsi que vers huit heures, un jeune homme m’a fait signe de venir vers lui. Un peu en contre-bas de la route, sous un arbre, une famille, père, mère et deux jeunes gens avait dressé table sur une nappe posée à terre. J’ai posé mon sac .Le père, Ali, s’occupait du thé : un « Semaver » distribuait un thé chaud et comme toujours en Turquie, allongé par de l’eau chaude, et ajouté de deux morceaux de sucre. La mère, Sébiha, avait  disposé sur la nappe, le pain (genre de chapatis indiens cuits dans une jarre en terre) les tomates, les œufs durs, le fromage (de leur production) le Nutella turc, et la confiture d’abricots (absolument délicieuse). Les deux jeunes, Serdâr et Cüneyt, se sont fait un devoir de me servir, de me proposer de remplir le verre vide ou  de prendre les aliments sur la nappe. Grâce à eux j’ai pu cerner cette famille. Propriétaire terrien, ils sont venus là pour biner les plants de tournesol. Ils ont des vaches et des moutons. Ils ont une télé grand écran ou ils peuvent suivre la coupe du monde de football. Chacun des fistons a sa chambre, et aucun des deux ne fréquente !! (Devant les parents car ils sont beaux gosses…) Ils travaillent tous à la ferme et moi, j’ai trouvé une famille heureuse, souriante dont les membres sont en plein harmonie ; tous chantent la même chanson et le même refrain basé sur hymne familial ; Belle rencontre, qui met du baume au cœur, et donne envie d’aller de l’avant !!

Çorum, ville de 178.640 habitants (d’après la pancarte à l’entrée de ville) est un peu en altitude. J’arrive sous la pluie, mais le lendemain soleil. Je vais visiter cette ville en pleine transformation. D’abord ce sont les parcs aménagés : ils sont nombreux et crées pour les retraités : des bancs et des espaces sportifs pour seniors allant du pédalage aux barres parallèles. Le centre-ville connait sa rue piétonne (classique en Turquie) et la mairie à des portes cuivrées remarquables. Elles rappellent la tour qui se trouve sur la place centrale et que la ville est turque : croissant et étoile en bonne position. Cette tour indique l’heure aux habitants et un immense drapeau turc couvre l’une de ses faces. Çorum,  c’est aussi ces monuments modernes avec des fontaines en construction, et puis c’est ce boulanger, qui,  dans un espace minuscule vend ses pains par un fenestron aux passants. Curieusement, dans le même secteur un hôtel est réservé aux hommes, aux hommes seulement !  Hors du centre c’est une multitude de bâtiments, plus ou moins neufs qui loge tout ce beau monde. La construction est importante et vous connaissez le dicton : quand le bâtiment va …

