CROATIE 3 (et der)

La route-rue connait son petit bonhomme de chemin ; les villages passent sans discontinué .les pistes piétonnes toujours très bien entretenues…les papis passent la tondeuse à gazon devant chez eux ; Mais attention ! Ils ne débordent surtout pas chez le voisin. Ce qui fait, que pendant un kilomètre vous avez un gazon parfait et régulier, puis pour une raison que j’ignore, la parcelle extérieure à une maison n’a pas été tondue depuis un mois. Ici pas besoin de service municipaux, chaque propriétaire doit entretenir les extérieurs et parfois représentent plus de 60 m2.

J’arrive dans la petite ville de Vrpolje. Elle a une place, une mairie avec le drapeau européen,(une rare fois ,presqu’un centre ville !) Un stade où évoluent deux équipes de foot qui mettent de l’ambiance innatendue.Vers 17h, une voiture de police me barre le chemin…avant qu’il me le demande, je sors mon passeport .Le policier :You Speak english ? moi :No speak ,this  is not problem, I have « Gpaslesmots » et lui sors mon outil linguistique. Il a dû comprendre, est allé s’enfermer dans la voiture pendant trois minutes et est revenu avec un sourire et me dit, en rendant le passeport »Good stripe ».Le soir toujours ce problème du lieu pour poser ma tente…et ce soir il pleut. Arrivé presqu’ au bout du village…rien. Un jeune, en vélo, passe .Je lui parle et lui fait signe, en joignant les deux mains contre ma joue, que je cherche un abri pour dormir. Garage, grange...OK ; Un copain arrive. Echanges…ils réfléchissent. Il y a une maison en construction pas très loin .Ils vont voir la propriétaire qui parle allemand, mais le verdict est dur : c’est non. Troisième copain, puis père d’un des jeunes…Réfléchir à plusieurs c’est parfois mieux. Le père indique alors une maison en rénovation fermée, mais dont l’entrée est ouverte, un espace suffisant pour mettre la tente. Super ; Serrement de mains. Les jeunes se tapent dans les mains, comme s’ils avaient marqué un but ! Une nuit à l’abri, ça n’a pas de prix.

    Lendemain…la pluie chante encore, mais de temps en temps une fausse note et le soleil apparaît .Entre village maintenant des espaces cultivés ou boisés .Au bord des petites forêts poussent du muguet, du beau muguet sauvage à en faire rougir les Nantais ! Les faisans n’ont pas peur, lapins cavalent et les chevreuils dressent la tête et me regardent passer...La nature à l’état pur, Un vrai plaisir .Bientôt Vinkovci, là où ma route bifurque pour descendre sur Sid.

     Je suis ébloui par une superbe maison, divinement entretenue. Certainement un passionné. Le propriétaire vient à ma rencontre…c’est rare. Ce monsieur était le directeur commercial des chaudières vaillant (fabrication allemande) pour l’ensemble des pays balkans. Avantage il parle : croate, allemand ,français et anglais. Nous parlons ; Nous causons. Il peut me loger dans un abri jardin, qui sert à ses petits-enfants quand ils sont en vacances. C’est très bien. Puis nous discutons de la route pour la Serbie. « Quelle erreur de na pas aller à Vukovar !Venir de si loin et ignorer un lieu comme Verdun en France. Il n’y a que 20 kms ! « Oui, mais… » Je vous y mène en voiture demain matin...

