Öznur prépare le thé, Asya, la maman tient compagnie au marcheur

avec Ramazan, hôte des cyclotouristes et des marcheurs...

au bord de la route 100, la petite mosquée bleue

le cœur d'Izmit, promenade du centre ville

le port de la petite ville de Sile au bord de la mer noire.Sile est située sur une falaise d'ou cette vue

d'Istanbul à Bolu

TURQUIE 3   d’ISTANBUL à BOLU

Il doit être plus facile d’entrer en Europe que d’en sortir. L’Asie est à deux brasses mais la mer est froide…Il faut donc se rendre sur les quais du Bosphore et prendre un Ferry destination la gare Harem située en territoire Asie. La traversée permet d’avoir une vue intéressante sur l’Istanbul moderne avec ses grands ensembles, et de l’autre côté une vue sur le palais de Topkapi. Une traversée de quinze minutes, dans un confort digne des paquebots, au bout de laquelle  la gare d’Harem parait bien petite ; J’ai remarqué que toutes les universités et facultés se trouvent à cinq ou six kilomètres du centre des villes. C’est pourquoi, rajeunissant de cinquante ans, je prends une navette chargée d’étudiantes et étudiants. Cette faculté de médecine est sise sur la route de Sile, une station balnéaire au bord de la mer noire, ma prochaine destination .Aux interrogations des  futurs médecins( ?), aux sourires parfois narquois, je tente d’expliquer que je ne vais pas aux cours, mais que ma route étant sur leur chemin, je profite de la navette. Je les quitte, et là ils me font des signes d’adieux et des gestes sympathiques d’au revoir…Sont-ils soulagés ? La route est large et à double voie ; normalement c’est la route des vacances, la route de la mer et des plages. Elle monte et les virages sont larges avec de grands parkings. Les restaurants et les marchands de fruits sont très nombreux et mes haltes …aussi ! Les invitations à boire un thé ou à déguster des cerises, par  poignées ne se comptent plus. J’arrive tard à Sile.Le temps n’est pas très beau. Petite ville perchée sur une falaise, jouissant d’une belle anse abritée, aujourd’hui elle ne fait pas le plein ! Personne sur la plage, ce qui me laissera le plaisir d’installer ma tente vers le local des secouristes, plus exactement sous le haut-vent m’abritant d’une mauvaise pluie ; Pour les gourmands les spécialités de Sile sont la confiture de pavot et le miel de thym ! Site recommandé par les brochures : Agva. Beaucoup de difficultés avec la langue, car il faut prononcer : A ou a ; et quand je m’informe pour trouver la route, les gens me roulent des yeux étonnés! Agva n’est situé qu’à vingt kilomètres mais la route est accidentée et montante ; La présence militaire est importante, les mesures de sécurité, fils barbelés, tours de guet, hauteur des grillages, me font penser à l’aventure syrienne à Tarsus , ou j’avais eu l’idée de mettre ma tente sur une plage, terrain militaire .Agva est une belle station balnéaire :Elle réunit tous les ingrédients, même si le beau temps n’est pas de la partie. Une plage superbe, beau sable et propre, Une promenade de bord de mer agréable et boisée et, un centre-ville ou les commerçants  proposent  articles de souvenir, articles de plages…un  Cannes, en plus petit .Je quitte le bord de mer pour rejoindre Izmit, un grosse ville de deux cent mille habitants. Dans les années 99 elle a subi un tremblement de terre et une partie de la ville est rénovée. Une promenade traverse la ville d’est en ouest, elle est arborée, des magasins en font une rue commerçante et, nous avons beau être Dimanche tous les pros de la vente sont présents .Izmit est au bord de la mer de Marmara et les aménagements sont conséquents : un grand parking, sur une belle distance un quai piétonnier, et des bancs permettant aux promeneurs de contempler cette mer si calme. C’est en quittant cette ville que j’ai vu l’usine du plus gros employeur ; Good Year .Une usine façon américaine, gigantesque, dans un cadre de verdure entretenu et d’après ce que j’ai pu voir, les entrées et les sorties sont particulièrement contrôlées

.Parlons de mes pieds…qui doit s’adapter : mes pieds aux chaussures ou les chaussures à mes pieds ?pour l’instant ils font bon ménage, mais parfois les dessous de pieds sont récalcitrant  et ma cheville me rappelle à l’ordre et demande une halte et…des massages et des caresses !!  Mais sachant faire fi de ces petites contrariétés, dans l’ensemble tout va bien.

