Que ce brin de muguet (trouvé en croatie) puisse vous apporter du bonheur...

La poste de Nis..un arrière goût de la période communiste.

la vie est difficile en Serbie. sa femme vend des oeufs à quelques mètres...et lui des cerises en bouquet de dix!!

au café le matin vers 8h30, café turc accompagné de sa fine...très appréciée par les locaux qui en redemandent

ces petits chemins qui sentent la noisette,...ces petits chemins (locaux) qui n'ont ni queue ni tête...

eglise du monastère de stavonica, classé au patrimoine de l'unesco

monastère de Zica...peint en rouge brique

escargot de bourgogne(!) en goguette à côté du télephone portable......

 

SERBIE  2 de Belgrade à Nis

 

Il pleut. Ma première halte se fait à Sopot, un gros village agricole entre blé et vigne, entre monts et vallées.Je prends, riche de ma nouvelle carte, la route régionale pour le monastère de Tresje, qui pourrait être un lieu d’hébergement. Il se situe au fond d’une petite vallée au contrefort d’une hauteur de six cent mètres appelé Kosmaj.Comme tout monastère il se compose d’une église et d’un bâtiment servant de logement, au milieu d’une nature ne pouvant qu’inciter la méditation. Là, je suis reçu par un moine-gardien. Il est seul. Il n’y a pas de communauté. Il fait ce qu’il peut pour me faire plaisir, ouvre l’église, me prépare un café…puis sortant de son habit un téléphone dernier modèle il compose un numéro…au bout du fil-si j’ose dire- une dame, fidèle du monastère et …habitant Paris ! Notre conversation agréable est un échange sur mes besoins éventuels, sur la présentation du moine présent et un léger historique du monastère, très vénéré dans la région. Il est encore tôt, et je quitte ce lieu de tranquillité  vers le village de Rogaca.La Bourgogne aurait-elle désertée la France ? La grosseur et l’abondance des escargots feraient  certainement l’affaire des amateurs(voir la photo).  Je suis  invité vers trois heures de l’après-midi par trois soulards, sentant l’eau de vie, à partager leur boisson favorite. Je refuse évidemment. Monsieur n’est pas content ! Par gestes, je lui montre mes jambes en disant « kaput » Ils rient. Puis, partant vers le bar, difficilement et en titubant, il en revient avec une bouteille de soda orange ; remerciements et je m’échappe. J’ai souvent remarqué que les serbes avaient une descente facile…mais si tôt dans l’après-midi ! Orage le soir…abri dans une maison abandonnée.

 

La petite ville d’Arandelovac offre la particularité  de n’avoir que des maisons individuelles ; Pas l’ombre d’un bâtiment, même la mairie est une maison. Là, je vais prendre une route locale .D’abord pour la trouver, beaucoup de mal…pas de panneau indicateur et c’est un agriculteur à qui je montre la carte qui m’indique le chemin. Vous avez dit route locale ?il s’agit en fait de route du temps de Tito, donc après-guerre qui n’ont jamais été entretenues et, qui ressemblent  à nos chemins forestiers. Les côtés débordent d’arbustes, le milieu n’est qu’une suite de nids de poule,  ils existent, mais je connais l’ivresse de la nature sans rencontrer une seule voiture. Pendant huit kilomètres, pas une maison, pas un chat que le chant de...la pluie. Enfin à Draca au bout du monde, j’aperçois un monastère, son église et son mur protecteur. Je rentre et écoute des cantiques chantés par des voix de femmes .Une none m’aperçoit et me reçoit. Il n’est pas question d’héberger un homme dans un tel lieu de prière !mais je suis autorisé à monter ma tente à l’extérieur dans un abri servant parfois de garage.

 

Reprenant ma route vers Kragujevac ,dans un village une maison est décorée :un arceau de fleurs est installé au-dessus du portail d’entrée et les piliers recouverts de fleurs…c’est signe de mariage et comme les fleurs sont roses ,il s’agit de la maison de la future mariée .Devant une ferme, sur des bancs, un bidon ouvert mais plein de lait et un seau en plastique plein du précieux liquide attendent le passage du camion laitier(ici pas de norme européenne et puis vous assurer que le lait était délicieux).Un autre monastère…Divostin.Je ne veux pas m’y arrêter mais la porte étant ouverte…et là je rencontre  une none parlant français ; Elle me donne quelques explications sur les lieux ou sont érigés ces monastères et m’en indique un, inscrit au patrimoine de l’humanité par l’Unesco: Studenica.C’est décidé j’irais le visiter. Ce sera le dernier en Serbie. Un mot sur Kragujevac : en arrivant le complexe sportif avec un stade connaissant une belle effervescence, une entrée sur deux kilomètres…une ville austère, avec un centre à deux visages : le traditionnel,(ou je mange mon savoureux burek avec le yaourt salé-miam-miam),son marché à côté de l’église-cathédrale, des habitations en briques et des rues « à la soviet » et le moderne, avec sa zone piétonne et ses cafés, ses galeries marchandes ,ses magasins et les inévitables fast- Food. Aujourd’hui c’est le jour des échanges de photos des joueurs du mondial et même le pope de la ville n’est pas le dernier à participer au tumulte provoqué. Jour des mariages…les uns après les autres. A la sortie les témoins jettent des pièces de monnaie et les petits « roms » se disputent et s’arrachent ces quelques sous. Un orchestre –vraiment local –donne l’aubade aux nouveaux mariés ; D’ailleurs l’un des marié, qui est arrivé légèrement éméché se lance dans un danse frénétique au milieu des trompettes et tambours…et la mariée vient le chercher avec l’aide des témoins. Hélas je ne connais pas la suite de l’incident…C’est dans cette ville que je trouve un Sobe (logement chez l’habitant).Il s’agit d’un ancien local aménagé en chambre-dortoir de six lits. Il n’y a personne, je suis le seul client : le prix neuf euros. Puisque je parle prix, voici quelques relevés convertis en euros : la laitue : 25 cents, le kg de pommes : 30cents, le pain 40 cents le kg, la bière en 50cl : 50 cents, le kébab, 2 €, le litre d’essence 1,50€. Une constatation : les prix dans les petits villages sont moindres que dans les villes. Je m’en rends compte pour le café : 50 cents, avec le verre d’eau et loukoum et en ville de 0,80 à 1€…et sans loukoum !

