DE NIS à LA FRONTIERE BULGARE

Sous une fine pluie je traverse Nis ( qui se prononce Nich) et me rends à Bela Palanka.La route est superbe et je pénètre dans les gorges de la rivière Nišava :Cinq kilomètres par un défilé, au milieu d’une nature sauvage et des rochers abruptes donnant le vertige…mais aussi cinq kilomètres ou les oreilles prennent des décibels plus qu’il n’en faut. Seule route conduisant de la Bulgarie à l’intérieure des terre serbes, elle subit un flot continu de camions bulgares, turcs, et autres ,alternant avec les voitures particulières. Je prends donc la décision de prendre une route dite » locale ».Silence, chants d’oiseaux, petites montées, très petites descentes, je ne vois même plus le temps qui passe ! Bela, village d’un autre monde, possédant un pont de la période ottomane de belle conservation et ...un camping, ouvert et libre. J’installe ma tente sur une petite hauteur sous les arbres, personne ne peut me voir. Il est vingt heures. Vers neuf heures une voiture arrive, musique à fond, puis une deuxième et une autre. Des jeunes, garçons et filles sortent …et la consommation d’alcool peut commencer. Vers minuit tous partent. Je n’ai pas bougé de ma tente ; Mais entendu les rires des filles, je pense que la soirée  a été chaude…malgré le froid de la nuit. Et moi qui disais Bela, petit village d’un autre monde !Le lendemain, évitant la ville de Pirot, sur ma petite route je me rends au monastère de Poganovo.Je vais vivre un moment unique de belles, de très belles rencontres.Poganovo est un monastère du 14 ième siècle et dans la région très vénéré ;pour y parvenir il faut pénétrer dans les gorges de la Jerma,rivière très tourmentée et de couleur marron clair, la route est taillée dans la roche-travail de forçats- ( photo 1 dans le diaporama) Le monastère est entouré d’un muret, l’église au milieu et les logements dans un bâtiment annexe. (photo 2)Une seconde construction, un peu à l’extérieur, est en cours d’aménagement. J’assiste à la fin de la cérémonie et comme les autres fidèles vais m’asseoir sur un banc à côté du bâtiment, qui est en réalité la cuisine et réfectoire des moines. Présentation de la communauté : Un chef moine(photo 3), trois moines, un étudiant et deux bénévoles. Une collation est servie après l’office et il m’est proposé un café, des biscuits et, si je veux, un verre de raki.  Deux des moines sont préposés à la vente des objets religieux (icones, chapelets et cierges) et moins religieux (raki, liqueur de plantes, pommades écologiques.)Il y a beaucoup de monde…une école arrive : quarante clients en vue, le troisième moine porte secours aux autres débordés. Le Chef des moines est le « relation publique »du monastère ; un mot aux uns et aux autres(photo 4), une réception de don, un aparté avec un fidèle, s’enferme dans son appartement-bureau avec d’autres popes. Le bonheur : l’étudiant parle français. Il s’appelle Marko, étudiant en théologie à la faculté de Belgrade…il veut devenir pope, mais il se mariera avant ! Un pope peut se marier, mais s’il divorce il ne peut plus se remarier…c’est pourquoi les couples restent ensemble. Marko a assisté à une messe catholique, mais comme moi pour leur service, il ne comprend pas tout. Marko a 24 ans. Le temps passe, l’échange est intéressant, mais je ne veux pas tout raconter…ce serait long. Début d’après-midi, Marko(photo 5) et les deux bénévoles-qui sont bosniaques agés de 23 et 28  ans- m’invitent à partager leur repas. Les moines se sont déjà sustentés, la hiérarchie est respectée. Le repas : une soupe aux choux fleurs, des pâtes à la féta, boisson : yaourt liquide. En fait, les deux bénévoles sont au service des moines : cuisine, vaisselle, ménage, préparation du café si demande est faite, et dans la journée, fabrication des cierges. Je souhaite continuer ma route mais un orage violent éclate. Je reste donc avec mes compagnons, qui me chouchoutent : thé, biscuits, fruits.  En fin d’après-midi je demande au chef si je peux monter ma tente à l’abri et lui montre l’endroit. Pas de réponse. Alors à 19 heures, discrètement je m’installe à l’abri à côté de l’ »usine « à cierges. Vers 20 heures, les deux bosniaques viennent me chercher : les moines sont dans leur chambre, ils me font signe de venir dîner .Je retourne donc au réfectoire pour le même repas qu’à midi…et ils soufflent dans leur main, signe de froid. Un sourire sur les lèvres nous déplaçons la tente et la mettons à l’intérieur de la fabrique, au chaud. Remerciements : Je les serre fort dans mes bras. Avec ses doigts il fait le chiffre sept : j’ai compris à cet heure il faut que je sois parti ! Discrétion !!

Le lendemain  je suis parti à 6h30.direction la Bulgarie. Je peux vous dire que cet après-midi m’a mis du baume au cœur et donné un nouveau punch. Et, en marchant mes pensées sont allées à ces deux bénévoles à la grande générosité. Dimitrovgrad, dernière grande ville serbe avant la frontière, une ville froide et dure j’ai l’impression que les habitants subissent encore une pression : Pas de causerie au bord d’un trottoir, des magasins vides… La frontière est à cinq kilomètres .Je me présente à une jeune douanière. Elle parle français, mais ce n’est pas cela qui lui donne le sourire ! Après vérification elle me rend le passeport…sans tampon. Je le demande. Une réponse sans appel NON et, elle me désigne le poste douanier de la Bulgarie.                                                            Au revoir la Serbie…bonjour la Bulgarie

 

 

 

 

sur la route de nis à la fronière bulgare, les gorges de la Nisava

une ferme typique dans les environs de Babusnica

le monasère de pogavono...apès l'orage

le moine préposé à la vente des objets religieux ou non...redoutable caissier.