La semaine qui va suivre, jusqu’à Bolu, va être un bonheur de rencontres. Même si la route n°100 n’est pas touristique, bordée par une mer de noiseraies, elle permet de passer dans de petits villages ou l’accueil est des plus plaisant. Les noisetiers d’ici, ne sont pas comparable aux noisetiers italiens que l’on trouve en toscane, de véritables arbres avec un tronc, ici ce sont nos noisetiers ,avec plusieurs branches émergeant du sol, dans des champs non labourés, non entretenus. A Esme, un monsieur, Azil, m’invite à boire un thé, non pas sur le pas de porte, mais chez lui. Deux femmes sont  là, la mère au nom d’Asya et la fille öznur. On m’installe sur le canapé, une place de choix, la place de l’invité ! .Sur les ordres du père, les biscuits sont sortis, la fille prépare le thé, la mère me porte une bouteille d’eau et des cerises. L’investissement dans le Berlioz- ce dictionnaire de conversation courante-est rentable. Le père est commerçant à Izmit, il vend des loukoums et autres sucreries. Désespoir des parents öznur n’est pas encore mariée, mais elle n’a que trente ans…Elle est  musulmane pratiquante, je lui dis que je suis chrétien. La mère fait signe Allah ou Dieu, c’est pareil. Le père doit partir. Moi aussi. La mère me propose de me servir un repas. Je refuse poliment. Ils m’accompagnent jusqu’au bout de leur terrain. Ils me serrent dans les bras et le père, à la façon turque me frotte le front une fois à droite et une fois à gauche…et  je reprends ma route…plein de reconnaissance envers ces personnes voulant toujours faire plaisir et plus… C’est la période des cerises et les vendeurs sont nombreux et généreux. Les poignées de ces fruits abondent,  J’ai bien dit : les vendeurs, car ces dames doivent avoir des oursins dans les poches…un sourire doit nourrir le marcheur ! Je côtoie le lac de Sapança ; il manque  le soleil et le plafond est bas. A l’entrée de Adapazari, un superbe parc, aurait bien fait mon affaire pour poser ma tente, mais la présence de  gardes m’interdit ce luxe, aussi je me contente de m’installer sur une annexe, un petit bois…mais pas au bord du lac. Adapazari est une grande ville et comme à Izmit c’est l’usine Good year qui crée l’emploi ici. Mon premier thé m’est servi à sept heures, par un marchand d’huile pour voiture. Elle est vendue en bidon de 35 litres et il n’est pas le seul : ses voisins sont eux aussi vendeurs d’huile ! Ce qui est curieux dans ce pays, est l’organisation des petits commerces .Ainsi  dans une petite zone artisanale , vous aurez une rue pour  les mécaniciens, les uns à côté des autres, une rue pour les ébénistes, une rue pour les marchands de peinture etc…A croire que la concurrence n’existe pas !Mon deuxième thé est offert par un boulanger avec un petit pain fourré de fromage blanc. Je ne sais pas ce qu’il raconte aux clients mais la galerie s’amuse !