 

Je suis arrivé via Kraljevo au monastère de Studenica.Il est situé dans une région déclarée réserve biosphère, au fond de la vallée de l’Ibar, qui est une rivière tumultueuse. On se croirait dans les Alpes : sapins, prés, hêtres et noyers ; nous sommes à plus de 800m…et il fait frais  .Le monastère est classé patrimoine mondial par l’Unesco.  Avec sur mur-clôture-rempart, son entrée avec une tour, j’aurais plutôt l’impression d’une forteresse avec en son centre une superbe église avec des fresques byzantines remarquables et un jardin de curé !  Un moine est là pour la réception des touristes et d’éventuelles explications pour les locaux. L’Unesco entreprend toujours des fouilles sur les anciens bâtiments annexes, je dirais sur les ruines des bâtiments. Ils sont plusieurs moines, que je n’ai pas vu, mais chacun à ses activités .Bien sûr pas de logement, mais on m’indique le parc d’un hôtel, prévu par l’Unesco pour recevoir les pèlerins : plus de 40 chambres sont abandonnées, et l’hôtel est fermé. J’installe ma tente sous une grande véranda avec vue sur les collines environnantes. Le lendemain matin, je décide à 7 h30 de repasser par le monastère. Une dizaine de popes, venus en voiture particulière, souvent avec leur épouse, assiste à une cérémonie dirigée par les moines qui sont derrière les grilles séparant l’autel de  la nef centrale. Un cérémonial plein de joie et de chants mais qui pour moi, est désordonné et me laisse rêveur. Redescendant dans la vallée je m’arrête pour boire mon café. Il est 8h30, le café turc est servi aux gens du pays avec un petit verre d’eau de vie…bien souvent renouvelé.

 

 2 mai .Enfin NIS, et ses premiers faubourgs…commerciaux .Nis est la troisième ville de Serbie. Symbole de la cité : sa forteresse, elle est vaste et deux petits trains peuvent vous y promener. L’inévitable église cathédrale récente, puisque datant seulement de 1999, est située légèrement à l’extérieur du centre-ville et est dédiée à l'empereur Constantin et son épouse l'impératrice Helene. L’institut français est ouvert et j’y fais un petit tour, rencontre très intéressante et instructive: dans le désordre:1/.La France est assez appréciée.  2/ le regret des serbes de l'époque Tito et communiste ou chacun avait un travail et considère aujourd'hui comme une période heureuse  3/La religion  est devenu un facteur important de la vie serbe. Après le communisme la population s’est tournée vers l’orthodoxie, et les popes, qui ne paient pas d'impôts ni sur leur salaire( versé par l’église orthodoxe) ni sur une source de revenus complémentaires variables,(messe ,baptême, mariage, enterrement) ni sur les dons(très importants) sont remis en cause …mais en silence 4/la vie familiale est comme celle de l’Europe en général, mais les jeunes filles ont tendance à se marier tôt, et se considèrent comme protégées socialement 5/l'habitat est conçu comme le nôtre, sauf que l'on se déchausse lorsqu'on rentre chez soi ou chez quelqu'un. 6/Les milieux ruraux ont une vie difficile et vivent de leur production, des récoltes, du produit des jardins...ils ont 20 ans de retard( je l'ai vérifié sur le marché du jour ou se vendent  des œufs, des fleurs,1kg de premières cerises par des personnes venant de la campagne)  7/ défection professionnelle  des cadres débutants, qui, lorsqu'ils ont un diplôme( surtout les médecins et infirmiers) partent pour l'étranger en particulier en Allemagne  8/ un taux de chômage, surtout chez les jeunes, qui devient inquiétant, et le salaire moyen frôle les 400€ et enfin  9/la discipline: exemple : on ne traverse la rue que par les passages cloutés et que lorsque le petit bonhomme devient vert ....comme chez nous (!!!)

 

Après Nis, mes pas devraient me faire passer à Pirot, puis franchir la frontière bulgare vers le 7 ou 8 mai, et Sofia est à une cinquantaine de kilomètres .En regardant les prévisions pour les jours à venir, je remarque que le 6 mai j’ai un matin à -1 degré ! Je tenterai un séjour chez l’habitant juste avant la  frontière pour bien finir avec la Serbie…Ah !cette route de la soie qu’elle sera belle en Turquie avec sa chaleur…mais c’est une autre histoire.