le repas est prêt sur la petite table...photo de famille Hasan , sa femme

Ah! s'il avait pu entrer le bateau dans l'appartement!!

Silesi : propriété privée, avec gardien, donnant un accès privatif directement sur la mer et la plage

l'heure du thé chez Tekin, avant le petit déjeuner au thé, bien sûr!

le port de Silivri, ses barques, ses poissonniers, ses restaurants ...et la mer

la mer de Marmara...un air de déjà vu

dans la zone commerciale, une nouvelle enseigne ouvre...sur des perches les fournisseurs ont envoyé les fleurs;

TURQUIE  d’EDIRNE à ISTANBUL

Sortir d’Edirne en partant de la mosquée Selemiye en direction de Babaeski n’a pas été une mince affaire : d’abord des rangées d’immeuble neufs, alternant avec les diverses administrations (et elles en prennent de la place !) Et une interminable zone commerciale. J’assiste à l’inauguration d’un nouveau magasin Alfemo. Un  millier de ballons rouges et blancs forment une grande arche à l’entrée de l’établissement mais plus originaux sont les bouquets offerts par les fournisseurs ou enseignes amies. Je dirais couronnes fleuries avec bandeau portant leur nom et comme si elles étaient destinées à un défilé, elles sont fixées sur des perches. Au moment où je suis passé, elles étaient alignées sur une rambarde de la route. Une fois sorti de cette ville, je poursuis mon chemin sur la nationale 100…une tristesse à mourir ; des champs de blé, de fourrage, des champs labourés et la route nue qui déroule…parallèlement construction d’une autoroute fait diversion. De temps en temps les ouvriers m’appellent  pour me proposer de l’eau ou des simits, ces petits pains ronds avec des graines de sésame. Babaeski est une ville agricole, comme je pouvais le prévoir, peu d’animation, les gens sont sur le terrain, aussi je décide de prendre la route direction la mer de Marmara. D’abord, même si le côté agricole reste, il devient plus agréable, car de temps en temps des forêts et surtout je passe dans de petits villages. A Karayollari, un fidèle du café me fait signe venir partager un çai (se prononce tchaï) -ce thé  servi toute la journée- et de m’expliquer que le sucre que nous mettons dans nos verres provient de l’usine qui emploie plus de  trois cent personnes du village et des environs .Lui aussi, a travaillé à la sucrerie et il en fier.Dans la Turquie, vous n’êtes jamais seul, quelqu’un vous observe sans rien dire. Pourquoi ? Le village de Hacà, est en longueur et a un virage assez serré... je suis à  une cinquantaine de mètres de ce  virage et, vois une cagette d’un camion tombée .Aussitôt une envolée de femmes et d’enfants, venus je ne sais d’où, ramassent en toute hâte les concombres tombés. Je passe : plus personne ! La cagette écrasée est au sol ; Heureusement j’aurais pu rêver ! Au bout de  cinq jours j’atteins la ville de Tekirdag ; grosse station balnéaire de la mer de Marmara. Je suis impressionné par toutes ces constructions neuves qui sortent de terre, des lotissements entiers, des immeubles aux formes modernes, une ville en pleine évolution. Pour poser ma tente, tout devient plus facile : les pins abondent et forment des espaces entre mer et route. Les villages du bord de mer sont très accueillants. Cherchant le matin le bar pour mon café ou thé, je descends quelques marches pour entrer dans un market qui fait tout. Et là, la personne qui me reçoit me dit ; bonjour ! Stupéfaction de ma part. Je lui demande et me répond Décathlon…Je vais rester plus d’une heure avec Tekin, ce turc d’origine kurde et travaillant à Lorient. D’abord c’est la présentation de la famille : frère, sœur et un ami. Ensuite vient un, deux, trois thés...puis, le frère aux fourneaux, vient le petit déjeuner : brouillade de tomates et poivrons, fromage avec des olives et du pain frais que le boulanger livre et lui aussi prends part aux festivités .Tekin, c’est une histoire, un roman. Maçon, il crée son entreprise en  France, marié il a quatre enfants. Son épouse est décédée. Son père est un riche propriétaire terrien de la Mésopotamie, mais le problème kurde avec la Turquie étant toujours en délicatesse, son père ne peut rien faire. Quant à lui, il a pris des congés pour deux mois et veut à son retour en France, créer une affaire de carrelage. Il aime notre pays, » car c’est un pays d’accueil, où toutes les races ont une place, et si chacun se débrouille, peut y vivre heureux »Il a reçu beaucoup d’aides, mais aussi il a payé des impôts .Bref, vous l’avez compris : Tekin est un turc bien intégré  en France, il s’y plait .C ‘était un moment agréable , sachant écouter un émigré plus français que turc .J’ai eu du mal à partir car Tekin est un gros bavard !!Ma route suit le bord de mer et j’arrive au village de Marmaraéreglisi .Et, la terre tremble ! Des personnes affolées courent dans la rue principale : effectivement le soir  aux infos le tremblement de terre est annoncé avec une  force de 6,5.Mais c’est l’orage qui me fait chercher un logement à l’abri : Je trouve mon bonheur dans une petite pension familiale, pour dix euros, petit déjeuner compris. Le soir venu, l’orage devient encore plus violent et il y a une coupure de courant. Lorsque l’électricité revient, le propriétaire désolé de l’incident vient me chercher. Il m’invite à partager le dîner en famille. C’est ainsi que j’ai pu connaitre la cuisine turc ; d’abord une soupe au poulet –ils disent çorba- ensuite crudités et poulet cuit avec des poivrons et en dessert deux pêches, le tout arrosé…de thé ! Moment très sympathique ou ils se sont mis en quatre pour satisfaire le moindre désir ; Le petit-déjeuner a été aussi copieux : des crudités et des gözlemes (crêpes fourrées au fromage) du thé de la confiture, du beurre, des brioches…de quoi satisfaire le plus gourmand des gourmands. Le départ a été comme le reste : toute la famille était là pour l’au revoir. La route du bord de mer est très agréable et même si parfois elle frôle la nationale bruyante, elle est fréquentée que par des personnes habitant les « sitesi « .En gros les sitesi sont des domaines privés, avec gardiens à l’entrée, comprenant une trentaine de villas, collées les unes aux autres, ayant une rue principale et surtout un accès privatif sur la mer. Ici, la loi littorale n’existe pas. Donc pendant des kilomètres, on ne peut avoir accès à la mer, par contre ces domaines privés sont parfois magnifiques et entretenus par des gardiens  rivalisant de virtuosité. Parfois, un passage donne sur une plage publique …non entretenue, faisant désordre par rapport à ses voisines .Dans les villes et villages se sont les bâtiments du bord de mer qui s’octroient les plages et j’ai vu mieux, l’un des propriétaires d’un appartement du rez-de-chaussée surélevé, a créé une rampe pour garer…son bateau !!