Pour me rendre à Merzifon, je prends aussi une petite route, parallèle à la nationale 795 .les villages se nomment : Güney, Güvenli ou Buyukcay…Cette petite route court à travers des champs de blé,  d’avoine,  de luzerne, et de tournesol (évident). Au pied d’un mont, c’est la couleur d’une fleur qui m’a interpellé : J’y suis allé : un champ de lavande !! La fleur est plus serrée mais moins odorante ; Par contre, derrière un rideau d’arbres une autre fleur de couleur blanche, une fleur cachée…des pavots !! L’opium n’est plus un stupéfiant en Turquie ( !)Mais conserve sa valeur commerciale à cause des alcaloïdes qu’il contient : par exemple la morphine. Des mines de charbons, à ciel ouvert, sont exploitées aux abords du village d’Alicik. Les écolos doivent se mordre les doigts : les monticules, ou est entreposé le tout-venant, dénotent dans ce paysage campagnard. Il aurait été bon que des plantations soient réalisées pour cacher ces immenses dépôts déplaisants. Alicik est un village d’une centaine d’habitants situé à quinze kilomètres de Merzifon ; Que fait cet homme au milieu de la route ? Qu’attend-t-il ?...moi ! C’est alors que le portail s’ouvre et le  couple m’invite à entrer chez eux ; chez eux, non ; c’est chez sa sœur. Je me déchausse et entre…dans une maison française : un salon avec la déesse télévision et tapis au sol, une cuisine avec des éléments et frigo-congélateur…comme chez nous !! Un thé m’est servi, la table est mise avec un repas en attente…et les présentations commencent. La sœur est veuve, son époux est décédé dans un accident de voiture.  Le monsieur,(je ne me souviens plus de son prénom) est avec son amie, ils ne sont pas mariés, mais vivent ensemble .Il est retraité- je n’ai pas su de quoi, et va rester quelques jours pour aider sa sœur. Le repas est servi, il est près de midi. Il m’est proposé une sorte de pâte feuilletée, genre gözleme. Sur la table cornichons, tomates, fromage, concombre et olives…et du thé à profusion. Difficile de partir, lorsque vous êtes si bien accueilli, sans être dans l’incorrect ! En partant, la sœur me remet un paquet contenant les crêpes feuilletées qui étaient sur la table. Il s’agit d’une recette locale. Les crêpes sont faites à base d’huile de noix et de graines de pavot et qui répondent au doux nom de Sac üstü. Merzifon est à quinze kilomètres…C’est une ville de 58.280 habitants (facile quand à l’entrée de la ville vous avez les renseignements !) Une statue équestre vous y accueille : c’est la ville natale de Kara Mustafa Pacha, un grand militaire ottoman .La mosquée principale, au centre-ville s’appelle Kara Mustafa Pacha Camii, les bains publics s’appelle…vous l’avez deviné, le centre culturel en restauration porte le même nom Kara…Un splendide caravansérail a été transformé en restaurant haut de gamme…Il faut savoir que Merzifon était un passage presqu’obligé pour les caravanes qui transportaient épices et soieries, venant de l’Est –l’Iran – et allant soit à Ankara ou à Istanbul et… maintenant un marcheur français. C’est dans cette ville que j’ai rencontré un journaliste : Onurcan Akbulut. Un garçon charmant, à la fois discret et présent, plein d’attentions et c’est dans les bureaux de l’agence pour laquelle il travaille, que j’ai fait connaissance de l’équipe. Huit personnes au service de « panorama gazetesi », un journal local, diffusé tous les jours au prix de 75 KRS (soit 0,25€) sont présentes et actives ; Alimenter un journal dans une petite ville ne doit pas être facile tous les jours…mais la veille une manifestation, comme à çhankiri avait fait l’objet d’un reportage par Onurcan. Petit tour dans la vieille ville avant de partir, les hommes prennent le thé assis sur des chaises et tabourets d’enfants, et jouent aux dominos, les marchands de légumes arrosent les salades,  et les clients font la queue, pour acheter les cerises très rouges…une vie normale dans une ville normale….tiens cela me rappelle quelqu’un !!

            Ville suivante Hafza, elle est toute en longueur : trois kilomètres .La spécialité est la fabrication des semavers. Une usine en particulier, a un magasin de vente où sont exposées plusieurs sortes de ces théières : en inox, avec deux robinets et deux compartiments, l’un pour le thé et l’autre pour l’eau chaude, charbon pour la chaleur, ou alors version plus simple : compartiment au rez-de-chaussée pour le charbon, eau chaude au premier et théière en porcelaine au dernier .C’est au village suivant à Bekdigin que j’ai vu un modèle plus sophistiqué : production de la chaleur par électricité ! ET oui ! Encore une invitation à 13h30.Des retraités d’Istanbul, venant passé une semaine dans leur résidence secondaire, me voyant sur la route m’ont fait signe de venir partager leur repas ; çorba et viande hachée avec tomates et poivrons. Ils ont amené le modernisme dans la campagne…un semaver électrique !! En fin de journée le ciel devient noir, l’orage se prépare…j’arrive à Kavak (un palindrome !).Petite ville de 20.000 habitants, elle est fendue en deux par la route principale. Pas d’abri, pas d’hôtel…je demande et l’on m’indique la possibilité de logement dans un bâtiment de la direction de l’enseignement : Ögretmenevi. L’accueil est des plus sympathiques, je suis accueilli par Sezai Tiryaki Directeur Adjoint, qui m’attribue une chambre, comme à l’hôtel...mais pour la somme de 25 Tl .Vers 18 h l’orage éclate et la foudre tombe à une centaine de mètres dans un claquement étourdissant. Reçu le lendemain matin par le Directeur Ali Soylu et pris en charge par son collaborateur, nous allons échanger nos points de vue sur nos pays, socialement et un peu politiquement (un peu…) autour d’un petit déjeuner servi dans son bureau. A onze heures j’accompagne Sezai au centre d’éducation des adultes, qui a pour vocation un enseignement artistique : danse moderne et classique, peinture…enfin tout ce qui touche à l’art en général  (Très beaux tableaux réalisés avec des cocons de vers à soie !) Son Directeur, Malit Kamçi (poète et artiste : réalisation de tableaux de derviches splendides) me fait visiter les locaux et suis en admiration devant son poste de travail : un bureau qui ferait bien des jaloux chez nos grands fonctionnaires ! Ce centre est ouvert toute l’année et une classe pour les enfants autistes a été créé . Après avoir bu le traditionnel verre de thé, sur la terrasse dominant la ville nous nous rendons au restaurant où nous partageons un délicieux repas (çorba et aubergines farcis avec du riz digne des meilleurs restos).J’ai laissé les amis à leur occupation l’après-midi.  Dans ce fabuleux pays, la disponibilité des personnes, le soin de prendre le temps pour celui que l’on reçoit, l’amabilité et le degré de gentillesse sont les facteurs d’une leçon dont je prends conscience. J’ai passé une matinée agréable avec des gens intelligents, éduqués et dont les rapports humains sont de haute qualité.

