kermesse: marchand de jupes et foulards...un commerce qui fonstionne en turquie

dans le bureau de la police de la route (en civil) préposée au contrôle des camions

petite rue du village de Cerkés, maison typique: pierres et torchis

marché de Gérede...des fromages rangés comme des lingots d'or

la kermesse au village...mesdames à vos sacs!!

 

Turquie 4  çhankiri

Au dernier récit, je vous avais annoncé une semaine de désordre climatique. Je dois dire que les prévisions ont été au-dessous de la réalité. Tous les jours vers 15/16 heures, un orage, parfois violent avec des trombes d’eau, de la grêle, est venu perturber  ma marche. J’ai du repérer  des abris possible en début d’après-midi. J’ai trouvé des abris de fortune, mais ma tente est bien mouillée et le problème, est qu’elle n’a pas le temps de séchée. Mon dernier logement est une petite mosquée, à une trentaine de mètres de la route, et les tapis de prière ont fait un excellent matelas. Les stations-service désaffectées sont aussi des endroits de prédilection pour dormir le soir, lorsqu’elles n’ont pas déjà un locataire canin ! Mais enfin la route continue, une route pas merveilleuse  mais lorsque j’ai suivi les conseils d’un brave qui voulait me faire gagner des kilomètres en prenant un chemin de campagne, je suis revenu sur mes pas…en étant le plus des crottés des marcheurs aux chaussures boueuses ; dernier mot sur le temps : des inondations importantes sont surtout dans l’est de la Turquie et Istanbul  a eu ses quais inondés .Les images que j’ai vu dans les journaux sont impressionnantes….mais soyons positifs :il fait beau le matin très tôt !!

Après Bolu, c’est la petite ville de Yenicaga qui possède un petit lac, et dont les aménagements pour les aires de pic-nic sont bien agréables.D’ailleurs  les bus s’arrêtent là  pour permettre aux  voyageurs de prendre une collation. Dans le village je remarque que, comme bien souvent, les immeubles ont leur façades enduites  et peintes, mais les côtés sont toujours à l’état brut .C’est à la sortie que j’ai bu mon thé du matin. Quatre-vingt-douze (je les ai comptés) garages sont  les uns à côté des autres, bordant cette nationale 100. J’ai répondu à l’appel d’un fournisseur de pièces détachées pour automobiles, qui  vidait les seaux d’eau, remplis par l’orage de la veille. Je lui ai demandé comment il faisait pour s’y reconnaitre dans ce bric à brac, car apparemment il n’avait pas d’ordinateur pour gérer les stocks. Fièrement il m’a montré sa tête ! Je veux bien le croire, mais…en tous cas son thé était l’un des meilleurs thés bus jusqu’à maintenant. A quelques kilomètres les camions suivent une déviation, et passent sous des portiques, chargés de caméras…écotaxe ? La police m’invite à entrer dans le bureau pour mettre fin à ma curiosité. Il s’agit en fait, de prendre les mesures volumétriques, le poids et la photographie du camion, et de les mettre sur ordinateur. Autour d’un thé, je n’ai pu savoir à quoi pouvait servir ces relevés…tous les camions y  passent, peu importe la nationalité. Ils m’ont parlé de la France, aimant Chirac, moins bien pour Sarko et sourires plein de sous-entendus pour l’actuel  Président, sa notoriété d’Homme passant les frontières…un moment de détente avec une police pleine d’attention. Si la route n’est pas folichonne, si les paysages sont monotones, l’arrivée dans la petite ville de Gerede est pleine d’imprévues : c’est la kermesse, c’est la foire, c’est la fête au village, et je suis reçu avec mon sac à dos, comme le messie !!Aslan, qui a travaillé à Cologne, reste avec moi pour une visite, mais avant nous allons quitter le sac…dans un hôtel, ou il va négocier le prix : 8 euros la chambre !! Il ne me lâche pas. Au marché couvert, où les marchands de fruits et légumes  exposent beaucoup de marchandises,  tomates, courgettes et pastèques,  prenant  des cerises sur un étal, il m’en offre et en déguste lui aussi !!nous allons d’une allée à l’autre, rencontrant les productrices de fromages gardant et rangeant les fromages comme des lingots d’or, discutant avec le boulanger, me montrant les poules grasses, me faisant déguster au passage une pate épicée  qu’une dame vend dans un seau…Je le sens un peu sans gêne ,aussi, je cherche à m’en séparer...pas facile. En faisant le tour des exposants, je vois que les femmes font attroupement autour du marchand de sacs  (comme chez nous !), le marchand de tapis a lui aussi du succès, et je ne vous parle pas du marchand de vêtements, en particulier des jupes et des foulards où son étal connait une véritable révolution.  Nous allons voir l’attraction  du jour : un dromadaire est sur la place. Aslan rencontre un ami, je l’abandonne…quelques minutes plus tard l’orage gronde, chassant  tout ce beau monde et vidant les rues. A dix-neuf heures, Aslan arrive à l’hôtel. Il m’invite à partager une soupe .J’hésite et puis cède. Nous entrons au restaurant ; bien sûr je suis l’invité et il le fait savoir. Il est fier de dire que je suis français, fier de donner mon parcours, fier de dire aux autres : vous ne comprenez pas, mais moi je sais !! Je l’ai quitté avec ses amis au restaurant après un au revoir très …démonstratif. Cet homme, généreux et un peu trop expansif,  a  voulu montrer, qu’il m’avait pris en main et qu’il assurait ses responsabilités. C’est cela la Turquie !! Le jour suivant je continue la route qui monte, de plus en plus et je passe un col à 1320m ; Un camionneur s’arrête. Il descend avec une bouteille d’eau et  un simit brioché et me l’offre. Il m’a vu la première fois à Izmit devant chez Good Year, et avec  ses amis routiers, ils me suivent régulièrement et se téléphonent pour savoir où j’en suis…ce qui explique les petits coups de klaxons de temps en temps. C’est ce jour-là que mon refuge a été dans la petite mosquée. Les paysages se modifient et je passe dans des gorges pour me rendre à çerkes, une petite ville de 7.000 habitants. Les travaux entrepris sur cette nationale 100 à cet endroit ont dû être colossaux : tout un pan de colline a été arasé et des murs de soutènement  mis en place. Je me rends compte de l’effort fait dans ce pays pour mettre les moyens de communication routiers à la portée de tous .Par rapport à la France c’est un cran au-dessus !! Les  routes sont des autoroutes, les départementales sont des nationales….Cerkes a deux faces : celle qui est devant : moderne avec des immeubles  aux  couleurs chatoyantes et la face cachée : celle des petites rues bordées de vieilles maisons centenaires ou  plus…et dont certaines sont encore habitées ; Elle garde un aspect agricole et on sent bien que la population est paysanne : sa tenue, son parler haut et fort, ses gestes un peu rustres et bourrus et néanmoins un côté puéril. Nous sommes dans les montagnes de l’Anatolie du nord, et les nuits sont fraîches. Cette région, allant de Bolu à çhankiri est entourée de sommets à plus de 1700m, et la route suit les vallons et les monts, se faufilant dans des gorges et ressortant sur des plateaux aux champs labourés.D’ailleurs je me pose la question : nous sommes au mois de juin, pourquoi des labours ?