Lundi 26 mai : j’ai trouvé un super endroit pour mettre ma tente. Derrière une station-service, sous des pins maritimes. Ce matin, à sept heures le jeune de service est venu me chercher :le thé était chaud et la brioche prête à être mangée. La journée commençait bien. Le soleil est de la partie, et il est même chaud ; Avant d’arriver à Silivri, un monsieur, dans son jardin me fait signe : il me propose un jus de cerises. Silivri est une ville de  dix mille âmes, surtout ville de villégiature qui attend l’ouverture de la saison. Les commerces proposent déjà l’ensemble des fournitures pour vacanciers du bord de mer, parasols, sandales en plastiques, ballons, nattes…Seuls les pêcheurs sont indifférents à cette préparation, et fixent le bouchon avec sérieux, et ma question pour savoir si la pêche est bonne, reste sans réponse.Par contre au port,les étals des poissonniers rivalisent dans la présentation: tous les poissons sont disposés de façon artistique, aucun n'est jété au hasard,et aucun ne chevauche sur l'autre.Pour que le client apprécie la qualité et la fraicheur ,ils sont posés sur un plan incliné.  Pendant quelques kilomètres je suis obligé de prendre la petite route parallèle à la nationale 100. Il est plus d’une heure. De l’autre côté un homme me fais signe de venir. Je veux continuer,  et sa femme me fait de grands gestes. Bon !, je traverse et me rends devant leur petit commerce. Il se présente : Hasan Bakal. Cette épicerie est sa propriété, et marche bien. Elle est située au carrefour avec une cité et la grand’route.Il a un fils à Istanbul qui comme lui est dans le commerce et se nomme Manyak.Il me donne son adresse : il faut que j’aille le voir quand je serai dans la capitale. Pendant ce temps, à l’arrière-boutique…se prépare le repas du marcheur. Sur des assiettes en plastique, sont préparés : salade de crudités, poivrons farcis, fromage et melon et comble il me demande quelle boisson je désire. Je prends un ayran. Ils sont à côté de moi, assis sur de petites chaises et me surveillent, prêts à satisfaire mes désirs. Ils sont adorables.L’heure de les quitter arrive. Il  veut me donner un litre d’eau. Un litre=Un kilo en plus à porter ! Le voyant désolé j’accepte un demi-litre. A la méthode turque nous nous frottons le front, une fois à gauche, une fois à droite. Je retraverse la route et ils me font de grands gestes d’adieu .Je n’ose plus me retourner. Je retrouve ma Turquie de l’année du pèlerinage de Rome à Jérusalem. Je ne suis plus qu’à cinquante kilomètres d’Istanbul, et mes chaussures commencent à être usées. Elles ont des kilomètres au compteur, mais les routes granuleuses des Balkans les ont bien rabotées.

