la tour en briques de Gonbad-e-Kavus, la plus grande au monde

entree du parc du golestan, les pelerins s arretent pour une pause restauration

un pot de miel de fleurs d orangers..l 'apiculteur telephone.

toujours ...femmes turkmenes a Gonbad-e-kavus

rencontre avec des femmes turkmenes

Iran 7 de Gorgan a Bojnurd

Iran 7 de Gorgân à Bojnurd via Gonbad-e-Kâvus

Si j’ai pris un certain nombre de photos des iraniens et iraniennes, le rendu est certainement gagnant. Je n’ai pas compté les arrêts de voiture, me prenant en photo puis repartant et dans les villes les gens voulant un souvenir  posent avec moi, pendant que l’épouse ou l’ami photographie. Il m’a fallu plus de deux heures pour sortir de Gorgân, pas de zone industrielle, mais une multitude de magasins ou de garagistes, qui s’étale tout au long de la route. Les commerçants, les agriculteurs font  étalage  des produits sur la voie que nous nommons de détresse, et l’arrêt des véhicules dans n’importe quel sens provoque un bel encombrement ; La route est bordée de peupliers et à l’ombre  déjà les premiers déjeuners sur les tapis sont servis par les compagnes des automobilistes qui eux, profitent de l’arrêt pour  se décontracter. La famille Kéram , composée de trois voitures se rend en pèlerinage à Mashadd.  Mashadd, mot magique !! Clé du verrou, sésame d’Ali baba, les visages s’illuminent, les regards admiratifs, et un sourire de satisfaction : je leur dis ‘’je vais à Mashadd ‘’, aussitôt la question fuse ‘’Mosalmân ?’’, je les rassure’’ na, masihi’’ et je rajoute ‘’Khodâ  konid’’ (respect de Dieu) .La famille  Kéram m’invite aux agapes, le thé,  le fromage, le nan, la confiture d’abricots et  la pastèque. La pastèque est toute en longueur  et ressemble à une courge étirée .Les parents sont restaurateurs, les dames ne portent pas de tchador, un foulard couvre la tête, sans plus. Une autre voiture de la même famille arrive. Ils sont  huit à en sortir : à côté du chauffeur un gamin et sa mère et  derrière trois grandes personnes et deux enfants .Quand  je pense à nos obligations et la décontraction – peut-être l’inconscience- d’ici, un pas de géant nous sépare. La photographie du groupe est un joyeux branle-bas de combat : Tous veulent être présents …même les dames !! (D’ailleurs elles veulent être seules avec moi sur une photo) on se bouscule, on veut se voir sur le cliché !les hommes vont se reposer…j’en profite pour les quitter. Je reprends le chemin qui passe à travers les champs et pas très éloigné de la route ; des rizières avec des paysans, faucilles à la main  coupent les pailles,  laissent la poignée à terre ; les femmes les ramassent et les réunissent en gerbe…moi, qui transpire tant, eux ont des  blousons fermés pour travailler. Ils doivent connaître un secret ! Au loin se dessine les montagnes du Golestan que je traverserai  avant Mashhad .C’est la région agricole par excellence : les blés ont été ramassés et les moutons paissent dans les champs libres,  les épis de maïs commencent à montrer le bout de leur nez,  une  grande plantation