De Havak à Samsun, c’est une route toute récente, avec de nombreuses aires de repos ou de pic-nic, large comme une autoroute, parsemées de restaurants et d’échoppes. Tout est en descente…nous allons vers la mer. Les abords ne sont que parcs forestiers et bois impénétrables tellement la forêt est dense.   Samsun est une ville, un port sur la mer noire, septième ville de Turquie avec son million et deux cent vingt mille habitants. Samsun c’est d’abord son bord de mer. Il est mis en valeur par une grande promenade de plusieurs kilomètres. Tout au long de ce boulevard pédestre on trouve un parc d’attraction, des aires de jeux pour les enfants un parc avec étangs et un petit zoo, que l’on peut visiter pour la somme de 50Kr soit 0,15€ (à prendre en exemple !) et évidemment des restaurants, des marchands de glace et au milieu un très grand…bazar ! Les calèches sont aussi de la fête…Cette promenade nous mène au port côté Est et à la plage côté Ouest et si la plage est de sable fin, le temps de ce jour n’a pas trouvé d’amateurs pour la baignade. Pour finir avec ce lieu, c’est sûrement pour encourager les pêcheurs à la ligne, que la municipalité a ériger une statue, représentant un adepte de ce sport. Les statues en bronze, le musée, le parc, commémore la vie d’Atatürk  à Samsun. Je suis allé voir le Gazi musée. La vie d’Atatürk ou plutôt de Mustafa Kamel (l’assemblée lui a donné le ce nom (qui veut dire Turc-père) en 1934) a été une vie tumultueuse faite de défaites et de victoires tant sur le plan militaire que sur le plan politique. Musées, comme toutes grandes villes : archéologie, ethnographie, culture et tourisme provincial…Mais, pour moi, le plus étonnant dans cette ville moderne est la forme de certaines mosquée. Nouveau design : deux mosquées m’ont épaté : Uluggi camii , en forme d’arc brisé, pas de coupoles, mais du verre, de l’inox et à l’intérieur beaucoup de lumière pour mettre en valeur le mihrab et le minbar en bois finement sculpté et Büyük camii  en forme de demi-sphère au toit zingué…mais les deux ont conservé un minaret !Sur une ville de cette grandeur j’aurais pu vous parler de ces collines , du tramway, du téléphérique ,de sa rue piétonne …j’aurais pu…En ce 25 juin, je suis à peu près dans mes temps de parcours .Je vous ai narré mes principales rencontres, mais sachez que chaque jour qui passe, ce sont plusieurs verres de tchai offerts et que je bois à votre santé !! La prochaine destination, début juillet,sera Ordu, en suivant la côte de la mer noire, , où au passage j’aurais visité un caravan- sérail de la route de la soie.

 

                                                

                                                                                    

 

 

usine de semavers à Hafza

samsun...il ne fait pas beau. Promenade du bord de mer

Samsun maison de la culture et du tourisme régional

Samsun coté ouest, ville sur la colline

nouveau design pour cette mosquée du centre ville