    C’est ainsi que malgré moi j’ai visité ce lieu de l’histoire croate. La comparaison avec Verdun est on ne peut moins dire qu’exagérée ! J’avoue humblement avant de venir à Vukovar,  j’ignorais que  le conflit avec les serbes en 1991 avait eu de telles conséquences. Ville en pleine reconstruction, aidée par l’Europe qui conserve cependant (et qui cultive) les stigmates de la guerre. A voir la photo de l’office du tourisme, vous comprendrez que 23ans passés, tout n’est pas pardonné ! Je ne suis pas compétant en matière d’urbanisme mais tout de même : une rue piétonne a été réalisée sur 150 mètres. Au bout de la rue : la rivière Vuka( d’où le nom de la ville) a-t-on construit un pont ? Cela aurait été trop facile. Le pont est en construction maintenant, mais par contre la rue piétonne continue au-delà de la rivière sur l’autre berge .Pour s’y rendre il faut enjamber un pont se trouvant à une cinquantaine de mètres en aval. Je pourrais citer des exemples de ce genre par dizaines…mais la reconstruction avance ; Comme l’église et le couvent, entièrement démolis et dévastés ont grâce à l’état croate, vu leurs façades refaites et l’intérieur de l’église est en cours de rénovation. Comme le port donnant sur le Danube (je vous rassure il n’est pas bleu) l’aménagement des embarcadères est terminé.  Des bâtiments pour les logements poussent sur des terrains gazonnés, les centres commerciaux  fleurissent et alors mes amis…les banques : une banque tous les cinquante mètres ! demain je quitterais Vukovar sans regret…Il faut effacer ces traces de combat, il faut oublier ce qui s’est passé il y a une génération, il  faut redonner une âme à cette ville. Mais… les il faut, les y a qu’à...

    En route pour la frontière pour le village d’Ilok ; la route est étroite ; finis les villages se suivant les uns derrière les autres : place aux cultures céréalières, aux vignes, aux cultures maraichères –en particulier les fraises et salades- aux pommiers et aux bois. De vallons et en descentes j’arrive au  village de Opatovac : un village fantôme, une église fermée en pleine décrépitude, des maisons abandonnées…mais un café, qui en ce samedi doit rassembler tous les hommes du village. Heureusement, très peu de voiture circulent. Le ciel est bas, quelques gouttes de temps en temps…mais l’approche de la frontière me donne du tonus et je chante à tue-tête Ultreïa . Il est 17 heures, Ilok m’attendait  et je la prends  dans mes bras. Petite ville peu active, située en bordure du Danube, ville en longueur, mais sans la verdure qui borde les maisons. Je  suis étonné de la présence de 3 hôtels dans une si petite ville .En passant devant l’office de tourisme- très rudimentaire- je décide d’y rentrer : grand bien m’en a pris : demain nous sommes jour de Pâques et la frontière sera fermée par contre celle de Sid sera ouverte. La situation ne mérite pas de réflexion…mais de l’action : Sortie de ville….des panneaux qui annonce la douane et puis un bâtiment barrant la route, ne laissant passer qu’une voiture dans chaque sens…fin de la Croatie. Je présente mon passeport ; Dans le bureau pas moins de cinq policiers, le plus jeune, à ma demande, veut bien déposer le précieux Sésame validant ma sortie ; Au revoir Croatie, bonjour la Serbie…le pont enjambant le Danube me conduit au poste serbe…il y a queue de voitures ; Elles sont fouillées en règle : coffres, intérieurs. Un policier me fait signe de me mettre derrière la dernière voiture et attendre mon tour…Forcément, il vient. Un jeune derrière le comptoir, très sympathique, qui prend le temps de regarder mon passeport, hochant de la tête devant les pages avec des visas exotiques, me demande où je vais à pieds. Je sors la carte de la route de la soie… et me montrant ma date de naissance sur le passeport- il enfonce le clou !- se met à rire….pendant ce temps-là la file de voiture s’allonge…mais il s’en moque ! Enfin il met le tampon qui permet d’entrer dans ce pays : je me rends à Backa Palanka, première ville serbe à 500m de la frontière.

Un dernier mot sur la Croatie: La partie que j'ai parcouru n'est pas la plus touristique; rien à voir avec la côte méditerranéenne. Impression mitigée avec ses routes-rues,ou chacun entretient soigneusement "son" devant,ou la propreté est maitre mot, l'accueil qui se débride lentement, bien souvent avec un moment de méfiance, cette impression reste la même que la Slovénie:un pays ou les gens sont bien chez eux...mais connaissent-ils autre chose ?

    Je passe ainsi  de l’alphabet latin à l’alphabet cyrillique, de la monnaie croate la Kuna à la monnaie serbe,le Dinar mais je reste toujours sur la même route celle de la Soie…..

 

  

 

 

 

l'office de tourisme a Vukovar...pas de commentaires.

nouvelle rue piétonne -à l'europénne- dans Vukovar; Il pleut

le petit chaperon rouge...à barbe

dernière photo de la Croatie...le danube frontière naturelle. Bonjour la Serbie