de pêchers  dont les fruits ont été cueillis, succède à des champs d’ haricots et de pommes de terre. Je vais rencontrer  à Khan beben,  un garçon charmant de trente-deux  ans, marié qui va me proposer un logement pour la nuit : Il s’agit d’une pièce au-dessus de l’étable de la ferme de son père. Je pense qu’elle était la garçonnière de Soheil .Tapis au sol, télévision avec parabole (je vois que le Président a  amélioré sa côte à 13°/°), de nombreux narguilés, une cuisine à l’extérieur…tout pour le parfait célibataire ! La nuit tombe…le téléphone a dû fonctionner…les copains arrivent. Hadi, Ahmad  ,Reza,  Navid , ils portent de quoi faire un barbecue : brochettes de poulet arrosé de coca-cola  nan, et pastèque .Belle ambiance  et à travers le livre, à travers des dessins nous arrivons à nous comprendre ; Certains fument  les narguilés. Navid, fervent chiite, m’explique qu’Ali, gendre et cousin  de Mahomet est le symbole de pureté et de courage…et je lui explique que pour les chrétiens il en est de même avec le Christ. Navid est intelligent et comprend, il finit par me dire ‘’tu es mon ami’’.Le lendemain matin, Navid tient à m’accompagner jusqu’à la route…et, forme de respect, qui m’est arrivé plusieurs fois : il touche ma barbe et s’embrasse la main…Je traverse un petit village, hors des sentiers battus, la rue principale est à l’état brut : pas de trottoirs, pas de goudron…un vrai village d’avant. Les vieux , visages brulés par le soleil, ridés par les efforts d’une vie, barbes blanches et yeux noirs sont assis sur des bancs de pierre devant les maisons, les enfants jouent dans la rue et les femmes en tchador noir foncent vers la mosquée. Je rencontre le vieil  Imam, fort sympathique et je comprends qu’il m’accorde sa bénédiction, puisque je vais à Mashhad !!  Petite ville de Azad  Shahr,des immeubles tout neufs ne sont pas encore habités…des immeubles de Dix étages. Surprenant ici !! Azad se trouve au carrefour de l’axe Mashhad- Gonbad, et la présence d’hôtels  conforte l’idée d’une halte  entre Téhéran et la ville religieuse. Pour moi, la halte va se faire sous la tente et pour une fois, mauvaise expérience !!Vers sept heures je trouve l’endroit, que j’imagine idéal : un peu éloigné de la route, à côté d’un champ de bambous, terrain plat .Je monte ma tente. Sept heure trente ,un petit berger passe, ‘’salam’’…bien gentil. Dix minutes après cinq gosses arrivent, puis huit ; je vais être méchant, mais le groupe c’est comme la meute : un chien aboie, les autres grognent et aboient plus fort. Finalement, je sais que je n’aurai pas le dernier mot et la sagesse veut que je replie ma tente et pars  deux kms plus loin : auprès d’une maison un petit verger ; je demande au propriétaire : pas de problème. ‘’Shâm ?’’(Dîner ?) Na. Le temps de monter la tente, le plateau de monsieur arrive…et en dessert des poires ! C’est  dans la nuit de ce  samedi 6 septembre, que je vais connaître le premier orage de fin d’été; La pluie n’a pas été très abondante, mais suffisante pour mouiller ma tente…il faudra  s’y faire.