C’est au village d’Endek, qu’un individu, à un croisement, s’approche de moi et me propose un café. Etre étrange, à la chemise blanche et au gilet couvert de médailles, un être qui sera aimable et surprenant, un être sympathique avec qui vous vous prenez  vite en amitié. La première tasse de café servie, les cerises sur la table il me montre une partie des rencontres qu’il a faites. Il a un livre d’or ;  Ce sont surtout des cyclistes qui sont dans son album et sur face de bouc. Des anglais, un groupe de polonais un luxembourgeois, deux hongrois et … Oh ! La belle surprise…parmi les cyclistes : Alain Remy !! L’ami  est passé ici en 2012 et a laissé son empreinte. Quel plaisir, cela m’a procuré ! Le revoir sur son vélo couché….Merci Monsieur Ramazan Metin .Maintenant sur son site face book, il y  aura un marcheur, car nous nous sommes photographiés, et suis un nouvel ami …parmi les autres, car il en beaucoup ! Peu de temps après deux ferrailleurs m’invitent .je en voulais pas m’arrêter, mais devant la tristesse constatée, j’ai cédé. Apres avoir bu un excellent thé, je repars avec un sac de prunes. Stop pour cette journée !! Je n’avance plus…je dis stop, mais dans le fond ce sont ces rencontres qui me procurent  de plus de joie. C’est celle du lendemain qui sera la plus étonnante : en traversant Cumuaova, devant un restaurant, un monsieur en costume, me fait signe : vous savez il fait semblant d’avoir un verre à la main et de tourner une cuillère invisible. Il est tôt, mon premier thé, j’accepte. Il me fait assoir et là, il  commande une soupe, une çorba : dans un bouillon de poulet, du vermicelle des morceaux du volatile, un peu de tomate, un peu de poivron…c’est pour moi !il souhaite que je prenne une photo, il règle le restaurateur et part. Même pas le temps de lui dire merci ! Très étonnant…C’est  cela l’accueil en Turquie !!Düzce, une ville dont je n’ai pas trouvé le centre, une ville toute en longueur avec deux spécialités : les usines de textiles et de plastiques. Je l’ai traversée facilement, le temps était pluvieux, ce qui peut expliquer la morosité ressentie ; Au village de Kaynask c’est jour de marché ! Mon passage délie les langues, et semble susciter beaucoup de commentaires. Enfin il ose : d’où viens-tu ? Réponse aussitôt diffusée ; ou vas-tu ? Réponse rediffusée…Je ne sais … soulagement, calme des inquiétudes…le thé est proposé et bu. Un marché paysan tout simple avec quelques marchands de vêtements…comme chez nous !

Une surprise de taille, avant d’arriver à Bolu : une montée sur huit kilomètres à travers bois. La route est belle ; deux fois deux voies. Un véritable luxe, surtout sur une telle distance, au flanc de la montagne… Je mets plus de trois heures pour atteindre le col, qui culmine à plus de 900m ; Bolu est une ville de 150.000 habitants, situé au centre d’une région touristique : Le parc national des 7 lacs dans les montagnes bolu-dagalan est célèbre en Turquie pour sa nature sauvage et ses animaux, et surtout la station balnéaire huppée de Kartalkaya à une altitude de 1950m…notre isola 2000.Ces deux endroits sont dotés d’hôtels plus luxueux des uns des autres. Les tracts et affiches publicitaires vantent les qualités des prestations.  Je parcours le centre-ville, par une grande et large rue piétonne partant de la mairie pour aboutir à la grande mosquée. Cerise sur le gâteau, des escalators permettent aux fidèles d’accéder à la mosquée, plus vite et plus facilement. Par contre, face cachée, une rénovation importante a lieu. Les maisons anciennes de vieux quartier du centre, sont détruites et à la place les rues sont actuellement réaménagées et les constructions d’immeubles modernes et esthétiques, sont de très bon gout ! Le quartier environnant la mosquée est préservé ;  ses ruelles tortueuses et commerçantes, ou les marchands vous interpellent, sont agréable à parcourir. Chouette ! Je trouve un petit hôtel dans le centre et pour dix euros, je vais pouvoir prendre une douche, faire un peu de lessive (surprise pour mes chaussettes !)Et préparer ma prochaine destination qui sera Chankiri (tout un poème !) .La semaine du 8 juin, qui s’annonce restera pluvieuse ; il y a des inondations au bord de la mer noire , à une centaine de kilomètres de Bolu,où il pleut en ce moment ; mais, si comme la semaine dernière les orages éclatent le soir et laisse le soleil passé ses rayons le matin, cela ne gêne en rien la marche sur la route de la soie !!...

la soupe, çorba , le matin...ça cale!!

bolu, la mosquée, la place départ de la promenade centrale jusqu'à la mairie

rayon de soleil... à bolu: rue autour de la mosquée

tenue traditionnelle chez les jeunes filles;;;foulard et manteau

le lac de sapança