Pour me rendre dans la capitale à Avolar, je prends le bus. Je suis accompagné par Ferhan, à qui je demandai si cet abribus était le bon. Lui aussi va à Istanbul, presque dans le même quartier que moi. Il ne va pas me quitter, paye ma place dans le bus .A la station, il me dirige vers le métro, et ensuite nous prenons le tramway. Tout devient facile lorsque la personne connait et nous nous quittons comme si nous étions de vieux amis. Je trouve assez facilement l’hostel dans le quartier de Sultanahmet, le quartier le plus touristique d’Istanbul. Avant de parler d’Istanbul, j’ai traversé en bus les nouvelles banlieues et suis stupéfait : de très belles constructions modernes et harmonieuses, des immeubles mélangeant le verre et le marbre, le bois et le béton. Ces bâtiments, en quantité importante, sont prêts à recevoir les futurs locataires ou propriétaires et puis vous assurer que l’environnement a été particulièrement étudié et soigné : De larges rues pour les atteindre et des parcs déjà paysagés et aménagés. Un Istanbul, qui par son modernisme et futurisme, mérite  une attention particulière.

Istanbul : cette capitale, pont entre l’Europe et l’Asie . La partie de Sultanahmet qui  est en Europe, contient les principaux monuments les plus visités : D’abord  Sainte- Sophie. C’est l’empereur Justinien qui, pour satisfaire un souhait de son épouse, une ancienne danseuse, ordonna la construction de l’édifice. C’est en particulier la coupole de trente-deux mètres de diamètre qui est remarquable ; et si aujourd’hui elle a l’empreinte d’une mosquée, il n’en reste pas moins que les pavements de mosaïque découverts après grattage, donnent un aperçu de la splendeur de la basilique du temps de la période chrétienne. C’est Mehmet II qui la transforma en mosquée et c’est Atatürk qui lui donna sa fonction de musée de ce jour. En face, après avoir traversé un petit jardin de plaisance, avec bancs et fontaines je me rends à la mosquée bleue. C’est un disciple de l’architecte Sinan (celui qui est le concepteur de la mosquée d’Edirne), qui a supervisé la construction de cette mosquée. Elle est célèbre pour  ses six minarets, auquel le sultan Ahmet tenait absolument. Pourquoi mosquée bleue : il suffit de pénétrer à l’intérieur et voir tous ces carreaux de faïence à fond bleu qui tapissent les parois. C’est un lieu de culte et la présence de surveillants est parfois nécessaire pour rappeler aux visiteurs qu’ils sont tolérés !!Sortant de la mosquée, un petit tour sur l’hippodrome,  obélisques nous replace dans la période romaine. On peut imaginer les courses de chars…Autre lieu de rendez-vous, la citerne-basilique : les turcs l’ont baptisé le palais englouti. L’eau provenait d’un aqueduc. Elle comporte 336 colonnes, et d’après l’indication sur l’écriteau d’entrée, elle pouvait contenir cent mille litres d’eau. Enfin, pour terminer le tour dans le secteur, le chef d’œuvre : le palais de Topkapi. Je ne vais pas en faire un descriptif, la visite serait trop longue…et je ne suis pas un tour -opérateur ! En cette période de début d’été, les arbres donnent au parc un attrait particulier et on peut imaginer, les impressions qu’ont pu ressentir les visiteurs au temps du sultan Soliman le magnifique ! En passant par la porte impériale on pénètre dans une cour dite des janissaires puis vient la cour des cérémonies .Les visites du harem, des cuisines ou du trésor demandent beaucoup de patience, car les visiteurs sont très nombreux et les guides font des pieds et des mains pour faire passer leurs clients devant tout le monde. Je connais ces lieux. Je suis venu avec mon petit-fils Théo il y a deux ans. Je suis cependant encore très admiratif sur la terrasse, devant le site offert sur le Bosphore, la mer de Marmara et la côte d’Asie.