 Gonbad -e-Kâvus ville de 137.000hab.n’est pas en altitude et ses 43m en font une étuve. Son nom signifie  la tour de kavus,et elle est célèbre pour la tour de briques ; Avec une hauteur de 70M elle est la plus haute tour,  en briques, du monde…et elle a plus de mille ans. Le socle de la tour a une  circonférence extérieure  de 288m .Une légende raconte que le corps du sultan –ayant commandé la construction de la tour : amir Shams olmaali Qabus-  a été déposé dans un cercueil de verre et était suspendu au plafond de celle-ci et une inscription soufique certifie que la tour a été construite pour lui servir de tombe.  La grande muraille du Golestân : Le divar-I-is kanlar est un gigantesque mur de défense d’environ 155 kms de long et 6 à 10 mde large ;C’est le plus grand mur après la muraille de chine. Il part de la mer caspienne, continue vers le nord et disparaît dans le Pishkamar montagnes .Il n’est reste aujourd’hui que des ruines, mais à certains endroits l’imagination aidant, on peut concevoir son importance à l’époque.Un musée du tapis a été ouvert pas très loin de la tour, mais il semble boudé par les visiteurs A Gonbad, j’ai remarqué moins de tchador noir, mais des foulards multicolores  qui couvrent ces dames.Sous  le foulard un petit chapeau tient la coiffe rassemblée ; merci   à Mehmet qui me donne des explications précises sur la population et ses coutumes. Le petit chapeau en forme de casserole renversée se nomme Mather et est porté par les femmes turkmènes . Le faciès des personnes a changé, visages plus ronds et cuivrés, plus marqués par le soleil, la teinte des joues plus vive  les yeux légèrement bridés, nous ne sommes  pas  loin du faciès mongol. La population est donc composée essentiellement de turkmènes et de baloutches de la région de zahestan pas loin du Pakistan ; Beaucoup de femmes attendent un enfant et les familles nombreuses sont légion. La mendicité est de retour et les demandeurs sont des personnes, femmes et hommes d’un certain âge. Comme toute ville en Iran, elle n’échappe pas à la règle : elle s’étale, elle s’étend sur des kms…La route ,E22,passe à Minudasht ou le contrôle routier est un des plus important :Les bus , le camions en transit viennent présenter les carnets de voyage .Les automobilistes défilent dans un goulet de blocs de béton et gare à celui qui n’a pas sa ceinture de bouclée !Mais…à quelques lieues, un radar est mis en place et l’arrêt des contrevenants intervient 500m plus loin…curieuse attitude du policier :il va à la voiture, vient serrer la main du conducteur et l’invite à se rendre à la voiture de police, ou un fonctionnaire  donne la contravention ; tout ce passe avec le sourire, comme si ces personnes se connaissaient depuis longtemps.Des passerelles, toutes neuves ont été construites  pour éviter aux habitants de traverser la route à très grande circulation. Elles n’ont jamais été utilisées  et les escaliers servent maintenant pour présenter de la marchandise  à la vente. Tout au long de ce chemin, les commerçants proposent  gratuitement de l’eau chaude ,dans un semaver, au-devant de leur boutique, sur le trottoir. Bien utile pour tous, on peut à toute heure boire son thé chaud. Je ne raconte pas tous les arrêts qui sont provoqués par les pèlerins  islamiques pour prendre LA photo, mais je remercie la dame m’ayant remis une page des versets du coran en échange d’une photo familiale .Les déjeuners sur l’herbe n’ont plus de secret, le pain et le fromage, genre vache qui rit, ou de la fêta  iranienne est mon quotidien…mais il arrive aussi des rencontres surprises : Avec  Raja, apiculteur de son métier, j’ai le droit à un pot de miel, fleur d’oranger (il vend le kg 2€) et à un thé au miel de fleur de tomates ( ai-je bien compris ?pourtant il me montre une belle Roma)un miel sucré mais sans parfum…avec  Asgar,instituteur en vacances, qui  profite des trois  mois de congés en Iran, pour vendre au bord de la route  les oranges à la peau verte, venant de l’orangeraie  de son père, et je repars avec les plus belles oranges du lot…et au village de Kalaleh avec Musanah, fabricant de parpaings,(non, je ne vais pas partir avec un parpaing) mais  je vais passer la nuit dans son local-bureau . J’assiste à la fabrication, du malaxage en bétonnière au moulage avec vibreur électrique et participe au nettoyage des machines, des brouettes, des pelles… et de mes pieds ! Musanah a aussi un petit  troupeau de moutons et qu’il destine pour la vente le jour de E’yd-e-ghorbân( la fête  des moutons) ; Le repas du soir, avec l’ouvrier n’est pas triste, celui-ci étant allé à Mashhad  5 fois, il tente de me raconter ce que je peux vivre, et j’ai beau lui dire que les lieux saints sont interdits aux non-musulmans ,il continuera