C’est à Atkaracalar que Mustafa est venu vers moi et m’a dit : Bonjour, ou allez-vous ? Comment reconnait-on un marcheur français en Turquie ! C’est la troisième fois que l’on m’aborde en parlant notre langue. Mustafa  était maçon à Montpellier, aujourd’hui à la retraite il a préféré retourner au pays. Il a trois enfants qui vivent et travaillent en France. Il m’explique brièvement les raisons de son choix (autour d’un thé): La Turquie est un pays sûr, ayant un président au grand cœur, cherchant à soulager les personnes en difficulté et favorisant les petites classes. Malgré certaines petites divergences,  le gouvernement est stable et la Turquie est un pays en plein évolution. Il est propriétaire de sa  maison, qu’il a commencé à bâtir, pendant ses congés annuels lorsqu’il travaillait. C‘est un homme heureux, s’il n’avait quelques soucis de santé….mais il est confiant. Des immeubles flambant neufs, une avenue à quatre voies, une superbe mosquée en point de mire : c’est l’arrivée à çhankiri qui compte pas moins de soixante mille habitants .Nous sommes à 700m d’altitude. Monde agricole, c’est le pays des tracteurs : ils servent à tout  et il y en a partout : devant un centre commercial, situé en plein cœur de ville, éclatant de jeunesse, devant la mosquée, ou les chauffeurs sont allés prier, devant le musée,  tout le long de la rue principale, et, fin du fin  une fermière  est installée devant son tracteur pour vendre ses légumes !Les alentours de la mosquée  sont en grands travaux. Il semblerait que la construction de magasins aux abords du jardin et de la fontaine aux ablutions soit programmée ; d’ailleurs aussi  surprenant, sous le terrassement de la mosquée un supermarché est en activité .Les trottoirs de la ville sont couverts en leur milieu par des bandes jaunes embouties ; De cette façon les non-voyants peuvent avec les pieds ressentir le chemin et se déplacer avec plus de sécurité. Vers 19 heures…branlebas de combat !! Haut-parleur en tête, drapeaux flottant au vent, poing levé les manifestants déboulent dans le centre-ville, sous les regards des passants dubitatifs. Les édiles en tête, quelques femmes et la meute hurlante de tous ces jeunes…la manifestation  est cadrée par la police  présente, mais discrète. Je n’ai pas suivi mais pense que tout c’est terminé dans la paix.

Mon ordinateur portable me permet chaque jour de mettre à jour le blog et chaque soir sous la tente,  chez l’habitant ou à l’hostel je fais part de mes observations. Je vais continuer ma route vers Corum et Samsun,  et arriver au bord de la mer noire vers le 26 juin, dans une dizaine de jours…et surtout, programmer la visite au consulat iranien pour l’obtention du visa à Trabzon vers le 12 juillet…du suspens!!c'est cela la route de la soie.

Eloge à ma cape de pluie

  •  Si je te laisse dans ton étui                                            
  •  C’est que le soleil luit
  • Quelques gouttes de pluies sévissent
  • Je fais appel à tes services
  • Contre cette eau qui veut me mouiller
  • Tu leur oppose ton invincibilité
  • Et si parfois souffle Eole
  • Alors à moi tu te colles
  • Ta fermeture me protège sans faille
  • Devant et derrière que vaille
  • Même à l’orage qui gronde et roule
  • Tu résistes et ne t’écroules
  • La pluie, la grêle glissent sur ta peau
  • Sans pouvoir percer ton manteau
  • Cape de pluie merci, merci
  • Jamais je n’en suis tant servi
  • Tu m’as protégé et de la pluie isolé
  • Finalement…j’ai bien fait de t’acheter !!

manifestation à çhankiri

çhankiri...le tracteur roi des véhicules

çankiri dans les rues une bande jaune en plastique à plots pour les aveugles.

la mosquée de çhankiri

çhankiri: en plein centre ville, au milieu des petits commerces, un centre commercial flambant neuf

pour faire un bon thé : il faut une bonne theière :robinet rouge pour le thé, robinet noir :pour l'eau chaude