Autre attraction d’Istanbul, c’est sans conteste le grand bazar. Toujours un monde en ébullition qui s’interpelle, toujours des odeurs exotiques. Les bijoutiers, les marchands de tissus, de céramiques, de cuirs, de chaussures, de babouches, d’objets en cuivre, de vêtements et de souvenirs se mêlent aux vendeurs de loukoums et de kébabs.

Je me rends ensuite sur le pont reliant l’Europe à l’Asie ; je longe les quais ou les vendeurs proposent le tour du Bosphore en bateau. Sur le pont, la pêche doit être bonne : des centaines de turcs sont attentifs aux soubresauts de leurs lignes. Il faut gravir la butte pour arriver à la place taskim. Nous sommes dans l’Istanbul moderne. Dans la grande rue piétonne, parcourue par un tramway rétro, je me rends à L’alliance française : que de la vente de journaux de livres, un petit restaurant-bar et une belle exposition : dessinateur vivant en France : Demirel Selçuk.Cette rue rassemble toutes les enseignes connus des grandes marques et magasins dans le monde, de quoi vous donner le tournis ! Ici c’est une concentration d’ambassades, et curieusement c’est devant celle de Suède qu’il y a le plus de monde. La tour de Galata est l’un des derniers vestiges de l’enceinte génoise et je me rends compte que son sommet abrite un restaurant avec spectacle folklorique. Je redescends vers le pont par de ravissantes petites rues très pittoresques, avec  des boutiques artisanales ou des artistes s’occupent dans la restauration de divers objets en cuivre et en laiton, de la rénovation de cadres pour les tableaux de peinture et autres petits métiers qui disparaissent chez nous...et bien sûr les cireurs qui attendent les clients.( photo du texte)

Le beau temps est revenu, le soleil est de la partie et la température est plus qu’estival et atteint les 28 degrés. Mes chaussures usées ont trouvé remplaçantes chez décathlon, un magasin  situé dans une grande zone commerciale à une heure en tram et métro. Le gigantisme est de rigueur ici et je  ne connais pas en France une telle surface  exploitée par nos enseignes. Toulon Var–est que tu me semble petit !

Après-demain je reprends la route. J’ai allégé mon sac en donnant le pantalon d’hiver, et la polaire, mais il pèse encore quinze kilos !...sachant que j’ai une bouteille d’eau d’un litre et que sur le chemin à venir, il sera prudent d’avoir de la réserve ; A ce jour, jeudi 29 mai j’en suis à 1959kms et mon –léger- souci , est l’obtention du visa pour l’Iran. Suite aux renseignements collectés, seule l’ambassade de Trabzon peut délivrer un visa en moins de deux jours,en plus d'aprés un blog les gens sont super sympathiques ,l’ambassade d’Ankara demande une semaine, au minimum. Donc ma route va être légèrement modifiée…mais reste la route de la soie !

 

 

 

 

 

Sainte Sophie, basilique de l'empereur Justinien, devenue mosquée

Sainte Sophie...la nuit

le grand bazar

les pécheurs sur le pont séparant l'Europe de l'Asie

le port sur la rive européenne

du côté de la place Taskim, Istanbul moderne avec un tramway à l'ancienne;

la mosquée bleue...sous le soleil d'Istanbul