jusqu’au moment    croyant m’avoir convaincu, je lui dit ‘’Bale’’ . Le 8 septembre je rentre dans le parc du Golestan, parc national de 93.000 hects. Un seul mot :Il est splendide .Après une zone semi désertique, la forêt  vous tombe dessus et vous en restez tout ébahi .Des arbres centenaires, donnant une ombre rafraîchissante, des couleurs vertes dégradées, tout pourrait être si beau…Mais, car il y a un mais : Le parc se situe entre Mashhad et Téhéran et est le lieu privilégié des pèlerins pour une halte ‘’restaurant’’ .Je compare cette route à celle des retours de plage chez nous, voitures les unes après les autres …Sachez que les iraniens ont la sale habitude de laisser les détritus, là où ils se sont sustentés, ce qui fait de ce parc un dépôt d’ordures que les sangliers (et ils sont nombreux) viennent dévorer , laissant les verres, les plastiques s’envoler dans tous les sens. Imaginez des centaines de voitures stationnant au bord du parc, ( quand  les chauffeurs n’entrent pas dans la forêt pour être à côté de la voiture)avec une famille composée de cinq personnes, laissant les papiers, les boites de fromage non finie, le pain, que l’on ne veut plus ramener, les peaux des pastèques …imaginez, moi, je l’ai vécu. Je ne veux pas être ingrat, c’est là que l’on m’a servi le meilleur des risottos, des camionneurs m’ont fait déguster un plat, Khoresh-e fesendjan,du poulet, des tomates et des noix moulues, et je ne compte pas les verres de thés ..Combien de photos prises…des dizaines, parfois avec des familles entières.On m’appelle Haji !!...Qui veut dire tout simplement Monsieur !!     Et puis la forêt s’éteint peu à peu, comme elle est arrivée…laissant place au soleil et à la montagne désertique. De temps en temps un village,comme Chaham bid a une source d’eau  importante, lui permettant de cultiver des tomates , d’une façon intensive . Oasis au milieu de n’importe où, la construction d’une conserverie et jus de tomates permet aux cultivateurs d’avoir deux métiers lucratifs…Un peu plus loin, la vigne occupe les coteaux avant d’arriver à Bojnurd. C’est un raisin blanc, genre olivette très sucré…qui ferait la joie des viticulteurs pour un bon vin liquoreux, mais ici il n’est vendu que pour la table. BOJNURD, unegrande ville, de plus de 200.000 hab. a 1150m d altitude… Une ville propre, une ville aérée, des avenues très larges, de nombreux rond-point,  (et  le premier ,je n’ose y croire, la vierge et l’enfant,)  freinant l’ardeur des automobilistes venant de, ou allant à Mashhad, une ville où je vais rencontrer Mohamed. Mohamed a vingt ans, est en vacances puisqu’il est étudiant à l’université pour devenir manager dans l’environnement de la cité. Je lui demande l’adresse d’un Mosaferkhân (maison du voyageur) et il va m’accompagner, discuter du prix, se renseigner pour moi, chercher un cyber-café, une aide très précieuse et efficace. Bojnurd est la ville des banques qui rivalisent dans les constructions modernes, ce qui doit avoir un impact auprès des clients. Bojnurd vit surtout d'une economie basee sur l'agriculture,le riz etant un produit central.L'elevage des chevaux est une activite de longue tradition.Cette ville a aussi un cote industriel avec en particulier une usine de ciment et une usine petrochimique .La population est composee de Kurdes, de turkmenes et de persians...Une très belle école islamique ,pas très loin d’une grande avenue et je tente : entree…pas de garde, une photo… puis un pas dans la cour …puis la montée d’escalier et regarder les premières classes avec tapis au sol…du bruit, hop..au revoir !!A  côté de l’hôpital un beau bâtiment : appartient –il à l’armée ? Il est gardé par un soldat en faction et je prends la photo d’ Ayneh-khane Mofakham, sûrement un ancien hopital. Bojnurd est une ville active avec beaucoup de commerces et il est plaisant de flâner dans les rues où les gens de la campagne viennent faire leur achat, et vendre,sur un bout de trottoir ,les légumes de leur lopin de terre.

Il reste 250 kms pour atteindre Mashhad. Si les journées restent, encore très chaude, plus de 34° entre 14 h et 16h, par contre les nuits sont devenues plus que fraîches  On ne peut pas tout avoir !! Cette partie de l’Iran montre une face désertique,avec des oasis genereux et  la présence de village tout au long de la chaussée, bénéficiant du passage des pèlerins, rend la route de la soie bien agréable !!

au premier rond-point de la ville de bojnurd...la vierge et l'enfant...

Bojnurd, le musee militaire d Aymed-e-Khane mofakham

bonjnurd...l' ecole islamique

village turkmene a une dizaine de kilometres de Bojnurd, sur la route de la soie

une photo classant tout ce pays: telephoner sur son ane au milieu de la circulation de la route de Mashhad...